‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 104 sur 217 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

âmes camarades en peine, vous ne savez donc pas battre monnaie? Vive le mandat impératif! par ce moyen-là nous aurons bientôt de l'or plus que nous ne pourrons en dépenser. Une heure après, je me présentai chez un particulier riche comme un Crésus, mais avare comme un Lyonnais marchand de drap; je lui demandai les dix mille livres qui nous faisaient faute. Le particulier fit un saut de surprise : Dix mille livres, dit-il, mais y pensez-vous, bonne dame de Fourvières ! où les prendrais-je, bon Dieu?

» — Où tu voudras, lui répondis-je, demande-les si tu veux à ta bonne Dame et à ton bon Dieu ; mais au nom de la loi il me les faut : si tu me les refuses, c'est bien, n'en parlons plus, mais dans trois heures j'irai te les demander sur la place des Terreaux, au pied de la guillotine qu'on va mettre en permanence. A ces mots, le particulier, tremblant comme s'il eût la fièvre, me délivra les dix mille livres demandées. sainte guillotine, que tu as de vertus! Jamais, non jamais remède n'opéra si vite.

» Soyez tranquilles, chers camarades, ajoutait-il, nous aurons de l'argent plus que nous voudrons, tant qu'elle sera permanente. »

Aux hommes du comité de salut public il fallait autre chose que de l'argent arraché par la force à la faiblesse, par l'audace à la crainte; autre chose que des citoyens enlevés au foyer de leur famille, pour aller se faire tuer par es paysans rebelles et dont ils partageaient en partie les opinions. A ces hommes, qu'avaient exaspérés les résistances des contre-révolutionnaires, il fallait de nouvelles v'ctimes. Challier se mit en devoir de leur en donner encore ; il compléta les listes de spoliation par de nouvelles listes de proscription, sur lesquelles il inscrivit des noms, beaucoup de noms. Il rédige celle du quartier qu'il habite, et il l'intitule :

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