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possession de tout le Pamir, escarmouchait avec les cosaques du capitaine Groumbtchevski, et se targuait de n'avoir à délimiler le Pamir qu'avec la Chine et le royaume de Kachmir. Les Russes balayèrent alors ses avant-postes et poussèrent les leurs jusqu'à l'Hindoukouch et au Karakoroum, seule frontière qu'ils consentissent à reconnaître à l'Empire indien. Mais les Anglais avaient fait absorber par l'Afghanistan et le Kachmir les petites nationalités du Pamir méridional. En 1894, il ne restait que deux États indépeniiants : le Khoudjoiil, au nord du Kachmir, pays de brigands gouverné par Saïder-Ali-Khan; le Ka/firistan, haute vallée du Yarkoun, gouverné par un brigand du Tchitral, Amman-OuJd- Moulk. Un autre, Sahib-Nazar, tenait le haut Pamir. Une invasion des gens du Khoudjout amena le colonel Lockhart à occuper leur pays avec 4.000 soldats, [)uis le Kaffiristan, à la faveur de l'assassinat d'Amman par son frère. Le capitaine Younghusband y résida, muni de pouvoirs exceptionnels (1893), en attendant que fût organisée (par lord Curzon) cette nouvelle province de l'Empire indien, en façon de confin militaire, sur une frontière stratégique. Une délimitalion devenait nécessaire, à laquelle la Chine voulait prendre part. Or l'Angleterre revendiquait la possession de tout le petit Pamir jusqu'au Pendj (branche principale de l'Oxus), avec les vallées de rOuakhan et de l'Aksou. C'était s'assurer un glacis offensif vers le Turkestan russe, avec une triple ligne de défenses montagneuses tiu'aucun empire hindou n'avait encore possédée; l'occupation du Yarkand-Daria supérieur donnerait aussi contre la Chine une pointe offensive. Le règlement eut lieu en 1895 (15 avril); il laissait à l'Inde, selon le vœu des impérialistes, l'Ouakhan et l'Aksou avec les crêtes et les passes de l'Hindoukouch. Résultat préparé dès longtemps par la voie ferrée poussée aux portes de Kandahar (1886), la déposition du khan de Kélat, l'annexion du Mekran (littoral de Tlndus à la Perse) et la mission de sir Henry Morlimcr Durand près de l'émir de Kaboul. En 1888, le Sikkim, bien qu'on lui laissât son maharadjah, était annexé.
Du côté de l'est, l'Inde se trouvait depuis 182() maîtresse des provinces maritimes birmanes, avec lesquelles elle faisait le commerce du riz (Rangoun est le plus grand port du golfe du Bengale après Calcutta). Mais ses traitants convoitaient les forêts de teck des hautes vallées de l'Iraouaddi et de la Salouen; peut-être rêvaientils dy trouver en surplus une voie de pénétration directe vers les jjrovinces minières de la Chine du sud-ouest (Yunnan et Seu- Tchouenj. Dufferin n'attendait qu'une occasion. Le roi Thibau la fournit en cherchant des protecteurs en France et en Italie. Ayant
Signé avec la néiuiblique un traité de commerce et ivi-u un agent français, il s'en crut autorisé à massacrer une partie de sa famille et à chicaner une compag^nie forestière anglaise. Aussilùl, la.(»0() soldats anglo-indiens remontèrent riraouaddi; le général Prendergast marcha sur Mamlalai/ (10 novembre), y entra après cinq combats, expédia le roi captif dans l'Inde (i> décembre). Par décret, Dufferin annexa la Birmanie; mais il fallut deux ans pour mater les pirates (dacoïts) qui avaient réussi à donner à leui-s guérillas (en Haute IJirmanie) une allure de guerre nationale. Le général Hoberts, commandant en chef dans llnde, inonda le pays de soldats et dé forces de police 1I88T), désarmâtes villages, amorça (plan de Col- <pihoun) les voies fei-rées vers Bhamo, à la frontière chinoise ^1888-189^2). Kn juillet 1887, la Chine reconinit rocciipation anglaise et s'interdit de soutenir les insurrections, moyennant (jue le "-ouvernement birman continuât d'envoyer à Pékin les missions décennales de vassalité. Et les Anglais organisèrent l'administration en utilisant les fonctionnaires de l'ancien royaume.
