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XUl* LEÇON. — N£W-tORK.
les taxes ne seraient levées que du coDsentemeiit de l'assemblée géoérale.
ËQ d*antre8 termes, rorganisation anglaise plus large, plus libn-ale, remplaça Tétroit système de corporatioa iatroduit par ia HuUaude. Les seules insUtutiona qui restèrent furent le patronat, les substituùoaa et les rentes foncières, les premières se sont maintenues Jusqu'en 4776, la dernière a duré jusqu'à nos jours.
La colonie gagnait assrz à ce changemeut pour que laconquète ne lui fût point préjudiciable Un très-petit nombre de planteurs retourna en Hollande^ ie reste accepta la protection anglaise , et Stuyvesant lui-même resta dans la plantation jusqu'à sa mort. C'est ainsi que la Nouvelle- Auiâterdam devint la Nouvelle- York.
La paix de Breda, en 1667, confirma le titre des conquérants. En vertu de la rè^le ; uli possidetîs, les Anglais gardèrent New- York et les Hollandais Surinam* Dans la guerre aTec la Hollande qui se ralluma peu après » la colonie fut reconquise; mais on la rendit au due d'Yoïk, à la paix de 4674, et dès lors toute la côte entre les Allegbanys et la mer resta aux mains des Anglais.
Au moment de reprendre possession de son domaine, le duc ajaut quelque doute sur la validité de son privilège, obtint de son frère une nouvelle concession, datée de juin 1674, et ce fut
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SOUS Tempire de cette charte qu*il gouverna la
colonie jusqu*à son accession au trône.
iVlais Jacques U a était rien moins que libéral , et les aasemUées populaires lui plaisaient peu. La
colonie mécontente insista auprès du izouverneur Aodrosy dont nous avons souvent prononcé le noDiy pour obtenir les libertés qu*on loi avait prouu^eâ : le droit de voler les impôts el les lois de la province* La réponse de Jacques est caracté* ristique :
Je 1)0 puis m*cnip('( hei de supposer que ces assemblées sciout de dangereuse conséquence; rien n étant plus connu que la disposition de ces corps à s'attribuer quantité de privilèges qui une fois accordés ne servent qu% détruire ou troubler la paix des gouveneiiieDts. Je n'en vois pas d'ailleurs la nécessité. S'il y a des abus à redresser, on a la justice ordinaire, les voies légales, et enfin l'appei à nioi-mf^nie. Néanmoins, j examinerai lesj>ropositioni» que vous me ferez à ce st^jet.
Il fallut pourtant céder» car le peuple refusait obstinément de payer TimpAt quHI ne votait paSi et en 1^83 on voit les planteurs, convoque» en assemblée, voter unec^arto de liàertéi qui ne le cède en rien à celles de la Virginie ou du Massa* chussets *.
Cette charte la voici ; Je neerains pas de répéter ces déclarations de droit qui se copient les
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unes les autres, car elles indiquent le courant de l'opinion, et montrent quelles idées animaient dès lors la nation. En fait de liberlé, ce peuple était plus avancé en 1 683 que nous ne Tétions en
Le pouvoir législatif suprême appartiendra à toujours et résidera dans le gouverneur, le conseil et le peuple
réunis en assemblée générale. Tout froernan votera sans distinclion pour la représentation. Nui freenmn m sera arrêté que par le jugement de ses pairs, et tous les procès criminels se feront par un jury de douze personnes. Nulle taxe ne sera Imposée, sous quelque prétexte que ce soit, sinon du consentement de rassemblée. Nul matelot, nul soldat ne sera logé chez les hal)itanls contre leur volonté. La loi martiale est abolie et ne peut être rétablie. Nulle personne, faisant profession de croire en Dieu, par lésus-Christ, ne sera, en aucune'occasion, inquiétée pour différence d'Opinion.
Ainsi , pour traduire cette déclaration en style
de nos jours : liberté religieuse , liberté personnelle, droit de faire la loi et de \oter l'impôt, voilà ce que les colons réclamaient de Jacques II , non comme dos privilèges, mais comme les droits naturels de sujets anglais.
Au moment oiî la plantation se croyait enfin maîtresse de sou gouvernement, Jacques II, arrivant au trône, retirait les concessions qu'il avait faites , mettait des impôts par ordonnance , et inquiétait les habitants sur leur titre de possession. Ce fut un système général d'oppression qui atteignit
toutes les colonies et doDt Andros fut le prÎDeipil
exécuteur.
En apprenant l'expédition du prince d'Orange, la colonie se souleva comme tous les établisse* ments de la Aouveile-Ani^lelerre; les Anglais réclamaient leurs libertés injustement déniées ; les Hollandais triomphaient dans îa personne de leur prince ; c'était un compatriote qui s'asseyait sur le trône d'Angleterre ; il ne pouvait leur démêles privilèges de citoyen. Aussi dès la première assemblée les planteurs renouvelèrent-ils leur déclar»tion de droits que Guillaume cependant reFosa de consacrer, non pas qu'il contestât les droits du citoyen anglais, mais parce qu'on doutait alo^ que les fsolpnie^ fussent ep poçses^ion des liberté anglaises.
