‹ Histoire politique du Congo BelgeChapitre 58 sur 110 · LE CONGO DEVANT LES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

LE CONGO DEVANT LES PARLEMENTS

souverain s'en inqpiiéta et demanda directement à la presse américaine de le défendre. Au mois d'avril, les missions américaines représentées au Congo s'adressèrent au Congrès de Washington, par l'intermédiaire du sén;ileiir Morgan. Puis, ce fut le tour de l'Eglise méthodiste. La «Congo Rcform Association» d'Angleterre fonda une succursale aux Etats-Unis ; M. Morel fut reçu par le président et par M. Hay, minisire des affaires étrangères. L'Etat du Congo jugea nécessaire d'agir énergiquement cl un coinilé de défense fut confié à la savante slralégie d'un certain colonel KowaLsky, qui vinl h Bruxelles, et auquel le roi confia le soin de plaider sa cause^ en Amérique. «Cher colonel, lui écrivit-il, le 4 octobre 1904, le gouvernement de l'Etal Indépendant se confie à vous pour éclairer les lioniiues d'Etat el les hommes politiques des Etats-Unis, sur les véritables juotifs de la campagne de dénigrement, pour leur démontrer l'inanité des accusations formulées et pour leur apprendre toute la vérité». Six mois pins tard, M. Whiteley nommé consul général du Congo, à Baltimore, combina ses efforts avec ceux du colonel. Quelques Belges leurs furent adjoints.

En Belgique, au commencement du mois de

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mars 1005, la (jueslion du Congo fil les frais (J'ujie nouvelle inlerpellalion émanant de MM. Bertrand et Vanderveldc. En présence de 1 augmenlalion constante de la dette publique de l'Elal, de ses engagemenls dans les affaires de Chine, de ses achats d'immeubles en France et en Belgique, de ses travaux sompluaires, le gouvernement fut f[ueslionné sur les responsabilités (jui pouvaient incomber à la Belgicpie p;ir suite de la situation rinancièrc de Tl-llat Indépendant . Kn quelques phrases patriotiques, le comte de Smet de Naeyer, rassura les interi)ellateurs et M. de Favereau, sortant de sa réserve habituelle. crut de son devoir de prendre la défense d'un gouvernement ami : Cest de tous côtés, même du Nouveau Monde que viennent les accusations, a dit M. Vandei*velde. Je lui réponds que c'est de tous côtés aussi que s'élèvent les protestations, au nom de la vérité et de la justice et ces protestations émanent de personnes ayant vécu au Congo >. Des deux côtés de la barre, les orateurs invoquaient donc la vérité et la justice. Malheureusement pour les protestations officielles, quinze jours plus tard tlébar([uaieiit. à Anvers, les trois membres de la Commission d'enquête.

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Le 9 mars suivant, M. Vandcrvclde fil un re- (our offensif à propos du butlget de la guerre. L'iioijorablc député demanda au uiinislre, des explications sur le cas des nombreux officiers mis à la disposition du roi, pour des missions de tout genre, à l'étranger. Plusieurs d'entre eux, au Congo, étaient accusés de faits graves. Très documeidé, il cila di's fails (pii ne furent pas coidestés, donna lecture (h' docunients dont Tau- Ihenlicité ne fut pas niée. .M. Woeste lui répondit: Sous réserve des abus qui peuvent se commettre partout, dit-il, je tiens que ce ([ui se ])ratique au Congo ne peut être critiqué . Ht il engagea .son adversaire à ne pas réduire cette grande question du Congo à une ((uestion de boutique ) . MM. Bertrand et De'porte ayant déposé une proposition réduisant le crédit porté à l'article 10 du budget de la guerre et tendant à empêcher l'Etat du Congo à recruter ses officiers en Belgique, le ministre de la guerre déclara /{ue la jusiicc congolaise n'avait jamais condamné aucun officier belge et il rendit hommage à tous ceux (pii étaient ou qui avaient été en Afrique. Cette concUision amena aussitôt M. Vandervelde à examiner en détail et à Taide de documenis authentiques, le rôle que TEtat du Congo faisait

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jouer aux officiers que le gouvernement belge niellait à sa disposition, soit dans la récolte de rivoire et du caoutchouc, soit dans les levées d'homme. Et il stigmatisa le système des primes qu'ils gagnaient, « non pour compléter leur éducation militaire, mais pour participer à l'exploitalion des indigènes».

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