LES LIVRES DE M. CATTIEE, ET DU PÈRE VERMEERSCH
Les travaux de celle Commission n'étaient pas publics: rien n'en transpira. L'émotion causée par la publication du rapport s'éteignait. On savait que le souverain était hostile h toute innovalion essentielle. L'effort de la Commission d'onquête risquait donc de ne pas produire les résullats qn'en attendaient les partisans des réformes, lorsqu'cn février 1906, M. Félicien Cattier, qui enseignait le droit colonial à TUniversité de Bruxelles, publia son « Etude sur la situation de lElaf Indépendant du Congo . S'appuyant principalement sur le rapport de la Commission d'en- ([ucte. il exposait, sous une forme méthodique et doctrinale, sans aucun ménagement, tous les vi-
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ces el toutes les tares du régime congolais et mou trait que les abus, si souvent signalés, n'étaient pas des abus individuels, mais tenaient au système même. 11 abordait toutes les questions diiilcrèt générai concernant la colonie : régime loiicier. liberté commerciale, concession, main- (rduivre. force publique, justice, finance et adniinislralion. Il publiait une série de documents nionii-anl (juc l'Etat Indépendant, tandis qu'il j)ressurait les indigènes en Afrique, se livrait à déiiormes dépenses, de pure fantaisie, en Euroj)e, sous le couvert du Domaine de la Couronne. Il i)roi)osait des réformes précises, soutenait que l'annexion à la Belgique était la seule issue honorable. Ce courageux ouvrage eut un grand retentissement.
Deux mois après, en avril 1906, le R. P. Yermeersch, de la Compagnie de Jésus, publiait sa < Question congolaise > et, à son tour, formulait contre le régime congolais un ensemble de critiques serrées, concluait à des réformes radicales et à lannexion du Congo à la Belgique. Il montrait c[ue la liberté commerciale avait été abolie en faii, l'Etat ayant monoi)olisé à son profit ou au profit de sociétés concessionnaires tous les produits commerçables. Il sapait la théorie des