2) La poUtique de lord Curzon. — Dans ces frontières, l'Inde, depuis, n'a pas bougé, sauf (juelques révoltes de peuplades sauvages, au Manii)()ur (1891) ou au Tchitral (1895), et celle des Afridis (1897-1900). Pourtant, elle aurait pu s'en prendre à la domination anglaise qui n'a pas su rayer la famine des « institutions 0 de la pénhisule. En 1879, mais surtout en 1896 et en 1900, des famines terribles ont tué des millions d'indigènes; le u famine fundn s'avère tout à fait insuffisant. Insuffisantes aussi les mesures d'hygiène contre la peste, qui se tient dans le Dekkan à l'état permanent, le choléra et la variole. Mais ici, les indigènes résistent, par fanatisme religieux ou par traditions de caste, aux prescriptions sanitaires qu'il faut alors appliquer par la force. C'est un monde entier à remuer, avec lequel les Anglais n'ont encore contact que Itar ses unités les plus élevées ou peut-être les plus ambitieuses.
Lord Curzon, vice-roi à quarante ans (1899), ne s'est pas borné à combattre la disette et la i)este qui dépeuplaient à son arrivée la présidence de Bombay. Il a conçu une politique impérialiste qu'il avait déjà énoncée comme publiciste, député et ministre; politique d'action, d'expansion et de magnificence. Très diltérent de lord Ripon et de lord Elgin, adeptes de conceptions libérales, qui s'appli quaient à satisfaire les indigènes en les associant à l'ailministration, en laissant vivre leurs journaux et en subvenlionnant leurs écoles,' en protégeant, dans les manufactures commanditées par les rajahs! le travail des enfants et des femmes, il a favorise une sorte de réveil de prestige, sinon de pouvoir, chez les princes hindous traités en
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grands feudatnires, dont le luxe officiel était encouragé, les forces militaires développées, le loyalisme cependant entretenu par l'entrée de leurs fils et de leurs frères dans une sorte de garde du corps pour le vice-roi. Sur l'Afghanistan et le Baloutchistan, le contrôle s'est fait plus sévère. Mais aussi, Curzon affirmait, par un voyage de grand apparat sur le « Golfe », l'intérêt qu'il conservait dans l'Empire persan, qu'il avait étudié dans ses rapports avec l'Inde, et la volonté de barrer la route à une descente allemande ou russe vers le Chat-el-Arab.
Plus hardiment, il voulut mettre la main sur le Tibet qui, par delà les Himalayas, lui apparut comme le glacis indispensable à la défense de l'Inde. L'expédition du général Macdonald, formée de Gourkhas qui escortaient le colonel Younghusband, ambassadeur accrédité auprès du gouvernement tibétain, prenait ligure de provocation après la signature de l'alliance anglo-japonaise (janvier 1902) et au moment où la Russie, aux prises avec le Japon en Corée et en Mandchourie (avril 1904), entretenait auprès du Dalai-Lama de Lhassa, suzerain spirituel de ses sujets mongols, des délégués chargés de le teniren tutelle. De fait, quand Macdonald eut soumis la vallée de Chumbi (entre le Sikkim et le Bhoutan), battu les Tibétains aux sources de Gourou, écarté les ambans chinois qui prétextaient la suzeraineté de Pékin, il s'arrangea pour traiter avec le rival (inférieur) du Dalaï-Lama en fuite, le Tashi-Lama. Le traité établit une paix consacrée par l'ouverture de marchés dont profitèrent les Himalayens de race tibétaine ; il n'empêcha pas la Piussie d'exercer sur le Dalaï-Lama, par ses sujets bouriates, une certaine action religieuse. L'opinion anglaise y vit un demi-échec et comme une erreur d'optique, si bien que lord Curzon, dont les pouvoirs avaient été, en 1905, renouvelés pour cinq ans, fut rappelé en 1906.
