‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 93 sur 183 · Ibid., ms. fr. 1721, fol. 5i et sqq · texte numérisé non relu

Ibid., ms. fr. 1721, fol. 5i et sqq

reurs payent tous les pillages. Le gorrier gémissait sur sa situation : car, malgré les dons du roi, il n'arrivait plus à payer les draps de soie de ses robes. Ce à quoi le boucanier répondait :

Il vaulsist mveulx estre ung peu boucanier Et avoir plus argent que vous n’avez.

J’ay bonne robe dont ne doy ung denier,

De vieulx escuz suis plain comme ung saunier,

D’aussi bon vin je boy que vous buvez...

Et le gorrier, après avoir dit la misère des gentilshommes, vivant à la guerre avec les rustres, exposés à la peine et à la pluie, maudits par le laboureur, concluait :

Il n’est estât que de clercs et marchans.

Mais le boucanier le lui faisait observer : Quand vous avez vendu vos chevaux, vos robes et vos chaînes, vous êtes encore bien heureux de trouver ces trésoriers qui vous prêtent de l’argent :

Vous dites tous que ce sont gens de bien :

Hz sont larrons quant ilz n’avancent rien!

Débat qui en dit long sur les vertus et les pratiques de la maison des Robertet, et qui atteste aussi la verve de maître François. Son épitaphe loue, par ailleurs, sa vertu et le nomme le « familier d’Apollo et des Muses »,le «bien aymé des trois belles Karités1 » :

En son temps fut de deux roys secrétaire,

Et si obtint par son seul bénéfice,

Oultre ce point, maint honnorable office.

Mais si Fortune a vertu a fait lustre,

Vertu fortune a rendu plus illustre...

S’il a bien fait, sans blasme et contredict,

Il a aussi bien descript et bien dit.

C’est cependant à un autre Robertet, Jacques, frère du

i. Bibl. Nat., ms. fr. 1721, fol. io3, io4.

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