Enq^clo^ie, art. Fondation
3fft LIVRE i. ~ COLONIES.
rainour de l'indépendance qui porte le propriétaire à exigtr la liberté abtolue da sol. Dans on pays où riDdWida eet eoureraiii, e^eet an contresens qu'il y ait des terres assujetties. L'homme fait toujours la propriété à eon image. C'est dans un Etat despotique, ou très-centralisé, là où le Ifouveraeiiieat est tout, où Tindividu n'est qu'un rouage, c^est là que les doetrines communistes ont chance d'être accueillies; mais dans un État où tout ae rapporte , oà tout se subordonne à l'indiTido , comme en Amérique , de pareiUes do<^ine8 réfutent au lieu de séduire, car on y sent bien que la liberté du sol est tout à la fois effet et eaose de la liberté individuelle. C'est là une des raisons qui font de la République une excellente forme de gouvernement; car, plus que tout antre système, elle aboutit à la décentralisation et à l'indépendance indiyidttelle ; c'est l'organisation la plus fatiUe ,aa communisme, rêve de quelques esprits ardents dont on exagère , je crois , le danger , dans un pays où la propriété sediyise» c*est«Hlire, s'in* dividualise chaque jour davantage.
RoTenons à la plantation hollandaise. Cette constitution féodale de la {mpriété était mauTatse pour une colonie naissante ; c'était s'en remetti-e à l'ambition de quelques hommes, au lieu de tsiie concourir à la prospérité commune l'énergie de tous les citoyens. Aussi la plantation reeta-t-eiie languissante et pauvre ^ jusqu'au moment où une
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double émigration vint en changer l'esprit. La première se composa de protestante Tenus d*Ëo* rope; la seconde, plus nombreuse, vint de la Nouvdle-Aogleterre.
n se fit une émigration eonsidérable d'Europe à la Nouvelle-Belgique, parce que la Compagnie des Indes, fidèle aux maximes de tolérance qui avaient fait la fortune de la Hollande , transporta ces généreuses idées dans le nouveau monde. Le gouverneur ajFant emprisonné des «piakera en 4 660, les directeurs de la Compagnie lui écrivirent pour l'en blâmer :
Que tout citoyrn paisible, dirent-ils, jouisse de la liberté. Cette maxime a fait de notre dlé d'Amsterdam l'asyie des eettés de tout pays. Marehes sur ces traces et vous ferss Inea*
Dans sa générosité, Amsterdam offirait aux fugi« tifs 9 pour cause de religion , un libre passage à la
colonie et un accueil assuré; aussi quand les églises protestantes de la Rochelle furent rasées, les calvinistes émigrèrent-ils en masse vers les nouveaux Pays-Bas» où ils fondèrent la Nouvelle- Rochelle y comme un souTenîr touchant de la patrie qui les repoussait de son sein. Le nombre de ces émigrants fut assex élcTé pour que, pendant quelque temps , on rédigeât les actes pubUcs en français en même temps qu'en anglais et en hollandais.
C'est là aussi qu^émigrèrent les Juifs , que
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repoussaiait lai antres ookmies^ et eaûû on nombre eonsidérabie de proserits de tontes raeee,
venus (ie France , de Belgique, des bords du RhÎD, de Bohème, ou depuis longtemps établis en Hollande, abri commun de toutes les consciences persécutéeSf de toutes les vies menacées.
Cette même tolérance et la fertilité du pays aiaenèrent aussi de nombreux puriUiios. U y eut, dès le premier jour» assea d'Anglais à Manhattaa pour que les lois et ordonnances fussent rédigées dans les deux langues. Des villes tout entières furent fondées par les Anglais , sous la protection et avec le consentement des HollandaiSi D y avait là uu germe de révolution inévitable*
Dès 1 652, on yoit la Nottvelle«Amsterdam en pos» session des privilèges municipaux des villes hollandaises ; mais ce n'était rien moins que la liberté telle qu*on Tentendait dansia Nouvelle-Angleterre.
La cité avait des bourgeois, mais non des citoyens. Être bourgeois, c'était prendre part au monopole commercial comme dans nos anciennes villes de France; mais ce n'était rien de plus. C'était le gouverneur qui nommait le sherififi c'étaient les deux bourgmestres et les cinq échevins qui présentaient leurs successeurs sur uns double liste dans laquelle le directeur ehoîsissatt lui-même ie conseil^ Le pouvoir législatii, la no-
1* Baocrofl, 11,306.
XIII* LEÇON. — NEW-TfOllk. 831
mination def ofBciers publics, le Tote de rim-
pôt , tous ces droits des citoyens de la Nouvelle- ADgleterre^ appartenaient au directeur et au coii«> seil nommés par la Compagnie.
Un tel système ne pouvait contenir à Tesprit libre des puritains; ils enseignèrent bientôt aux Hollandais à ne compter que sur eux-mCmes en matière de gouvernement» Ën 4653) ils organisèrent, malgré le directeur, une espèce de eon<vention nationale qui demanda, pour les planteurs, une pari dans le TOte des lois et la nomination des magistrats.