De cette politique, lord Minto, son successeur, lira deux conséquences : d'une part, il prononça l'annexion du Bhoulan, habitué depuis trop longtemps à prendre à Lhassa des inspirations religieuses et politiques. Un féodal bhoutaniate,créé au préalable « baronet '), fut investi de la dignité de maharajah,avec pension annuelle, et contrôlépar un résident! 190G). D'autre part, il attira dansl'Inde. pour une sorte d'hommage, l'émir d'Afghanistan, qui reçoit désormais le mot d'ordre du vice-roi (190ttj. Ainsi se trouva préparé Vaccord (infjlo-russe du Si aoùl 1901. La Russie avait acquis à Téhéran une iniluence prépondérante de banque et de commerce : elle prit le droit de coidrole sur la Perse du nord. L'Angleterre exerçait la police ninritimc du n (iolfc d et des côles de Perse : à elle le con-
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trùle de la Perse du sud ; entre les deux, une bande niixlo où s'exerceront en commun les mesures de contrôle linancier. Au Tibet, plus d'avanUges spéciaux aux lUisses ni aux Anglais, mais rétablissement de la suzerainelé chinoise. En Alglianislan, rinJluencc anglaise est reconnue, avec la liberté commerciale; plus d'agents russes à Kaboul. Par de tels accords d'équilibre, mieux que par des guerres, se trouve consolidée la sécurité de l'Empire indien.
L'Aiistrnlasic. — Le monde australien, dans lequel la population d'origine européenne a Uni par remplacer (sauf dans l'île nord de la Nouvelle-Zélande) les indigènes en voie de rapide disparition, s'était donné une vie politique et sociale très diverse. Partout, l'imjjortance prise par les questions ouvrières et par les ouvriers eux-mêmes a transformé les gouvernements parlementaires libéraux de 1850 en organismes populaires.
4) Organisation de Ja démocratie. — En notant que l'Australie occidentale, pays absolument neuf, n'a reçu de gouvernement représentatif qu'en 1890, il est permis de ranger en trois partis les forces politiques organisées. Un parli conservateur et prolectionnisle des grands proi)riétaires et éleveurs a tenté de maintenir partout de hauts tarifs douaniers ; un parli libéral à l'anglaise, organisé par sir Henry Parker et les hommes arrivés vers 1840, adoptait le libre échange manchestérien ; un parli iravaillisle, constitué par les syndicats ouvriers, puissant surtout en Victoria, a pu, grâce à une alliance (inattendue pour des Européens) avec le parti conservateur, obtenir des mesures de protectionnisme destinées à les abriter contre la concurrence étrangère, et à maintenir leurs salaires.
C'est que l'ouvrier, pour qui l'Australie est un u paradis », n'a presque r-ien de commun avec le prolétaire d'Europe. Ici, les prolétaires, ce sont les noirs, importés autrefois pour le service des mines, et les Chinois, que des lois prohibitives ont arrêtés en Victoria, puis en Nouvelle-Galles du Sud et en Nouvelle-Zélande (-1881-1888), et qui ne sont plus tolérés que dans les tei*res agricoles du Oueensland. Bien [)ayé, bien défendu parles lois, instruit en général, éclairé sur ses droits, non déprimé par la vie précaire dans les faubourgs des villes, mais logé dans un cottage de campagne, où les transports faciles et à bon marché le ramènent chaque soir, l'ouvrier possède un bien-être qui le détourne de la politique d'explosion révolutionnaire. Ses chefs ne ressemblent pas à des tloctrinaires socialistes. Ouaiul Seddon est arrivé au pouvoir en Nt)uvelle-Zélaude (1893), auprès de m<^sures agraires (iestiii('>rs à enlever aux .Maoï'is
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les terres inexploitées pour les confier à bail de 999 ans à des emphythéotes moyennant une « rent » annuelle de 4 pour 100, il a procédé à des réformes qui avaient pour but de donner au gouvernement la plus large base possible : suffrage universel de tous les adultes, hommes et femmes, que légitimait l'instruction obligatoire pour tous distribuée par l'État, Banque d'Etat qui consent des prêts avantageux, chemins de fer construits et administrés par l'Etat, au besoin fonctionnement assuré par l'État des entreprises d'alimentation, devenues des services publics, suppression des grèves et du lock-out par l'institution d'un tribunal de conciliation et d'une cour arbitrale, repos hebdomadaire obligatoire, constitution, moyennant une série d'impôts progressifs, d'assurances de retraites, d'invalidité et de vieillesse. Toutes mesures d'un socialisme empirique que le parti ouvrier, qui les avait introduites partiellement en Victoria, Nouvelle-Galles du sud et Australie méridionale, désirait fort, après la crise économique et financière de 1893, étendre à l'Australie entière. 11 fallait au })réalable que l'Australie eût réalisé l'unité de gouvernement.
