‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 87 sur 183 · J. Quicherat, op. cit., p. 3g-4o · texte numérisé non relu

J. Quicherat, op. cit., p. 3g-4o

HISTOIRE POÉTIQUE DU X\e SIECLE

Mais deux rondeaux libres, d'une verve magnifique, nous en disent assez sur ses vrais sentiments qui, en son âge mûr, n’étaient pas ceux d’un barbon quintessencié et larmoyant en face des réalités de l'amour1 :

Dame, si j’ay les cheveulx gris,

Vous avez la pance ridee...

et il dessinait cette eau-forte, à la Rops :

Cons barbus, rebondis et noirs.

Aux estuves rez et lavez...

On en conviendra, il y a lieu de s'étonner que les premiers imprimeurs qui nous ont conservé le fatras des versificateurs, leurs contemporains, aient tout à fait négligé maître Henri Baude. Clément Marot est le seul poète qui l’ait connu. Il fit mieux : il s’appropria, dans le Gros Prieur, un des meilleurs morceaux de Baude, les Lamentations de Bourrien, chanoine de Saint-Germain-l’ Auxerrois2. Disons à son excuse que cette truculente pièce était elle-même directement inspirée des Contredits de Franc Gontier par François Villon.

Le voici, dans son intérieur, le gros chanoine de Saint- Germain, tenant dans les bras ce beau fils de deux ans qu'une paroissienne, envolée, hélas! lui avait laissé en gage de leurs amours3 :

En un mol lict, viz entre neuf et dix,

Prés d’un grant feu, ung chanoine bien gras.

1. Publiés par Marcel Schnvob, Parnasse satyrique du quinzième siècle, p. i63-i64, d’après le ms. fr. 1721, fol. 23-q4V0.

2. Je n’ai pas rensontré le nom de ce personnage dans les registres capitulaires LL. 3g6, 3q7, 3g8; ni dans les insinuations du Châtelet, Bibl. Nat., Clairambault 763, 764, 765. Le 7 février i485 (n. st.)on voit un Jean Bourrien appelant de Jean des Prez et Hugues Chantereau, sergents ù verge (Arch. Nat., X2a 54). Un autre Jean Bourrien est dit commis par le roi pour le compte du charroi de son artillerie en Picardie, en 1477 (Bibl. Nat., P. orig., 473).

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