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plus derrière lesquels sahritait la camarilla des deux reines : le duc de Rianzarès et l'archevêque de Tolède Cirilo de la Alameda, les PP. Fulgencio et Claret et la sœur Patrocinio.
Quant au mari de la reine, il ne comptait guère. C'étaient les modérés qui avaient conclu le mariage, dont se préoccupaient depuis longtemps les chancelleries européennes. Quelques-uns songeaient à réconcilier les deux branches des Bourbons par une union d'Isabelle avec le comte de Montemolin ; mais les deux partis accueillirent fort mal le projet. A l'étranger, Palmerston tenait pour le prince Léopold de Saxe-Cobourg, cousin de la reine d'Angleterre, tandis que Louis-Philippe proposait son dernier fds, le duc de Montpensier. Ce l'ut Isabelle qui décida en faveur de sou cousin don François d'Assise, duc de Cadix, qui avait, comme colonel de cavalerie, combattu contre les carlistes. Le mariage eut lieu le 10 octobre 1846; le même jour, Luisa- Fernanda, sonir de la reine, épousa le duc de Montpensier.
Ni l'un ni l'autre n'étaient populaires : François à cause de ses accointances avec les modérés d'extrême droite, Montpensier à cause de ses origines françaises. Ils ne furent pour rien dans les intrigues qui mirent fin en 18n4 au gouvernement des modérés.
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DE Mo.NTPENSIER
Les progressistes et l'IInion libérale. — Une révolution à la fois militaire et i)opulaire causa leur disgrâce. Des luttes parlementaires avaient rempli l'année 18S3 : Corfès prorogées à la suite d'un vote de défiance dirigé surtout contre la reine-mère, budget l)romulgué par simple décret, emprisonnement des opposants, Madrid en état de siège. O'Donnell improvisa la solution en soulevant dans la capitale la cavalerie de la garnison. Jusqu'au dernier moment, Sartorius avait laissé tout ignorer à la reine ; furieuse, elle le remplaça parCordova. MaisCordova ne pouvait rien contre l'émeute qui pilla le palais de Christine, ni contre O' Donnell, qui venait
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d'adoplrr \r proj^raniiiir des pioij^rcssislcs irdijj^é par l'un des jeunt's tiu parti, Canovas dcl Caslillo {programme du Manzanarès). Le 28 juillet, O'Donnell, d'accord avec Espartero, forçait Isabelle à exiler sa mère et coiivoiiuait les Corlès de I83i qui devaient restaurer la constitution de 1837 et rélablir les libertés des villes municipales.
Espartero, président du Conseil, ne s'entendit pas lonf,'temps avec O'Donnell; il ne sut pas davantage en imposer à la minorité républicaine qui, pour la première ibis, s'organisa dans les (Portés, ni mater la turbulence des grandes villes. En I85(), O'Donnell le con- Iraiguit à ipiitler le pouvoir (14 juillet), sans réussir à le garder lui-même au delà du 1*2 octobre. A cette date, une intrigue de palais ramenait au ministère Narvaez et les moderados. O'Donnell s'avisa dès lors avec Posada Herrera de former entre les centres et les modérés des anciens partis une coalition qui s'appela V Union libérale. L'Union imposa son chef (25 octobre 1857) qui, appuyé aux Cortès sur sa fidèle u brigade irlandaise », constitua le plus durable des gouvernements du règne jusqu'à 1863, et, après interruption de 1863 à 1865, jusqu'à 1866.
A l'intérieur, ODonnell, désireux de vivre avec l'appui de la reine, reprit la politique religieuse des modérés, n'inquiéta pas les ordres monastiques qui purent fonder de nombreux couvents, favorisa de plus l'immigration de capitaux français qui s'employèrent aux travaux publics. A l'extérieur, les modérés avaient consolidé la domination es])agnole dans les archipels d'Extrême-Orient, réduit en 1850 le soulèvement cubain du maréchal de campLopez, qui lira vainement de New-York et de .Xouvelle-Orléans de l'argent etdes hommes pour venir se faire battre à Cardenas ei à Las Pozas, prendre et fusiller avec cinquante compagnons. Les représentations des Etats-Unis avaient contraint Isabelle à gracier 176 prisonniers. En 1847, le "maréchal Concha, avec l'i.OOO hommes, avait aidé la maison de Cobourg- Bragance à se maintenir en Portugal contre les révolutionnaires d'Oporto. Avec la France, O'Donnell prit part à l'expédition de Cochinchine (1858). Mais surtout, habile à llatter le point d'honneur national, il ramena les Espagnols sur la terre de la croisade i)ar l'expédition du Maroc.
