L'AUTRICHE-HONGRIE DEPUIS
I. Formation de l'Autriche Hongrie dualiste 1859-1870). — II. Application du dualisme il870-1895). — III. Crise du dualisme (1895-1907 — IV. L'Autriche-Hongrie contemporaine.
A la fin de 1849, le gouvernement de Vienne avait replacé sous le joug les rebelles d'Italie, d'Allemagne et de Hongrie, avec l'idée d'en former un État unitaire allemand. Dans cette vue, Schwarzenberg abrogea (décret impérial du 31 décembre 4851) la Constiliilion du 4 mars 1849 qui avait esquissé pour les nations de la monarchie, à la place du despotisme négligent de Metternich, une représentation parlementaire avec un ministère à l'anglaise. Rejetant la collaboration de la classe aristocratique dans laquelle il cherchait en vain « une douzaine d'hommes d'intelligence politique suffisante et pourvus des connaissances nécessaires », il confia à des fonctionnaires le soin d'appliquer pendant dix ans les lois d'exception de 1848 et de comprimer les nationalités, en les rangeant à l'état de provinces rattachées directement à Vienne, capitale du germanistpe.
Le système de Bach (18o2-18o9). — Bach développa le principe: il imposa ralleniaud comme langue officielle de l'Empire.
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et dans radministration, y compris la police, un personnel striclomenl alIcniaïKl. 11 li-oiiva des appuis chez tous les ennemis de la Révolidiou. Les ot'liciers, (|ui avaient sauvé Tlùiipire, présidèrent à une lourde compression de la Hongrie, du Loudiard-Vénitien, etc. Le clergé obtint la répudiation complète du joséphinisme, qui avait mis sous là dépendance de l'État les évoques, mués en fonctionnaires. Le Concordai du 18 ooiU 1855 conserva au catholicisme son caractère de religion d'I-ltat, régla les relations de l'I'^tat avec l'Kglise d'après les princijx's du droit ecclésiastique, lui confia la surveillance des écoles, la censure des livres, le règlement des alTaires de mariage; pour ces objets, le pouvoir séculier prêta ses agentsd'exécution. En 1856, les évéques obtinrent pleineautoritésur les lidèles, renscigiuMneut (dans lequel le ministre Thun introduisait certaines méthodes modernes), les biens d'Église. Mais les linances, non contrôlées, trahissaient la profonde désorganisation de l'État : les révolutions et les guerres avaient enilé la dette de 1 milliard de florins; chaque année augmentait le déficit (il était de 286 millions de florins en IS.'iO). Presque plus de monnaie métallique en circulation ; celle du papier-monnaie parut bientôt si exagérée qu'un emprunt de oOO millions (18Si) fut décidé pour en effectuer le retrait. Ce retrait n'eut pas lieu; la spéculation reprit alors sur les billets d'État et paralysa le crédit. Bruck, ministre des Finances (janvier 1855), s'en prit aux dépenses de l'armée qu'il prétendait vérifier et diminuer; il essaya d'un traité de commerce avec la Prusse, d'une convention monétaire austro-allemande (1837), d'un arrangement avec la Banque impériale pour retirer les billets. Mais la centralisation intérieure, l'occupation, au nom de l'Europe, des provinces roumaines en 1853, rendaient toute économie impossible. Les haines de races (qui empêchèrent Vienne de pratiquer pendant la crise d'Orient aucune politique active) s'exaltaient contre la bureaucratie tyrannique, le » jacobinisme niveleur » de la cour. Hongrois, Croates, Roumains, Tchèques, n'attendaient qu'une occasion pour se débarrasser des« hussards de Bach». L'occasion, ce fut les défaites d'Italie.