‹ Histoire politique du XIXe siècleChapitre 8 sur 96 · Les dictatures militaires · texte numérisé non relu

Les dictatures militaires

Espartero rég-ent (184J-1843). — Désormais, les généraux agiront en vrais maîtres du gouvernement, à la seule condition de pouvoir seconder (ou provoquer) les mouvements populaires avec des troupes bien en main {proniinciamienlos). Espartero lui-même, le vainqueur des carlistes, régent le 8 mai 1841, ne put, malgré toute sa popularité, se maintenir au delà de deux années. Il avait réussi à se débarrasser de Xarvaoz, le pacificateur de la Manche, rival possible, en l'impliquant dans une sédition sévillane ; il ordonna de fusiller des officiers qui, soit à Madrid, soit dans les |)rovinces fuéristes du nord, avaient api)uyé des rébellions d'opposants (7 octobre). Puis il supprima les fueros. Restaient O'Donnell et Coucha, d'autres encore qui correspondaient avec Christine et Narvaez, donné comme chef du parti modéré. 11 fallut au régent bombarder les républicains de Barcelone, dissoudre deux fois les Cortès qui renversaient tous ses ministères, Rodil après Gonzalez, Lopez, Becerra, subir la rupture diplomatique avec la France,

CHAPITHH ri

tandis que ses complaisances pom l'Angleterre (qui aurait volontiers |»i-is possession d'Annoboii et de Fernando-Po) le rendaient

suspect aux j^atriotes ombrageux. Km mai IHW, Prim et O'Donnell insurgèrent les grandes villes de l'est et Séville, contre laquelle Espartero mena ses troupes. Narvaez, accoviru de Paris, en profila pour occuper Valence et marcher avec le général Aspiroz sur Madri<l, où il entra le 23 juillet. Le régent, abandonné de ses troupes, s'embai'qua pour r.\ngle terre.

Esp.MiiEiio (1793-1879)

Gouvorneniont de Narvaez et des modérés. —

Malgré les résistances des progressistes, qui crurent avec Olozaga éluder la chutt' en proclamant Isabelle II majeure (8 novembre 1843;, Xarvaez s'inqjosa comme président du Conseil (2 mai 1844). Tenu en disgrAoe pendant les dix dernières années de Ferdinand VII après avoir servi dans rarméc constitutionnelle, il ne lui convenait guère de se prêter à une réaction qui venait, à la faveur de l'état de siège, de massacrer à Madrid plus de 200 progressistes, de rappeler Marie-Christine, et qui se proposait de restaurer un régime antérieur au besoin au Statut de 1834. Narvaez, parla Conslilalion de ISiî), rendit au souverain, assisté diin Conseil d'État et d'un ministère (qu'il composait à son gré), la réalité du pouvoir avec la nomination des maires. C'était restaurer l'autorité de Christine, rentrée en Espagne en décembre 1843. Hostile aux intrigues anglaises, défiante de l'élément progressiste (elle quitta l'Espagne quand Espartero revint occuper un siège au Sénat, 1847), elle assura presque constamment pendant douze années le ministère aux modérés : Isturitz après Narvaez (avril 1846), Narvaez encore (3 octobre 1847) qui, après le court ministère progressiste du général Serrano, réprima une tentative du (ils de don Carlos, le comte de Montemolin, et de Cabrera pour ressusciter la guerre carliste (1848); Bravo Murillo janvier l8ol), qui s'imposa par une dissolution desCortès i)our appliquer la politique personnelle de la reine; Roncali, I.ersundi, Sartorius(8avril 18f)3'. Simples |)aravents au snr-

Page 1