‹ Histoire politique du XIXe siècleChapitre 65 sur 96 · II. — Pie IX, pâpe-roi · texte numérisé non relu

II. — Pie IX, pâpe-roi

Pape pendant trente-deux ans. Pie IX a vécu l'un des plus longs pontificats de l'histoire, atteignant presque ces « années de Pierre» qu'au jour de leur couronnement les chantres de la basilique vaticane prédisent aux nouveaux élus qu'ils ne verront pas. Le dernier, il a gouverné des territoires ; il les a perdus, avec la monarchie temporelle, l'année même où le dernier concile œcuménique achevait à son profit l'organisation de la monarchie spirituelle. Il est au point capital de ce grand changement.

Le pape Pie IX. — Un précédent chapitre (1) a expliqué au milieu de quelles espérances le cardinal Mastaï Ferre tti, archevêque-évôque d'Imola, sans attaches avec la cour de Grégoire XVI, avait pris le souverain pontificat (16 juin 1846). 11 avait lu Gioberti, on le savait. Les libéraux unitaires qui, depuis 1831, saluaient dans Rome la future capitale italienne, s'exaltaient à l'idée que le « pape libéral », appuyé sur le clergé patriote, et d'accord avec Charles- Albert de Piémont, réaliserait la « primatie » d'une nationalité

(Ij Voir tome I, cliap. xvii, § 1.

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alTraiicliie ciilin de la domination étrangère. Les premiers actes du règne conlirmùrent ces a speranze d'ilalia ». Pie IX licenciait sa garde suisse et rendait à la liberté plus de d.OOO condamnés politiques, ])arnii lesrpiels Maniiani (qu'il ap[)elait au ministère, i mai 48-48). D'un abord i'aciie et gracieux, il excita l'enthousiasme en promettant de mettre lin aux abus pai' des réformes appropriées. (( Ce courageux rélormateur des abus du gouvernement temporel, écrivait Ozanam (2!) janvier 1847), semble vraiment envoyé de Dieu

poui- conclure la grande affaire du .XIX^ siècle, l'alliance de la religion et de la liberté. » Son nom servit de cri de ralliement aux premiers qui entreprirent en 1848 de libérer l'Italie septentrionale ; l'hymne : Viua Pio nono ! devint un chant national. Cependant, il mettait en vigueur le Slnliil fondamental pour le gouvernement temporel de VÉtat de V Église (14 mars 1848) qui instituai! deux Conseils, l'un de cent députés censitaires, l'autre de pairs nommés par le souverain, avec un ministère et un Conseil d'État laïque ; quand il donna l'ordre au général Durando d'appuyer avec l'armée pontificale l'etTorl de Charles-Albert en Lond»ardie contre Radetzky, l'enthousiasme devint du délire.

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