T. Jll, p. Parii
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pire; nous suinmes à la veille de VVagram, et le héros de Tbistoire est NapoléoD*
« J'étais resté' à Ebersdorff, r;ic<tnîe le général , pour veiller aux divers passages des troupes ; je me rendis le 4 juUei, à la pointe du jour, an eamp impérial pour leodie compte au msjor général... , lorsque l'Empereur sortit de sa tente et m'appela.
u Je lui rendis compte du passage des divers corps et de rapproche de l'armée d'Italie : « Fort bien, me dit-il, « nous sommes en mesure; l'archiduc Jean devrait faire « sur la rive gauche le même mott?ement qu'a fait Eugène « sur la rive droite, et se trouver demain avec ses trente « mille hommes à la grande bataille ; eh ! bien , vous verres « qu'il n'y sera pas. >• Puis il se mit à se promener sur le gazon, les mains derrière le dos, en me faisant diverses questions, celle-ci entre autres: «IMtes-md ce que vous m penses de Narbonne, que J'ai envoyé commander à Raab. ««-Sire, lui répondie^je, je pense que c'est on homme « dont Fesprit est propre à tout ; il a le cœur haut , et je « lui crois toutes les sortes de courage. — Bon, mais il n'a
• jamais vu tirer un coup de fusil. — Sire , je ne crois
• pas quil ait besoin d'apprentissage. » Changeant tout à coup de sujet, il me dit : « Général Dumas, vous éties de « ces imbéciles qui croyaient à la liberté? — Oui, Sire» « j'étais et je suis encore de ceux-là. — Et vous avez tra- « vaille a la révolution, comme les autres, par ambition? « — Non, Sire, et j'aurais bien mai calculé, car je suis
• précisément au même point où j'étais en t790. — Vous m ne vous êtes pes bien rendu compte de vos motiii; vous « ne pouvez pas étro différent des autres ; rintérét per- « sonnet est toujours là. Tenez, voyez Hasséna; il a acquis « assez (le gloire et d'honneurs; il n'est pas content; il H veut être prince comme Murât et Heroadotte ; il se iéra
PMFACfi. uui
« tiMT dtraittii pQur éire pruMe;o'e8l h mohila àm Ftan*
« çab; la natioD est essentiellement ambitieuse et conque- « ranfe. »
Cinq ans après cette conversation , où l'Emp&« reor avait plus d'one raison de eroire que la Fraaee
partageait les passions de sou chei , la i iaiice en était revenue aux idées de Mathieu Duoaas. C'est ayec furie qu'elle applaudissait aux théories constitutionueiies , c'est avec transport qu'elle saluait dans la Charte les grands principes de 1789; etcette passion a duré plus de trente ans, et durerait encore si Tanarchie n'eût pris le masque et le nom de la Liberté pour la déshonorer.
Mathieu Dumas, soldat de la guerre d'ilmcrique^ courageux défenseur de la Traie liberté à TÂaMm* blée législative y proscrit de Iructidor, était un de ees cQSurs honnêtes et fermes qui ont Thorreur du désordre, et qui aiment les gouvernements réguliers. Sincèrement attaché à l'Empereur, s'il regret* tait la liberté, ce n'était pas par Tain regret du passé, c'était parce qu'il y voyait le seul trein qui préserve le pouvoir d'entraînements dangmux. il est permis de croire qu'une tribune et une presse vraiment libres eussent épargné à ia Irauce plus d'un malheur, à l'Empereur plus d'une faute cruellement expiée.
C'est ainsi qu'à la fin d'une longue et honorable vieil l'ut donné au gcniTal Mathieu Dumas devoir
XXIV PBÉFAC£.
les événements donner raison tnx oonvîeiMMio de
sa jeunesse, et qu'il eut le bonheur de mourir en croyant k liberté assurée sans retour.
