CHAPITRE XIV
Le jour même où la citadelle d'Anvers tombait au pouvoir des Français, la division dugénéralTiburce, stationnée au Doel, repoussait une attaque dirigée contre cette position, et forçait l'ennemi à se rembarquer en désordre.
Le dernier épisode de cette campagne mérite d'être rapporté. Entre Anvers et la Tête de Flandre, il y avait une flottille de plusieurscanonnières,au moyen de laquelle communiquaient les deux parties de la garnison hollandaise. Le général Chassé, qui avait pris la qualité de « comman- < dant de la citadelle d'Anvers, de la Tête de Flandre, et « de l'escadre néerlandaise stationnée sur l'Escaut devant « cette place » voulait sauver cette flottille, et demanda qu'il lui fût loisible de descendre le fleuve pour se retirer. Les Français s'étant refusé à cette concession, le capitaine Koopman, qui se trouvait à la tête de la marinehollandaise, ne voulut point se soumettre à capituler. En effet, dans la nuit même, il brûla une partie de ses bâtiments, et tenta de soustraire le reste à la vigilance des ennemis. Ses efforts furent inutiles : un seul navire parvint à s'échapper pour aller se faire prendre bientôt après à Saint-Philippe; les autres durent remonter vers la citadelle et furent coulés.
La remise des forts de Liefkenshoek et de Lillo devait suivre la reddition d'Anvers, mais sur ce point le roi Guillaume se montra d'abord intraitable. L'armée hollandaise, retenue prisonnière, ne repassa la frontière que le 29 décembre, après avoir dignement défendu l'honneur de ses drapeaux.