2) Le Commonw^ealth impérialiste. — Le succès môme de la fédération canadienne (et l'espoir d'englober la Nouvelle-Zélande) lit adopter la forme d'un État fédéral. Le fond du projet était impérialiste : il s'agissait de constituer un dominion assez puissant pour résister aux attaques de l'extérieur. Sur la nécessité d'une force navale, tous les partis tombaient d'accord ; d'accord aussi pour réserver à l'Australie seule le droit d'annexion dans l'ouest du Pacifique. C'est pourquoi le sud- est de la Nouvelle-Guinée fut occupé en 1883 par des milices du Queensland; les îles Salomon en 1893 ; l'annexion des Nouvelles-Hébrides parla France empêchée. — A Hobart (Tasmanie), un Federative Council posa les principes de de la fédération dont YImperial Defence Ad montra la nécessité (1888). Les plus jeunes colonies (l'Australie occidentale) hésitaient à sacrifier leur législation douanière ; il y fallut dix ans de négociations, à Melbourne 1 1890), à la Convention Nationale de Sydney (1891), à la Conféience des Premiers Ministres (189.^). Aux plébiscites de 1898, le parti de l'unité fédérale triompha; le chef en était Reid, premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud. En 1900, le projet, dans lequel Chamberlain inséra une double réserve : le contrôle de la métropole sur les relations extérieures et le droit d'appel au Conseil privé du roi pour tous les cas où entrent en jeu des intérêts non unic{uement australiens, fut voté au Parlement de Londres, et le régime fédéral inauguré le 20 janviei- 1901.
(rest un Commoniucdll/i (république; dans lequel le pouvoir fédé rai fonctionne comme aux Élats-Unis. Le gouverneur général, nommé par la Couronne, exerce les fonctions executives et choisit un ministère parlementaire dans la majorité des deux Chambres. Le Sénat et la Chambre de/; dépiilés sont élus au sulTi-age universel, masculin et féminin : le Sénat à raison de six membres par État, élus pour six ans, la Chambre pour trois ans au prorata de la population. Leurs attributions sont assez limitées par les parlements d'États, où jusqu'à présent se faisait la politique australienne. Il a fallu créer la capitale fédérale à Vass Cabinda. sur un plan d'en send:)le, à la façon des villes-champignons.
La première Chambre, de faible majorité conservatrice et protectionniste, avait soutenu un ministère de cette nuance (Barton, puis Deakia). Aux élections de décembre 1903, les trois partis se balancèrent (34 conservateurs protectionnistes; -40 libéraux libi-eéchangistes, 37 ouvriers dans les deux Chambres; (h. Deakin tenta de sallier avec les ouvriers auxquels il promettait l'extension à toute la République de l'arbitrage obligatoire, par une cour fédérale aux sentences sans appel. Mais, intimidé par une grève récente des chemins de fer, il eu exceptait les États, en tant que l)atrons. 11 fut battu par les ouvriers, renforcés de quelques libéraux. Le gouverneur, lord Hopetown, confia le ministère au leader ouvrier Watson qui, « Premier » d'un cabinet travailliste homogène, n'annonça pas d'autre programme social que l'extension de l'arbitrage fédéral aux ouvriers des États et aux employés de l'administration. Pour le reste, il proposait de remplacer les Offices australiens à Londres par un unique Haut-Commissaire du Commonwealth, de réformer la justice en Nouvelle-Guinée, d'étudier un chemin de fer transaustralien, de supprime)- le monopole du tabac ; il réclamait Ti millions de plus pour les crédits militaires. Le parti ouvrier s'affirmait ainsi comuîe un parti de gouvernement, décidé à procurer, par des moyens pacifiques, l'avancement de la démocratie australienne.
