Bibl. Nat., ms. lat. 6222e, fol. 42vo
4. Ibid., fol. 36r0. — 5. Ibid., fol. 3<)vo. — 6. Ibid., fol. 4i.
HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
On sait le succès qu’eurent, dans la seconde moitié et surtout à la fin du quinzième siècle, les sujets allégoriques et satiriques. Henri Bande a beaucoup sacrifié à ce genre. Mais il l'a fait sous une forme bien nouvelle, et, semble-t-il, à la requête de tapissiers. Bande a en effet composé un très grand nombre de « Dictz moraulx pour faire tapisserie1 »r rimé les légendes d'un assez grand nombre de « tapis » comme l’on disait.
Au temps de Charles VI et de Louis d’Orléans, cet art de la tapisserie, magnifique et délicat, illustrait déjà la plupart des inventions littéraires : scènes religieuses, tableaux d’histoire et de bataille, chansons de geste, le Roman de la Bose, 1 1 1 i s toi re de Troie, celle de Duguesclin, sujets de chasse ou de la vie champêtre, conversations galantes, sujets allégoriques comme le tapis d’Humilité, d’Orgueil, de Bonté, de Beauté, des Sept Arts. Telles étaient les scènes principales qui décoraient noblement les demeures des princes2 : nous possédons encore quelques-unes de ces pièces qui ont passé les âges, et nous les connaissons surtout par des inventaires aussi minutieux que les catalogues des librairies de ce temps.
Mais il faut avouer que les légendes indiquées par Baude,. les projets de cartons qu’il nous a laissés en quelque sorte (certains du même temps étaient destinés à des verrières) 3 forment une précieuse et très originale collection. Elles marquent un grand changement dans le goût, qui devient en quelque sorte bourgeois, pour l’ameublement de cette époque. Car il s'agit ici de scènes parfois très libres, toujours satiriques, où l'auteur a mis tout son talent, ses qualités drama-