L'ANGLETERRE ET LES ÉTATS-UNIS PROTESTENT
Toutes CCS lenteurs et ces tergiversations n'étaient pas faites pour résoutire les difficultés internationales. Les droits des peuples du Congo et la liberté du commerce étaient discutés, en Anglelerre mais il n'en était plus tiuestion en Belgit[ue, t)ù la Fondation de la Couronne, fini, depuis t|uelfiues années symbolisait la politique et le système de l'œuvre humanitaire de Léopold II, accaparait l'attention, dominait presque exclusivement toute la polémique.
A la séance de la Chambre des Communes du 5 juillet 1906, sir Edward Grey, répondant aux interpellations, avait demandé aux réformistes anglais de bien vouloir attendre et de voir ce qu allait apporter l'automne : il fit preuve de patience vis-à-vis de la Belgique, en réclamant une
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;imH''e dv plus. Mais, après le dépôt du projet (le Trooz niainlenant les fondations (3 décembre 1907), après les protestations unanimes des députés de la minorité (18 décembre), de la Commission des XVII (21 janvier) et des réformistes belges, il ne put résister plus longtemps à la poussée de l'oi)inic)n jiublique el Ion vit alors se produire, à Londres, un nouvel ensemble de manifestations bosliles accompagné d'une intervention diplomatique soutenue, cette fois, par l'action officielle des Etats-Unis.
Le 24 janvier 1908. M. Davignon. ministi'e des affaires étrangères, reçut la visite collective de sir Artbur Hardinge. ministre d'Angleterre, et de M. Wilson. ministre des Etats-Unis. Au moment où la Belgique s'apprêtait à reprendre le Congo, les deux diplomates, au nom de leurs gouvernemenls respectifs, insistèrent sur l'importance que ceux-ci attachaient à la stricte observation des prescriptions des accords internationaux. Quelques jours plus tard, à l'ouverture du parlement britannique, le roi Edouard, dans le discours qu'il adressa aux représentants de la nation, visa, à la surprise générale, la question des droits des indigènes du Congo, ajoutant que i'unique désir de son gouvernement était de voir administrer
L ANGLETERRE ET LES ETATS-l'XJS l'r.OTESTENT
l'Elal du Congo avec hiimanilé et conformément à l'espriL de l'Acte de Berlin.
Les manifestalions anli-congolaises reprirent aussitôt avec une extrême violence. Le 24 février se tint un grand meeting, organise par la «Congo Reform Association» et présidé par Je lord -maire, entouré de ses aldermen. Le 25 et le 26; la Chambre des lords et celle des commnnes consacrèrent encore deux séances à discuter les nffaires du Congo. Il y fut i)rononcé, par les membres les plus éminents du Parlement et par les ministres eux-mêmes, des discours ({ui, dans les termes les plus vifs, firent le procès à l'adminisiration congolaise. L'intervention de lord Cromer (|ui dressa contre l'Llat indépendant un véritable réquisitoire, donna an (lél)at une jwrtée significative :
J'affirme sans la moindre hcsitat'on, s'écria le haut représentant de la Crande-Bretagne en Egypte, n'avoir au cours de ma longue expérience, jamais vu ni entendu r-en qui puisse être comparé aux abus qui ont germé et grandi dans l'Etat du Congo. Il y a eu là une m éx'on nais sauce cgnique des races indigènes et une explo'tal'on sans merci du jkigs nu profil déirangers, absolument sans précédent dans riu'sloirc des temps
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modernes . Sir Ed. (irey rcsumaiit le sentiment du Pnrlcnienl. dit que l'Etat avait perdu niora- Icineni tout droit à une reconnaissance internationale. Vn ordre du jour déclarant son système de gouvernement destructif de la liberté personnelle, des droits économiques de la population indigène et de la liberté des échanges commerciaux . fut voté par acclamations.
Depuis 1891, l'Etat du (îongo méconnaissait en effet, les engagements qu'il .nail souscrits à Berlin.
< Le droit inlernalional moderne, avait dit à la Conférence M. Kasson, plénipotentiaire des Etats- Unis, suit fermement une voie qui mène à la reconnaissance du droit des indigènes de disposer librement deux-mêmes et de leur sol héréditaire .
La théorie des terres vacantes fut la pierre angulaire de toute la politique congolaise. C'est sur elle que s'appuya l'Etat pour refuser aux natifs le droit de récolter librement les fruits naturels du sol. pour Justifier le régime des concessions^ l'organisation du domaine et la suppression de la liberté cotumerciale. Le professeur Anton, de I Université d'Iéna. fut, le premier, à porter la question sur son véritable terrain, dans une ex-
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collenfc élude préscnlcc à rfiislilul iiilcnialioiRil colonial. M. (ioori^cs Toiicliard, dans unv série de luniiiieiix aiiieles j)ul)liés dans le Mouvement (W'ographiqiie^ a démontré (jue les ha])ilanls du Congo onl, de tout temps, [)ossédé des droits collectifs, non seulement sur le sol (ju'ils cultivent, mais sur tous les autres terres comj)rises dans les limites territoriales des villages ; qu on se trouvait, au Congo, en présenced'une véritable propriété collective indigène et «pu le régime établi par l'Etat avait abouti à dépouiller les poi)ulalions de leurs droits fonciers.
C'est la thèse ((ue soiUint le Mcmoritndiiin (pie le gouvernement de Londres fit remettre, à Bruxelles, le 30 mars 1908, et dans lequel sir Edward Grey exposa la manière dont l'Angleterre envisage les obligations qui. en vertu des traités, incombent à l'Efa! Indépendant et. par suite, au Congo belge. Cette thèse est posée avec précision dans la correspondance dii)lomali(iue qui fut distribuée, au mois de juin 1908.