‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 57 sur 126 · NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LEÇON

SOm BE l'hJSTOI&K DSS colonies DK Lk NOUTKLU- QOHMGTICOT, (SOlie)*

Messieurs,

Mous avons commencé Thistoire des plantations de New-HaTêD et de Connecticnt; il nous reste quelques mots à dire pour terminer ce qui nous intéresse dans les annales de cette dernière colonie.

Après la restauration de Charles 11, la colonie de Connecticnt, inquiète de la yalidité de son titre, députa vers le roi le jeune Winllirop, fils de 1 ancien gouverneur du Massachussets. Il était chargé de déclarer au nouveau roi que les planteurs avaient préféré se passer de charte plutôt que d'implorer un prince illégitime. Grâce à cette déclaration de loyalisme, et grâce au zèle qu'il déploya dans catte affaire, Winthrop obtint » en avril 4662» une charte de territoire et de gouver* uement.

Cet acte, dont les dispositions libérales furent

dictées, comme pour Khode-lsland , moins par une bienveillance particulière que par la jalousie

qu'iospiraient à la royauté les puritains du MassachussetB (en ce moment même on essayait en vam de les soumetu^e)^ çeV acte concédait les priviléges les plus larges, et confirmait pleinement le régime démocratique, tranchons le mot» la république établie par lâft énugrants.

La forme de gouvernement était celle des autres colonies de la Nouvelle- Angleterre : gouverneur, assistants, assemblée, élus par le 8u£Erage uoiver^ sel des freemen^ C'est un système qui maintenant BMis est familier. Mais ce qui donne à la charte du €oBnectieut vn caractère particolier, e^est que la métropole ne s'y réservait pas même un droit de surveillance.

La charte donnait aux colons un pouvoir ahsohi pour se gouverner eux-nièuies. La nonanation du gouvmeur el des assistant^, qui, dana lespr^ivinces royales, appartenait au souverain , comme nous Tavons vu pour la Virginie, fut aJ^andounée aux planteur» du Conneeticut. On leur rtoomiaiftsait le droit d'élire leurs uiliciers, d'établir les lois qui leiu* oonvenaient, de rendre la jusiiee sans appel au roi d'Angleterre; en d'autrea termes le roi concédait aux habitants la suprême autorité légisiatfvey administrative et jadieiaire.

Loin de garder un veto sur les actes de la

t . Os «fUMMiica comme partout , par une seult «luniibrt» «I «a

s'aperçut bientôt aussi de l'inconvénienl d'un parcit systèilie> Al 1608, la «IwiftioD «fh deux cbaiBbr«6 asl fait aocompllv

IX* LEÇON. COnHECTlCUT, HBW-HAVBN. Ml

ooloiiiey Cbarte» Il o'vait pw même «au^ qa'oii

lui soumît les lois rendues par la «mr générale | aiiUe réaerve n'était liuie pour autoriser ea qoeU quea dmaitaimi rmtMnreatmi dn gcmvmie* meut.

U ne fniit pa», du vettef a'y tmnper : ai Cbarlea U a'était montré « libéral, on , pmir mieux dire, si prodigue, c'était moins par dessein prcmedito que parîndiilérenei pour nne poignée d'hommes ét8<^ bUs ])ar delà le» mers. Le roi , comme Clarendao eon nuDiatre^ avaient oru beaucoup moina favori-* aer im État naissant qne pirotéger nne aimple cor* poration.

La charte se taïaût tnr la rsAîgien, o'est-à-dire

qu'en laissant tout pouvoir à la colonie, elle anto* riaait tacitement toutes les tstciosious, toutea lea jalousies puritaines.

Personne ^ effet ne pouvait établir une église dans le CooDeoti^pt sana l'aveu de la eour générale el Vapprobaition des églisoe yoîsitiee. Fjee disi»tdeuts u'avaneut aucun droit à la protection dca loia; le» quakers, le» adamites et antm héréliques noLuircs (ce hunt les termes de la loi), devaient être empi^iaooaéa ot|^ chassés de la cirfonie par retdre do gouvemear et dea assistants. Le zèle et 1 intolérance ne cessèrent que lorsque la liberté de «mcience, paasant les mers^ fat in-» troduite dans les colonies par la métropole. Ce fut un statut célèbre de la première année do tégpt

M LIVBS I. — COLONIES.

de Guillaume et de Marie qui mit fia à cet odieux esprit d'exclusion.

Jacques II , dans sa croisade contre les chartes eolouialest attaqua la patente que son frère aTait accoidce au Conneclicut. En 1687, sir Edmond Andros^ gouverneur de New-York, célèbre dans l'histoire de TÂmérique par la triste mission dont il fui chargé, vint à Uartford, La capitale du Conneeticutt et au nom de la couronne déclara le gouvernement dissous. A celte époque, on attachait une importance extrême aux chartes , comme s'il y avait dans ces parchemins» dans le sceau qui les consacrait , ou ne sait quelle vertu mystérieuse qui subsistait encore après la révocation de l'aele. «Une donation royale , sous le grand sceau, est la plus grande sûreté quou puisse avoir dans les affaires humaines» » disait en 1()64 le jMassacliussels dérendani sa liberté contre les prétentions de Charles 11 \ Andros demanda donc que la charte lui fût remise; elle fut apportée par le gouverneur, qui , en présence des planteurs, plaida longtemps pour cet acte précieux , consacré par le sang des martyrs ( c'était sans doute des victimes des Indiens qu'il parlait), et qui avait valu à la colonie des jours d'alcyons. Le soir vint pendant ce discours; une troupe nombreuse des rudes fermiers du Connecticut suivait

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