‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 102 sur 136 · CHAPITRE XIV. ÎOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. ÎOI

Sainte-Marie, et se mirent en devoir d'armer le fort Saint-Philippe , de manière à dominer le cours du fleuve. La flotte hollandaise s'avança pour troubler les opérations de l'armée assiégeante, et après de vaines sommations, commença une canonnade qui fut sans effet, les postes ennemis étant couverts par les digues. Le 8 décembre, une frégate, une corvette et douze canonnières hollandaises se présentèrent au fort Frédéric, occupé par un détachement peu nombreux. Sommation d'évacuer le fort fut aussitôt faite au capitaine, et, sur son refus, les Hollandais, à la faveur d'un feu très nourri, firent des préparatifs de débarquement. Ces tentatives furent vaillamment repoussées par les défenseurs de la place. L'armement du fort Philippe ne tarda pas à avoir lieu; deux mortiers furent placés en permanence au fort la Croix, que ne cessait d'inquiéter le feu de la flotte, et le maréchal Gérard prit toutes les mesures convenables pour assurer le succès de son plan et empêcher la rupture des digues. Il eût désiré s'emparer des forts de Liefkenshoek et de Lillo, mais ces points se trouvaient au milieu des eaux, et on ne pouvait y arriver que par un défilé où il eût été téméraire de s'engager.

Dans l'intervalle, les attaques dirigées par les Français contre le corps de la citadelle étaient poussées avec ardeur. Malheureusement les nuits étaient claires, et rendaient les travaux faits à petite portée de mousqucterie fort périlleux. La garnison se défendait vigoureusement

cl accablait les pionniers d'une grêle de boulets, d'obus, de bombes ordinaires et de projectiles à la Coëhorn.

Les Hollandais se virent enfin contraints de chercher abri dans les casemates. Bientôt les communications d'un bastion à l'autre ne se firent plus que sous terre, et, sauf le nombre d'hommes strictement nécessaire au service des batteries, on ne vit plus personne circuler dans l'intérieur de la citadelle.

Le 15 décembre, le siège se trouvait déjà fort avance. La nuit suivante, le général Haxo allaquail la lunette Saint-Laurent, et s'y établissait solidement, après un combat à la baïonnette avec la garnison hollandaise. La citadelle n'était plus qu'un amas de décombres. Gravement malade, le général Chassé avait dû abandonner les opérations de la défense au général Favange, et les souffrances des assiégés étaient au comble. Les Hollandais n'avaient plus d'eau, leur hôpital casemate menaçait de s'écrouler et d'écraser dans sa chute tous les blessés qu'on y disputait à la mort : la résistance devenait impossible. Ils envoyèrent deux officiers supérieurs au commandant en chef de l'armée française, et une capitulation fut bientôt signée entre les belligérants. L'article 2 de cet acte était ainsi conçu : « La garnison sera prisonnière « de guerre, mais reconduite à la frontière, où ses armes « lui seront rendues, aussitôt que S. M. le roi de Hol- « lande aura ordonné la remise des forts de Lillo et de « Liefkehshoek. »

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