Voici la pétition rédigée par George iiaxier, dont le nom révèle l'origine anglaise , pétition adoptée à runauimité et présentée au gouverneur StuyTesant :
* Les États généraux des Provinces-Unies sont nos seigueurs liges; imnis nou£ soumettrons aux lois des Provinces-Unies; mais SOS droits et nos privilèges doivent élre en harmonie avec ceux de la patrie, car nous sommes lits iiie nibres de l'État ci ir n pas un peuple soumis. Nous qui sommes venus ici des ditTcrentes parties du monde et qui sommes une communauté formée de races diverses, noQs qui avons, à nos propres frais, quitté notre terre natale pour ]a protection des Provinces-Unies, nous qui avons transformé le désert en terres productives , nous demandons qu'on ne fass<; point de lois nouvelles sans le consentement du peuple, qu'on ne nomme pas de fonctionnaires publics sans l'approbation du peopie, qu'on ne fuse point revivre des lois obscures et prescrites. »
LITRE I. GOLOraBS.
Le gouYerneor slndigna de ces préteniioiis eiorbitantes préeentéee par nne colonie qui comp- Lait à peioe quelques miilierâ d'habitants; il y reconout les visiont des hommes de la NouTelle- Angleterre ; ce n'était point là le vieil esprit holiaadais. Les délégués insisièreut ; « I^ous ne Toulonsy disaient-ils y que le bien général da pays et le maintien de la liberté. La nature permet à tons les hommes de se constituer en société, et de 8*a88embter pour la protection de la liberté et de la propriété. » Stuyvesant à bout d'arguments répondit par un coup d*autorité en ordonnant la dissolution de rassemblée. « Je tiens mon pouvoir, ajouta-t-il, de Dieu et de la Compagnie des Indes , et non point da bon pbûsir d'un petit nombre d'ignorants. »
La Compagnie de son côté approuva le gouverneur; elle déclara que la résistance à l'impôt arbitraire» était contraire aux maximes de tout gouvernement civilisé : « Nous approuvons les taxes que vous proposez, écrivirent les directeurs à Stuyvesant y n'ayez aucun ^rd au consentement du peuple. Ne les laissez pas se complaire à ce rêve de visionnaire , que les taxes ne peuvent être imposées que de leur agrément. »
Mais le peuple s'entêta dans son rêve; on ne put lever les taxes, et les planteurs commencèrent à nourrir avec complaisance Tespoir d*obtenir les libertés des colonies voisines , en se soumet-
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tant à la pjroteciioD, à la juridietion de l'Angleterre.
L'Angleterre n'avait jamais reconnu le droit
de la Hollande, et les chartes des Coiiij agiiies du nord et du eud , ne laissaient point de place à nn établissement étranger, car elles comprenaient toute r Amérique, de la Nouvel le-Écosse aux Florides. Cromwell avait pensé à la conquête de la Nouvelle-Belgique ; Charles II aussitôt après son avéuement , excité par une antipathie personoeile pour les Pays-Bas non moins que par Fintérét de la couronne , ne voulut point recouuaitre une possession paisible de plus de quarante ans. £n mars 1664 il donna à son frère le due d'York et d'Alban^ un privilège qui conférait au prince, sous le nom de territoire de New-York, toute la Nouvelle* Belgique, et qui euipitUiit même bur ie Mabbachubsets et le Connecticut ^
La charte accordait au duc le droit de gouver^ ner et de punir suivant les lois et ordonnances qu'il lui conviendrait d'établir, pourvu qu'elles fussent aussi près que possible des lois et des statuts du royaume d'Angleterre; réserve faite à la couronne du droit de recevoir et de déterminer les cas d'appel*. C'était donner au propriétaire un pouvoir presque royal en laissant aux colons les libertés de la patrie*
1. Hildrelb, Uistory of fft« VnM Stelrt, 1. 1* 444. 2- iftory, i la.
334 LnriUB I* — COLOHIBS.
Avant qu'on eût prévenu les Hollandais des hostilités qui les menaçaient, une escadre anglaise se présenta, en septembre 1664, devant Manhattan pour qu'où y recouiiùt le duc d'York* Le gouTemeur était un vieux et brare soldat» mais il n'avait aucunes forces à s;l disposition, x'iijpe- 1er les eolous anglais, c'était, suivant rexpressiou même de Stuyvesaut , iotroduire dans les murs le cheval de Troie : « Vous ne vous imaginez pas, éerivait^il y combien la Compagnie est maudite et méprisée; les habitants déclarent que lea Hollandais n'ont jamais eu aucun droit sur ce pays. » £t non-seulement les Anglais ne se prétèreol poiat à défendre la colonie hollandaise contre leurs compatriotes; mais les Hollandais eux-mêmes, jaloux de la Compagnie et du directeur» laissèrent tomber un gouvernement qnî a*était même pas pour eux le gouvernement national. La reddition se fit sous les auspices de la corporatioa mu-
nicipalc de la Nouvelle-Amsterdam. Aux termes de la capitulation * les habitants conservèrent leuxs propriétés, leurs libertés munieipalea et leur loi de succession qui établissait Té^alité de partage. Ils se réservèrent aussi le libre commerce avec la Hollande. On confirma les privilèges de l'Église réformée hollandaise et la liberté religieuse des autres colons} enfin on promit que