‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 121 sur 136 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

souvenir de leurs anciennes dissensions. Chaque jour verra s'abaisser les derniers obstacles qui empêchent encore la fusion complète de leurs intérêts commerciaux et, au lieu de s'observer en rivaux, ils s'uniront désormais en frères, soit pour travailler au développement de la civilisation générale, soit pour défendre leur bien commun, la liberté.

Il ne nous reste plus qu'une dernière page à ajouter à l'histoire de l'Escaut.

Quelques jours plus tard, le 1 er août, une foule considérable se trouvait réunie sur les quais d'Anvers. Le fleuve était sillonné de navires, brillamment pavoises, et d'innombrables vivats éclataient de toutes parts. À quelque distance de la rive, entouré d'une quantité d'embarcations de tous genres, se mouvait lentement un grand bateau à vapeur, revêtu de peintures blanc et or, portant les couleurs belges, et ceint à hauteur de bastingage de nombreux écussons, aux armes de toutes les puissances signataires de l'acte du 16 juillet. Ce vaisseau, qui avait à son bord la commission directrice des fêtes, servait de piédestal flottant a une statue gigantesque, due au ciseau de M. Geefs, entièrement dorée, et représentant l'Escaut, brisant ses chaînes et foulant aux pieds le traité de Munster du 5 juin 1648.

Le signal du départ ayant été donné, toute cette flottille se mil en marche, au bruit du canon, et cingla majestueusement vers l'horizon, escortant le Marnix de Sainte-

Aldegonde, un beau navire, chargé de produits belges, en route pour Val parai so, et qui allait jouir le premier des bénéfices du traité. Les populations riveraiues accouraient, émues et enthousiastes, le saluant de leurs hourras répétés et l'accompagnant de leurs vœux dans son long voyage. On se sépara entre Lillo et Bath : la route des mers lointaines était rouverte aux Anversois !

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