La g-uerrc du Maroc ( I8i>î)-18(>0). — Glorieuse pour les armes espjtgnoles, la guerre du Maroc s'avéra stérile en politique. Les 45.000 hommes débarqués à Ceuta, en trois corps, devaient occuper la côte et notamment Tanger et Tétouan ; pendant six semaines, ils restèrent accrochés au préside, exposés aux attaques
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furieuses des Rifains et des réguliers marocains (19 novembre- 30 décembre). Passés enfin à l'offensive fl®"" janvier 1860 1, mais exténués par des combats et des marches que ne savait pas ravitailler un très défectueux service d'intendance, ils ne pénétrèrent dans Tétouan que le 5 février. Le il mars, après l'échec des négociations pour la paix avec le chérit", il fallut à O'Donnell défendre sa conquête contre l'assaut mauresque, le briser enfin à Guad-el-Bas (23 mars . Déjà 8.000 hommes avaient succombé. O'Donnell, duc de Tétouan, qui avait d'abord demandé au Maroc des territoires et 200 millions de réaux, dut se contenter, en présence des observations de l'Angleterre, de la.moitié seulement de cette indemnité. — La conquête, assez facile, de la République Dominicaine par Serrano ne constituait qu'une compensation, d'ailleurs précaire (car les troupes, très éprouvées par la maladie, l'évacuèrent en 1861). — Au Mexique, O'Donnell, prudent, refusa de suivre la France après que Prim eut signé avec le gouvernement de Juarez la convention de la Soledad (18 février 1862). C'étaient là des entreprises sans profit; O'Donnell succomba sous la réprobation des Cortès (2 mars 1863).
De la dictature à la révolution. — Avec la chute du gouvernement régulier d'O'Donnell s'annoncèrent les jours d'épreuves pour la monarchie, dont recommençaient à disposer l'entourage royal et les favoris du moment. Rientôt l'emportèrent les revenants du parti moderado : Arazola après Concha, puis Mon-Canovas, et Narvaez de nouveau après une dernière apparition d'O'Donnell, paralysé par des difficultés insolubles avec le Pérou (1864-1866). En même temps, l'Union libérale se disloquait. Fatigués de se voir exclus du pouvoir par les camarillas, les progressistes se mirent à conspirer, s'allièrent avec les démocrates, parti nouveau qui grandissait dans la capitale et dans les grandes villes. Pour commencer, ils dénoncèrent les s[)éculations auxquelles se livraient les gens du palais dans la vente des domaines royaux, conspirèrent avec l'appui de l'armée et de certains corps municipaux et avec l'approbation du duc de Séville, frère du roi François, voire du duc de Montpensier. Les ministres se raidissaient, poursuivaient les opposants (dans un court et dernier passage au pouvoir, juin-juillet 1866, O'Donnell essaya vainement de ramener les progressistes), faisaient exiler ou condamner par contumace Prim, Topete, Castelar, Rivero, Sagasta, Martos, Zorrilla, privaient le duc de Séville de ses droits princiers, exilaient encore Serrano, président du Sénat, Rios Rosas, président de la Chambre, même le duc et la duchesse de Montpensier. Narvaez dirigeait ces exécutions qui exaspéraient les révolu-
lioiiuairt'st't laisaient le vide aiilour <lii IrAno. l'iie preniirrc révolte mililaire l'iisanglaiila Madrid (juin 18G6). Gonzalez Bravo, (jiii prit le pouvoir après la niorl de Narvaez i''23 avril 1868) et qui accepta comme miuistre des Colonies le l'avori de la reine, Marfori, crut tout sauver en tendant les ressorts d'une sorte de dictature civile, et parer aux pronunciamientos en mettant au préalable les généraux en prison. La méthode |)laisail à Isabelle (pu se vantait d'être une pure Espafj^nole, de celles « cpii portent un poignard à la jarretière », et daiuier à combattre n l'ace à face et à mort ». Cette satisfaction lui futri'fusée. La révolution éclata à Cadix, où
l'amiral Topete insurgea la Hotte au nom de la (( souveraineté nationale » (18 septembre 1868).
Aussitôt, Bravo démissionna. De Saint-Sébastien, la reine chargea Concha de mettre Madrid en état de défense. Mais la })opulation se soulevait, formait des juntes révolutionnaires qui distribuaient des fusils et des munitions. A l'appel de Prim, les ports de la Méditerranée désertaient la cause royale et Serrano soulevait l'Andalousie.
