Bibl. Nat., ms. fr. 1717, fol
4. Bibl. Nat. , Pièces originales n° a5o 1 , n° 8. — 5. Ibid. , n° 10. — 6. Ibid., n° 1 5-
HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
transcrit le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, français 12490,1111 très curieux recueil de poésies où l’on rencontre les Dames de Rhétorique et d'autres œuvres de son père, la plupart des ballades extraites du Testament et codicille de François Villon, des morceaux de Georges Chastellain, des épigrammes latines et des pièces historiques, les dits pour faire tapisserie de son confrère l’élu Baude, des blasons de Pierre Danche, des pièces de Mol inet, dont le vigoureux Temple de Mars, d’autres d’Octovien de Saint-Gelais, de Jean Marot. La pièce la plus récente peut dater de l’année 1 5 1 4 1 •
Précieux manuscrit2, dune main très libre, où l’auteur use de ses deux écritures (l’écriture humaniste étant réservée aux pièces latines), signe la sage devise, qui paraît bien avoir aussi été celle de sa vie3 : Quod satis est cui contingit nichil amplius optet. R. A la fin de chaque morceau on le voit écrire, comme un humaniste, Qekoç. Son écriture4, nous l’avons déjà vue dans certaines parties du beau manuscrit de la Bibliothèque Nationale, français 24 46i,ce trésor qu’est le recueil de dessins qui nous fournit les cartons des légendes de maître Henri Baude. Et c'est bien pour François Bobertet que ce livre admirable a été composé, et en partie par lui5.
Ainsi Henri Baude est deux fois redevable à son collègue, l’élu du Bas Pays d’Auvergne. Il n’y a pas lieu de s’en éton-
1. Rondeau et ballade de maislre Jehan Marot a monseigneur d’Angolesme peu avant son advenement a la couronne de France c'est assavoir l’an mil Ve et quatorze a Paris
Bibl. Nat., ms. fr. 12490, fol. i56). — Le nom de François Hobertet se lit en acrostiche dans une pièce du Vergier d'Honneur d’André de La Vigne ( Catalogue de la Bibliothèque James de Rothschild, I, p. 290.)
2. Ce manuscrit n’a jamais été étudié de très près. J. Quicherat (op. cil., p. i4) s’est contenté de dire que le fond d’où il provenait différait de celui des ms fr. 1716, 1717, 1721. Il fut donné à la Bibliothèque royale par l’abbé Lenglet, le 25 avril 1744, et relié au temps de Napoléon Ier. — La signature de François Robertet se voit au fol. 67™.
3. Voir aussi la maxime de Plaute : Actutum fortunae soient immutarier. Varia viia est. De peu assez.
4. Nous la rencontrons sur des livres ayant appartenu aux ducs de Bourbon. C’est François Robertet qui a identifié de sa main les miniatures de Jean Fouquet illustrant les Antiquités Judaïques (P. Durrieu, Les Antiquités J udalques, Paris, 1908, pi. xxvi).
5 . Voir ce quia été dit plus haut à ce sujet. Les armes de Robertet sont au fol . 1 1 5.
ner, car François Robertet a un véritable mérite littéraire. Comme son père avait traduit les Triomphes de Pétrarque, maître François, secrétaire du roi et de Monseigneur le duc de Bourbon, receveur du Forez, les tourna en rondeaux1. C'est un genre qu’il affectionnait2. 11 y traduisait ce goût de la franchise, de la fermeté, cet amour de la paix qui était dans le fond de son caractère. Guillaume Crétin, alors trésorier de la chapelle du bois de Vincennes, s’adressa à lui, en lui donnant le titre de bailli d’Usson, comme l’ami s’adresse à l’ami3. 11 le sollicitait pour qu’il lui fit obtenir, non pas une crosse, ni une mitre, mais
Prebende bien ou quelque bonne cure.
Crétin le nommait Tite Live, second Horace, Lucain, Ovide retrouvé. A genoux, François Robertet répondit à son révéré maître :
La retraicte de court ou la demeure,
L’un et l’autre puis choisir et eslire.
Pas n’est discret qui toujours la demeure :
Au Curial maistre Alain l’as peu lyre...
C’est François Robertet, on l’a vu, que Florimont, son frère, avait chargé de répondre à la missive que lui adressa le vieux Molinet4. 11 est enfin l’auteur d’un Débat du boucanier et du gorricr 5. Le boucanier, c’est l’homme simple, vêtu d’une bonne robe, économe, qui vérifie ses comptes, tient soigneusement sa maison, rachète les biens des prodigues; le gorrier, c’est le gentilhomme qui porte des habits à larges manches, va à la ruine, ne sait pas compter, succombe au train qu’il ne peut soutenir, avec ses chevaux, ses pages, ses veneurs, ses fauconniers, et dont les pauvres labou-
1. Bibl. Nat., ms. fr. 1731, fol. 39 (au fol. 4o, 4i, corrections de l’auteur).