Des hommes d'État whigs, tels que SomnMrs
et Locke, reconnaissaient encore dans les colonies une extension de la prérogative royale, qu'ii^ n'admettaiept plus dans la métropole , et ne Ypn* laient accorder planteurs d autres droits que ceu^ qui leur av^e^t été spécialement ^^otim par la royauté
Toutpluis» la révolution qui piat^ Guillaume d'Orange sur 1^ t^ône d'Angleterre, arrê^ à jamîs ces abus du pouvoir royal qui, en Amérique comme en Angleterre , avaieut menace d étouller
!• UiiiiieUi, iii^l^ry o(the United Sfaies, t. U, p. 124.
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la libellé et les droits de la natioa. Dès cettf) époque les colons, sans dUtincUon d'origine» furent considérés comme sujets anglais habitant une province de Tempire britannique. iNi^m charte particulière ne levir fut accordée; mais ils jouirent de tous les droits et privilèges nationaux; et ces droits ils les réclamèrent avec une insistance qui faisait dire à Tun des premier^ gouNcrneurri, étonné de cette ardeur pour la îiluerté chez d63 gens qui n'étaient point toujours d'origine bretonne : a II n'y en a pas un de tous qui ne soit tout gonflé de se$ prérogatives d'Aftr glais et de sa grande charte, »
Le gouvernement de la colonie fut dès lors celui d'une province rojale : un gouverneur nommée par la ppurpnse, i|^e assemblée géiiéralQ nommé par les propriétaire? ; cette for^]e dur^ jusqu à la révolution, -
La liberté religieuse ne fut pas non plus trou?
blée; la tolérance fut une des conquêtes de la ré^ vûlutioxi de iG^ti; mais il y eut une fâcheuse exception pour les papisten $ e'est-Mire pour Ie9
catholiques. On était au lendemain du règne de
Jacqqes 11, ^t Ifi mp^^atiop de ledit de Nantes répandait ^ans toute VAngleterre et portait en Amérique jes victimes de la perséci|tiou Ç4lho}iq|ie. On q'ifqfngiQ^it riep de mfm Ijpe df) veqgçr la persécution par |e martyre. Au commencemept du x\ui° siècle |a loi {uen^c^it U qnpriâof;-
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neiiicnt perpétuel tout jésuite ou prêtre papiste saisi dans la colonie, et s'il reparaissait après s'être enfui, il était puni de mort. C'est là une disposition qui , suivant l'historien de la coioDiey Smith, qui écrivait vers 1750, était digne d'être niainlenue à ])LipLluité, 1^ constitution de New- York de 1774 exige encore de quiconque se fait naturaliser, un serment d'abjuratiun de toute allégeance étrangère et de soumission aux lois de TÉtat , en toutes matièrss ecclésiastiques aussi bien que civiles ; disposition qui certainement avait pour but d exclure les catholiques des bienfaits de la naturalisation.
Telle est la bizarrerie de l'esprit humain. La justice qui semble sa loi naturelle, n'y entre que par degrés, à grand effort ; le préjugé y domino longtemps; cl jamais au sortir de l'esclavage l*homme ne veut reconnaître la liberté de ses anciens maîtres, comme si la lutte Pavait courbé de façon à ne pouvoir reprendre Téquilibre.
Je ne dirai rien des lois civiles de New-York. Si Ton en croit Story et Kent, ce fut de toutes les colonies celle qui conserva avec le plus de soin les institutions de la métropole; c'est encore l'État qui , tout en ayant soumis ses lois à trois ou quatre révisions successives, a le mieux conservé les fortes maximes de ia coutume anglaise
Quant au caractère général des babilanb, la colonie formée par un triple courant d'émigra-
\m* LEÇON. — NEW-TORiL Ui
tions Iiollandaise , puritaine, européenne, a toujours eu quelque chose de cosmopolite. New-York a emprunté à la Nouvelle-Angleterre ses municipalités et ses écoles; elle a gardé de la Hollande lesprit de commerce et l'entente des grandes affaires ; enfin , à cette émigration générale qui lui apporte tout ce qu'il y a d'aventureux ou de compromis en Europe, elle doit une certaine exemption de pré* jugés et en même temps une ardeur , un entraînement (iui contraste avec la réserve de la Nouvelle-Angleterre et fait de TÉtat empire la tète du pnrfi démocratique dans rUuion, la véritable capitale des États-Lnis.
New-York a du reste joué un grand rôle dans la révolution et dans l adoption de la constitution ; elle a eu dès l'origine ce caractère libéral qui ne Ta jamais abandonné , et que même en certaines circonstances elle a poussé un peu loin. C'était déjà le point par où TAmérique touchait le plus près à TEurope , le point par où entraient le plus aibement nos mœurs, nos idées, notre civilisation, et aussi nos défauts.
QUATORZIÈME LEGOK.
COLOMKS Dl" CENTRE.