Le Canada. — L'histoire du (Canada contemporain est liéeaux progrès de ses voies ferrées. Rar là, il a développé sa valeurnationale et créé sa valeur mondiale. La Colond)ie britanniciue avait exigé un chemin de fer pour entrer dans IL'nion fédérale il871; ses rails transportèrent les troupes expédiées d'Ottawa pour ré-
(1) Elail-ce l'cITet du mrcoiitentemenl provoqué par tes dépenses qu'avait exigées Chamberlain pour la guerre sud-africaiiie, ou par la réquisition, en vue de la guerre de Chine, des croiseur» du Couinions eallli (l',H)0) '.'
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duire la révolte de la Saskatchewan, dirigée par Louis Riel (1885). A partir de 4886, la ligne principale, le Canadian Pacific Railway, raccordée à Montréal avec llntercolonial Railway ^qui mène à Halilaxi, et ses embranchements, ont amené les émigrants sur les lois de terre alloués ou vendus par le gouvernement et par la Compagnie. Le chemin de fer a peuplé la « prairie »), hâté la création de provinces nouvelles : du Manitoba, des deux Saskatchewan et de TAlberta. Mais le fait essentiel, c'est qu'il a constitué, longtemps avant le Transsibérien, la voie la plus courte entre lEurope occidentale et l'Extrême Orient asiatique. Aujourd'hui, il conserve cet avantage d'être la route anglaise par excellence, prolongée de Québec vers Liverpool par les paquebots de la métropole et, à travers le Pacifique, par des services que subventionne le Dominion, vers l'Australie, le Japon et la Chine du Sud.
Ce fut l'œuvre commune des deux partis fédéraux, et d'abord de Mac Donald, chef des conservateurs protectionnistes, premier ministre jusqu'à 1873; puis de Mackenzie, chef des libéraux libreéchangistes, jusqu'à 1878. Comme en Australie, les organisations politiques recouvrent des intérêts économiques, avec cette différence qu'ici les habitudes déjà anciennes de propriété du sol et le caractère persistant de la société agricole les incitent moins aux expériences sociales. C'est ainsi que les conservateurs se défient des États-Unis, se sont, dès leur rentrée au pouvoir, défendus contre leurs importations par des droits de douanes élevés (1879;, s'indignent contre les tarifs Mac-Kinley de 1890 qui leur apparaissent comme une menace directe contre leur indépendance. Cependant, la nécessité d'assurer de plus larges débouchés aux produits du sol canadien ramenait en 1896 une majorité libérale à la Chambre des Communes d'Ottawa, et sir Wilfrid Laurier, Franco-Canadien très respectueux de l'autonomie provinciale, premier ministre, inaugurait par l'abaissement des tarifs une politique qui devait le conduire à une interi)rétation assez personnelle du pacte fédéral.
A l'intérieur, il a mis fin à la crise du Maniloba, causée par la question des écoles. Cette province, en immense majorité protestante, prétendait rompre avec le système des subventions aux écoles, confessionnelles ou non, en les refusant aux écoles catholiques. Le gouvernement fédéral donna raison aux réclamations des évêques, mais le gouvernement |)rovincial refusa de s'incliner. Le ministère Laurier trouva un compromis inspiré des tractations de Belgique : pour recevoir une subvention, les écoles doivent être ouvertes à tous ; l'enseignement religieux y est donné à la demande du dii-ecteur de l'école et d'un nombre déterminé de
CHAIMTIIK \
parents Cet aiiangenionl, qui- réprouvent les évùques catholiques, a ù[v adopte dans presque toutes les autres provinces.
A l'extérieur, Laurier ne s'est pas contenté de réduire les tarifs d..uaniers. qui avaient le plus largement alimenté jusqu'alors le budget des recettes ; d a inauguré une politique de traités de commerce, notamment avec la France, et s'est contenté de faire bénéticier la Grande-Bretagne de tarifs préférentiels, lui 1897, il appuyait seul le i)rojetdc Chamberlain en vue d'une Fédération impériale douanière. Depuis, il parut se raviser et, tout en proclamant très /on!/'," '*'^^''"'"^ «'^-'^^^ fli'^ l'^ .néiropole reconnuten supprimant (1900) la garnison de Halifax, et que garantit au surplus l'intérêt du pays, il n'hesitait pas, dans l'ordre économique, à se targuer d'une indépendanre |)arfaitement égoïste, pour la défense de cet intérêt