11 battit au pont d'Alcolea (29 seplendjre'l 868) les troupes régulières de Novaliches qui se défendirent piètrement, et rallia celles de Parades dont la lidélité n'allait pas juscpi'à riiéroïsme. Isabelle n'insista plus. Elle quitta Zaranz pour la frontière frant-aise avec le prince des .\sturies, les infantes, le P. Glaret et Marfori, gagna Biarritz, où Napoléon III la rc(;ut. Elle s'installa au château de Pau; première étape d'un exil pour lequel elle se sépara détinitivement de don Fram^ois d'Assise de Bourbon (mars 1870).
Nauvaez (1800-1868)
II L — La crise républicaine (1868-1875^.
Les Cortî'S constîtiiaiites de lîUîO. — Vno fois encore le pouvoir revenait aux généraux, à Serrano (pii établit avec Prim, ministre de la Guerre, un gouvernement ju'ovisoire. Son premier
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acte fut de décréter, avec la liberté des cultes et de la presse, le suffrage universel pour les élections aux Cortès constituantes. Or, si la niasse du pays avait accepté la révolution de septembre, elle n'avait aucune idée sur ce qu'il convenait d'organiser. Les chefs n'étaient pas d'accord ; le parti républicain s'agitait dans le vide. Les élections, très tumultueuses, envoyèrent aux Cortès une majorité de progressistes qui, dès la première séance (11 février 1869), confirma la présidence du Conseil à Serrano et décréta le rétablissement de la royauté. La constihifion du 6 Juin en exclut les Bourbons à perpétuité, proclama les libertés inscrites dans le projet du Manzanarès (y compris la liberté des cultes) ; le 25 juin, Isabelle, conseillée par les progressistes qui travaillaient pour la monarchie (( tempérée », Canovas del Castillo et de Molins, abdiqua en faveur de son fils Alphonse.
Mais Serrano, régent, confia la présidence du Conseil à Prim qui, dès le mois de mars, avait amorcé par son ami Salazar la candidature au trône d'un prince allemand, Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen. Le clergé, hostile à la constitution qui refusait au catholicisme les prérogatives d'une religion d'État, menait campagne en faveur de don Carlos, duc de Madrid, âgé de vingt et un ans, neveu du comte de Chambord et petit-fils du prétendant de 1834. Mais Napoléon III y répugnait, ainsi qu'à la candidature du duc de Montpensier que Topete défendait avec ardeur. Tout en protestant qu'il ne voulait pas dicter le choix des Espagnols, il les égarait sur des noms destinés dans sa pensée à réaliser l'union de la péninsule 1) sous une royauté latine : celle du roi douairier de Portugal, Ferdinand de Saxe-Cobourg, qui refusa trois fois (avril 1869-juillet 1870), celle du roi son fils, don Luiz, trop avisé pour croire à la possibilité de l'union. Solutions aventureuses dont l'Angleterre au surplus ne voulait pas. Au défaut du duc de Gênes, frère de Victor- Emmanuel, restait l'intrigue Hohenzollern que Bismarck entretenait avec soin. Prim la poussait pour mettre fin aux émeutes déchaînées depuis mai 1869 par les républicains et les carlistes. La guerre franco-allemande en sortit; Bismarck essaya même d'en tirer une collaboralion militaire contre la France (octobre 1870). Prim comprit alors quel rCAe européen il avait joué à son insu. Il se retourna vers la maison de Savoie, dont les troupes venaient d'entrer à Rome, et proposa le second fils de Victor-Emmanuel, Amédée. Le prince, que les Cortès élurent en novembre par 191 voix (sur 311), débar-
{i) Il avait essayé de faire aiimeltre l'Espaj^ne parmi le'^ gramles puissances, après la guerre du Maroc.
{[Uix le 30 déccMiibre à Cai'tliag:ènc. Le iiK^ine jour, à Madrid, Prim (^lait assassiné.
La royauté crAuiédée I" (2 janvior U{71-11 février 1878). — Carlistes el républicains repoussaient également Amédée. b"'', élu d'une minorité assez indilTérente à le soutenir. Le elergé lui reprochait d'èlre le fds de Victor-Emmanuel, que O'Donnell lui-même avait pris son temps poui' reconnaître comme roi d'Italie; l'aristocratie s(^ morpiait de sa vie sans faste; le peuple ne comprenait pas sa répugnance à l'endroit des jeux d(> l'arène et des courses de taureaux. Les élections, menées par Serrano, président du Conseil, n'empêchèrent point une forte minorité antidynastique de pénétrer aux Cortès (3 aofit 1871). La session, stérile, se passa en remaniements ministériels, qui attestaientla désorganisation profonde du parti libéral (cabinets Zorrilla, Malcampo, Sagasta). Les Cortès de 187'-2 renversèrent Sagasta, empêchèrent Serrano de gouverner, rendirent la tâche presque impossible à Zorrilla, qui tentait de restaurer une administration. Zorrilla les renvoya, en fit élire de nouvelles dans lesquelles il posséda 1"20 voix de majorité.