C'est sans doute un défaut des coiiâliluliuunels que d'être incorrigibles; je remarque du moins que c'est toujours parmi eux que se trouvent ces hommes absurdes qui ne changent jamais. De$ jacobins mniitres j écrivait Mirabeau à Louis XVI » ne seront jamais des ministres jacobins. Il n'en eût pas dit autant des constitutionnels. Malouet et ses amis se retrouvaient, en 1814, ce quils étaient en 1T89; la révolution ne les avait pas dégoûte:» de la liberté. J'ai eu le malheur d'être élevé à cette école , et l'étude de l'histoire n'a fait que me confirmer dans ces sentiments de ma jeunesse. J'étais avec toute la France , je suis encore avec quelques . fidèles» un de ces imbéciles qui ne croient quà la liberté; et ma foi dans ces idées est si vive et si entière, que loin de rougir de mon aveuglement, j'en suis fier, et ne demande ni d'autre recommandation pour mon livre , ni d'autre honneur pour mon nom.
PREMIERE LEÇON, n u Goummioii lateCAiNB, ir nt L'miLiTft
Dl soir ÉTUDE
Le sujet de nos études sera pour cette année rhiAtoire de la conAlitution Éiato^Unis. Mais sous ce nom de constitution» œ que nous ap»
preudrous a connaître^ ce n'est pas seulemeot la grande charte de 4789^ qui a fondé la puissance de la confédération , et qui , aujourd'hui encore, en est la ija^e la plus ferme, c'est aussi 1 oqpuûsation intérieuie des États particuliers de IXnion; car cette organisation , dans ses formes et daus son esprit, se rapproche chaque jour davantage de l'établissement fédéral» le complète^
s PiŒMlÈRË LEÇON.
Texplique, et, de son côté, pour être bien jugée, demande à n'être point séparée de son modèle. Ainsi y oe que nous étudierons, c'est ce grand ensemble d^institntiods politiques, sous Tempire desquelles s est développé, au delà de TOcéan, un État qui y du temps dé nos pères , ne pesait point dans la balance politique, et qui, s'il reste iideie à la pensée de ses fondateurs, si les passions bumaines ne le perdent en ie divisant» s*élèyera, avant la fin du siècle, à un tel degré de force et de grandeur, qu'il n'est aucune monarchie d'Europe qui puisse alors tenir tète à la toute-puissante république.
Évidemment^ Messieurs, U recherche des causes qui ont amené ce prodigieux développement, cette fortune inouïe, est du plus Laul iiitérêt; et si, parmi ces causes, la constitution tient le premier rang^ il y a là pour nous un sujet, d'une importance extrême et d'utié utilité prochaine, uu sujet d'études qui, dans les circonstances où nous sommes , sHmpôse en quelque ta^oti dé soi->même , et commande l'attention.
L'importance de eette étude, qui pourrait la mettM en doute ? Est-il possible que des Institutions qui régnent sur un si vaste territoire , qui Jouent un il grand i^le dans le nouTeau mondb n'aient point de place dans l'histoire des législations? Et son utihlé, quand fut-elle jamais plus settiible qu'an moment où la France, étonnée du
BISGOtmS D'OUVERTUBE. t
pas énorme qu'elle a fait tout à coup dans la carrière de la démocratie, s*arrête comme incertaine, et cherche en tâtonnant les bases durables de son nouveau gouvernement ? Quel spectacle plus instructif, quel exemple plus touchant que celui d^one nation de i^ace eutopéentiè, dont les idées et les besoins sont les nôtres, et qui a résolu le problème en 1789, le jour même où nous nous sommes mis à ponrsuÎYfe, au travers de dix rérolutions, cette solution qui toujours nous échappe, et qui peutr^tre est près de nous, nous obstinant, si J'ose empranter Texpression de Montesquieu, nous obstinant à bàlir Chalcédoine quand nous aTons le rhrage de Bysance sous les yeux ^ ?
Ainsi, importance historique et sefentifique, utilité prochaine , telles sont les deux principales raisons d'étudier la constitution amérioaine sé» rieusement, en détail, pour en apprécier le véritable caractère, pour en pénétrer Te sprit, et non pas dans un intérêt purement spéculatif, mais
pour en tirer une instruction efficace, une règle de conduite, un proût immédiat et certain.
Et d'abord, rendons-nous bien compte de Tim» poj'tance historique et ijCicntiOquc de cette étude; ne nous arrêtons pas à des données superficielles; entrons, si je puis le dire, dans lee entraillesdû sujet.