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HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
tongraphie de Gilles Corrozet1. Nous retrouverons François Robertet en parlant de la transmission des vers de Henri Baude.
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11 est encore un genre où Baude mérite de survivre : dans ces « petitz dictz et brocars2 », dans certains quatrains où il est spirituel et excellent. Ainsi cette « comparaison de la Fortune » tirée de la façon dont on fait les calculs avec l’abàque, en disposant les jetons sur des colonnes parallèles pour représenter les différentes unités3 :
Je compare Fortune a ung marchant
Qui d’un gectouer faict ung, et d’ung cent mille.
Fortune aussi faict d’un sot ung habile,
D’ung puissant homme elle faict ung meschant.
Ou ceci encore, contre les Bourguignons4 :
Aussi contraire qu’un oygnon Est a faire bon ypocras,
Feu de charbon entre blancs draps,
Est au François le Bourguignon.
L’épigramme sur maître Olivier le Dain, barbier du roi Louis XI, qui fut pendu en i4S4, est un chef-d’œuvre dans son genre0, un chef-d’œuvre de deux vers :
Le dain fut au collet tendu En vert may par le col pendu.
Au surplus, ce n’est qu’un petit poète que nous avons voulu présenter ici. Baude n’était pas un lyrique (le lyrisme de son temps est quelque chose à donner l’effroi, témoin Georges Chastellain) ; et il ne saurait même passer pour un grand écrivain. Souvent Baude est obscur et il a beau-
1. Point de vue intéressant signalé par le rédacteur du Catalogue du Musée Condé, Manuscrits , t. II, p. 107.
a. Rubrique du ms. fr. 1716 fol. 56. — 3. J. Quicherat, op. cit., p. 52.