Le recensemeol de ISSO donne le chiffre de
2. C'est le calcul niotiéré de M. Turker, professeur d'économie poliUque a l'Université de Virginie. En iSîi i, il évaluait «iosi le progrès de la popuiaUoQ : 22 400 000 eu lôou (calcul justifié par l'évéoeoienl), 39000000 en t860, MOOOODO «1 tSIO, 49000000 en 1880, 88000008 en 1890, il 80 000 000 ett 1888. lf.1Mnrécrif8ltsfiiil laooaquOto de la Californie (Progreu of ihe Vnittd States in ■po'pitlation and wmUh in /l/ly ycoff, ^ Gtorgu Tutker, New-Yofk, I8i3, p. 100.)
dans la voie de runioa; que chaque jour mêle et confond d^vioitagei un peuple enfin qni a trop le sentiment de ce qne Ini réserve l*aYenir pour rêver de séparation avant d'avoir accompli sa destinée , c'est-à^ire avant un Jour qu'il n'appar* tient pas à l'homme de fixer.
Ainsi, je le répète, avant cinquante années, les États-Unis seront la république la plus considérable, lapins puissante, la plus homogène (jui ait jamais paru sur le ^iobe, et pour U première fois il faudra que TEurope compta avec ce peuple nouveau qui viendra, qui vient déjà partager avec elle Tempire des merA»
Vous voyez quelles proportions aura prises, avant la ûn du siècle, cet événement glorieux de la révolution américaine; vous voyons comme chaque jour le grandit i ce sera dans rhistoîre, au ' point de vue politique , un fait non moins coosi* dérable que la découverte même du continent; c'est aussi Tavénement d'un mondo nouveau qui vient se placer à côté de l ancien.
Que peut-il donc y avoir de plus curiaux qua d'étudier les causes de ce développement qui ne s'est point arrêté d'un jour ; que de rechercher la part qui appartient aux institutions dans ce grand établissement ?
Mais , sans anticiper sur cet avenir prochain ,
sur cet avenir qui déjà se laisse toucher, et qu'il sf bon de prévoir si nous ne voulons pas re-
DI8C0IWS D'OUTBITURE. T
mettre aux mains de TÂmérique le {lambeau de It cinlisation y quel précieux sujet d'obserralioii politique , quels exemples , quelles le^ns nous oiIreQt dès aujourd'hui les États-Unis 1
Ce n*est pas seulement une république qui domine de l'autre eôté de 1* Atlantique $ ee mim de république e»t une désignation vague et qui eouvri d'ttft même nom les gouTemements iep plus opposés ; c'est une DinoosATiB, la plus Teste, la plus complète qui ait paru dans les temps modernes; j'ajoute , la seule qui ail duré«
Ce n'est pas un gouvernement fait de main d'iiommS) contre épreuve moulée sur l'antique par des révolutionnaires érudils^ élèves de Montesquieu ou de Mably : c'est le produit naturel de deux siècles de tsavail et de liberté ; c'est f comme le sentait Washingten, le seul gouvernement qui pouvait convenir à cette forte race d'émigrants, à ee peuple 4a puritains, qui, laissant à une pairie mavàlm sa noblesse féodale et sou ckrge ariBtocratiquH , avait emporté avec lui, comme deux trésors, et sa religion essentirtlement républicaine» et ^nteii les libertés de la vieille Angleterre.
De là cf eaebet particulier qui dietingae U république américaine de toutes celles de Tan» tiquité f de toutes celles qu'ont imugin^^ ies modernes qui ne détachaient point leuirs y^ux des anciens, et parmi ces modernes, je com*
$ - PBKIiÊBE LBCON.
prends la plupart de nos constituants révolutionnaires.
Les États-Unis ont résohi le problème , déclaré insoluble par les publicistes, d'une république établie sur an Taste territoire a?ec une population nombreuse ; d'un État où Tégalité est complète , absolue, et dans les lois, et dans les mœurs. £a peu de mots 9 e^est une république, non pas imaginaire, mais réelle , mais vivante , faite par des hommes de notre temps et de notre race , où cbaque année deux cent mille Européens, Anglais, Allemands, Français, vont se mêler au courant sans qu'il en soit altéré une république enfin dont la constitution est assez large , asses bien calculée pour s'être prêtée depuis un demi -siècle, et saos vieillir, à tout le développement d'une nation qui grandit , à tous les progrès du oom* merce, de riodustrie, de la civilisation.
A une époque où la force de Topinion emporte toutes les autres , où Bon ^itable titre est bien celui que lui recoooaissait Pascal, la reine du monde, les États-Unis B*ofifrent à nous comme un empire depuis longtemps fondé sur Tégalité politique la plus entière , sur la souveraineté du peuple la plus large et la plus active qu'on puisse imaginer.
1. En 1848, 2)9493 personnes, dont 148 313 Asgtali et Irhndali,
68018 Allemands, el "JTi.l Français {American alivanarh , t850, p. 247). En 1849, il y a eu 299 610 émigrauls iAmtrican almauach 1851, p. 209).
DISCOtJRS DH)!IVERTU1IE. S
Et, en effet, la souveraineté du peuple n*eet pas, en Amérique, une théorie abstraite et
démentie dans la pratique; une force dont on se sert pour fonder un gonvemement, et qu'ensuite on eomprime comme un danger, jusqu'à ce qu'elle se révèle de nouveau par des explosions et des désastres. La souveraineté, aux États-Unis, est le grand ressort du gouvernement, et comme un régulateur qui ne s'arrête jamais*; c'est bien le peuple qui gouverne et administre par des
délègues librement et directemeat choisis , délégués doublement mamtenus dans le respect de la souveraineté populaire, par une responsabilité toujours présente et par la fréquence des élections.
La eonstitntion américaine n'est point démagogique. 11 y a des moyens légaux pour éprouver la volonté populaire» Tépurer et la refroidir; mais cette volonté, régulièrement manifestée, est prise comme la règle absolue du gouvernement. C'est un devoir de s'y soumettre, c'est un crime de s'y soustraire, et les décisions de la majorité sont adoptées sans résistance par une nation depuis longtemps habituée à respecter le Jugement et la volonté du plus grand nombre. Le gouvernement est ainsi complètement démocratique ; par son organisation il est nécessairement identifié avec les