Au milieu des émeutes militaires, Zorrilla s'efforça d'assainir les finances par un arrangement avec des banques françaises, et de résoudre la question coloniale en affranchissant les esclaves des Antilles moyennant indemnité aux propriétaires. Quand il voulut toucher aux privilèges du « corps royal de l'artillerie », il succomba. Le « corps » avait décidé d'ignorer le général Hidalgo, nommé capitaine général des provinces basques, parce qu'il avait pris part aux émeutes de 1S66 à Madrid. Zorrilla, pour ne pas heurter de front les officiers qui désertaient les réceptions d'Hidalgo, le nomma en Andalousie avec avancement. Les officiers d'artillerie démissionnèrent. Le ministre, soutenu (malgré le roi) par les Cortès, y trouvait l'occasion de réformer le corps en défendant la discipline. Amédée signa le décret de réforme, mais abdiqua (M février 1873).
La République (11 février 1873-28 décembre 1874.) —
Pas plus que le parti progressiste qui avait al)andonné Amédée, les républicains ne possédaient de bases sérieuses dans le pays. Leur régime, toujours précaire, dégénéra tout de suite en anarchie. Ils ne s'entendaient même pas sur les grandes lignes du gouvernement. Un groupe éla.il fédéraliste (Pi y Margall), rêvait de l'aidonomie pour les anciens royaumes; un second se disait /■a(/àv//-««//<///r(Castclar); un troisième, républicain conservaleiir (Serrano et Salmeron); le groupe du général Pavia préconisait la dictature. Au dehors, Téman-
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cipation des esclaves à Porto-Rico ne s'accomplissait pas sans troubles. Cuba, depuis 1868, se trouvait en révolution; les carlistes, arrêtés en mai 1872 par Serrano grâce à la convention ciAmoreviela, reparaissaient dans les provinces basques avec le prétendant soutenu par le clergé. Les Cortès, expression de la minorité des électeurs, portèrent l'un après l'autre à la présidence et renversèrent les chefs des trois partis. Après Figucras et un ministère de concentration, Pi y Margall, l'homme des fédéralistes, fut élu président do la République. Mais ce fédéralisme n'était qu'un mot. Les villes d'Andalousie (Malaga, Grenade, Cadix, Séville) et de la Méditerranée (Carthagène) s'organisèrent en petites républiques, refusèrent obéissance à la Castille, s'armèrent pour la guerre civile. Les républicains recoururent à Castelar (7 septembre) pour mater la guerre civile (Pavia vainquit successivement tous les « cantons d d'Andalousie, juillet-septembre), rallier les officiers d'artillerie et reconstituer l'armée, assurer une administrationrégulière, résoudre les difficultés intérieures. Mais, à la rentrée des Cortès, les fédéralistes le renversèrent pour élire Salmeron (^2 janvier 1874). Pavia, capitaine général de Madrid, occupa militairement la capitale, ferma les Cortès, imposa Serrano comme dictateur. Serrano se llattait de rallier toutes les forces conservatrices. Du moins il vainquit le cantonalisme de Carlhagène, qu'assiégeaient depuis octobre Martinez Campos et Lopez Dominguez, et qui céda le 13 janvier. Mais il échoua devant les résistances carlistes.
La g:uerre carliste (1868-1874). — Don Carlos avait protesté contre la royauté d'Amédée ; dès le début de 1872, les premières bandes apparurent dans les provinces du noi'd. Contre elles, Amédée envoya Serrano qui battit le prétendant à Oroquiela (4 mai), mais aussi négocia la pacification d'Amorevieta. A la fin de l'année, tout semblait réglé; tout recommença après l'abdication d'Amédée. En février 1873, Dorrégaray insurgea de nouveau la Biscaye, prit Orbaïcela et Onale, réunit 20.(iOU hommes pour le compte de Carlos arrivé de France en juillet. Au défaut de Bilbao, il prit Eslella pour capitale, s'ouvrit la route de Madrid que gardait à peine la petite armée de Moriones (septembre 1873). Pourtant il crut plus avantageux de s'assurer un port par où viendraient renforts et armes, et il s'acharna au siège de Bilbao (février-mai 1874). Ni Moriones ne put l'empêcher de le bloquer, ni Serrano forcer l'assiégeant dans ses lignes (27 mars); seul le maréchal Concha en eut raison. Mais le 27 juin, Concha succombait sous les murs d'Estella. Le carlisme s'étendit alors jusqu'à Valence à travers la