NEw-fLYMOl-TH. (Suite
Nous avons vu daos la dernière leçon, comment rÉglise anglicane y effrayée des principes
républicaiua du puritanisme, avait essayé de se débarrasser par la persécution de ces terribles niveleurs, et je vous ai dit commorit les sectaires les plus ardents, les brownistes, fatigués de leur exil en Hollande, s^étaient décidés à partir pour TAmérique; sur rassurancc assez imparfaite que le roi Jacques ignorerait leur existence et ne les persécuterait pas.
Ce fut eu 1620, le 17 septembre, après un jeûne solennel y que ces émigrants, les pèlerins, les pères, ( father pilgrims), comme les noiume le pieux respect de la postérité, partirent, au nombre de cent personnes, sur le vaisseau la Fl^r-^f-lfai (May Flower), plus célèbre aujourd'hui dans les annales de TAmérique que le navire Ârgo ne Ta jamais été riiez les Grecs.*
Leur destination était aux bords de la rivière
TII« LEÇON. — NBW-PLTMOUTH. 151
d*Hadtoii| o'esl-à-dire dans le site admirabie où plus tard ftit établi New-York. Mais le capitaine du vaisseau, gagné, dit-ou, par les Hollandais qui projetaient un établissement sur ce beau fleuve, les porta beaucoup plus à Test, et, après quatre moia d'un^pénible navigation , lea fit aborder an ettp €od , sur un territoire qui n'était même plus celui de la Virginie; car il se trouvait dans la coneesaion faite à la compagnie du Nord.
^, Les rigueurs de la saison (on était au 22 déwnbro)» lea fatigues et lea maladies de la mer forcèrent les pèlerins à prendre terre. Après avoir exploré la côte, ils choisirent pour s'établir un lien appelé Patuxet par les Indiens, et qu'ils nom* nièrent le Nouveau - Plymoutb, en souvenir du dernier point de l'Angleterre qu'ils avaient quitté* New-Plymonth est resté célèbre comme le plus ancien établissement de la Nouvelle-Angleterre, et eneore aujourd'hui on garde et Ton montra avec respect le rocher où les pèlerins mirent le pied en prenant possession de ce continent, qu'ils devaient peupler de leur race et animer de leurs idées.
Quelque iomps avant de débarquer, comme on craignait Tanarchie, d'autant plut que visiblement
on allait descendre sur une terre oii Ton n'avait ni droit de propriété ni juridiction, les pôlerini se
lièrent par un contrat écrit qui nous est resté, et dont voici la teneur :
m LIVRE I. — COLONIES.
« Au nom (le Dieu, ainsi soit-il. Nous, soussignés, les fidèles £ujeU de noire redoutable seigneur le roi Jacques, par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, d'Ecom, etc.» ayant entrepris, pour la gloire de Dieu , ravancement de la foi chrétienne, l'honneur de notre roi et de notre pa» Irie. un voyage à l'effet de fonder la première colonie dans le nord de la Virginie, reconnaissons solennellement et mutuellement, en présence de Dieu, et Tua en présence de Tautre, que, par cet acte, nous nous réunissons en un corps politique et dvil pour maintenir entre nous le bon ordre et parvenir au but que nous nous proposons. Et en vertu dudit acte, nous ferons et établirons telles justes et équitables lois, telles ordonnances, actes, constitutions, et tels officiers qu'il nous conviend», suivant que nous le jugerons opportun et utile pour le bien général de la colonie. Moyennant quoi, nous promettons toute due soumission et obéissance. Kn foi de quoi , nous avons si^rné ci-dessous, Tau du Seigneur 1620, le 11 novembre (vieux style).
Cet acte est resté célèbre dans les festes de l*A->
mérique, qui, du reste, eu oiire plus d uq exemple, car les émigrants qui créèrent TÉtat de Rhode- Island, ceux qui s'établirent à New-Haven, les premiers liabitaols du Couuecticuty et les fon*dateurs de Providence commencèrent également par rédiger uu euatrat qui fut soumis à Tapprobatioa de tous les intéressés* Les historiens et les jurisconsultes américains exaltent a i envi cette déciaxatioa comme uu événement inouï et gui marque une ère nouvelle dans Thistoire du