‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 119 sur 217 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Fa allumée, si ce n'est vous? n'importe, vous aurez la paix. — Quelles sont vos conditions, général? — Allez dire à ceux qui vous envoient que les sections victorieuses sont prêtes à cesser les hostilités, mais que nous voulons avant tout la suspension de la municipalité entière"; vous aurez ensuite à détourner les canons de THôtel-de- Ville; puis les troupes de ligne, et les Jacobins qui ont pris fait et cause contre nos bons droits, défileront devant nous sans armes et sans drapeaux; allez.

Duchambon, Riard, Challier, Juillard lui-même, trouvent ces conditions trop dures; ils consentent bien à la suspension de la municipalité, à détourner leurs canons; mais ils aiment mieux mourir que de défiler sans armes devant leurs vainqueurs. Gauthier se présente en personne à Madinier pour obtenir des conditions meilleures; peu s'en fallut alors qu'il ne fût immolé à la vengeance publique. Plusieurs sabres étaient levés sur sa tête , il n'échappa k une mort certaine que par le généreux concours d'un grand nombre de grenadiers des sections victorieuses; on ne put le sauver qu'en l'entrainant à l'Arsenal.

Telle était à sept heures et demie du soir, la position respective de l'armée des sections et des partisans de la municipalité. De nombreuses victimes gisaient sur les différents points où la lutte s'était prolongée, mais la victoire brillait définitivement sous la bannière où l'on voyait inscrits ces mots : Liberté, République, la loi powr tous. Le feu s'était éteint de part et d'autre. A huit heures, les représentants du peuple, réunis à l'Arsenal aux administrateurs du département, envoyèrent au comité des sections un arrêté qui suspendait de ses fonctions le conseil général de la commune, avec invitation de le faire proclamer et parvenir à l'hôtel commun. Le même arrêté maintenait le citoyen Madinier dans sa qualité de commandant général provisoire, et ordonnait à tous les citoyens de lui prêter obéissance.

Deux heures après, le président Fréminville reçut une lettre de la municipalité; elle était ainsi conçue:

« Citoyens, i>énétrés des malheurs qui désolent notre cité, nous « ne doutons pas que vous ne soyez de même. En conséquence , nous » vous proposons de faire une suspension d'armes pour jusqu'à

« demain, jour auquel nous espérons que nous nous embrasserons » tous.

» Signé : Les membres du district et du département^

w Thonion, Maillaî^, Bertrand, maire; âghard, Bertaghon, » Bourbon, procureur-syndic.

« P. S. Si vous voulez nous rendre les représentants du peuple « et les autres prisonniers qui sont allés vous porter des paroles de « paix, nous vous rendrons ceux que nous avons faits.

« Signé : Thonion et Pipon. »

Cette lettre ayant été communiquée aux représentants du peuple et aux corps administratifs, ceux-ci persistèrent dans leur arrêté. Le comité des. sections répondit imniédiatement à la municipalité.

« Citoygis, notre réponse à votre lettre consistera dans l'arrêté » des corps administratifs supérieurs, réunis aux représentants du » peuple. Nous vous invitons et requérons au besoin de vous confor- » mer à cet arrêté, et de cesser sur-le-champ toutes fonctions, de « renvoyer une force qui n'aurait jamais dû être requise contre les » citoyens. Nous vous promettons qu'elle ne sera point inquiétée dans »> sa retraite. Les citoyens représentants du peuple sont libres, au y» milieu des administrations du département et des districts réunis ; » nous requérons que leur secrétaire soit immédiatement envoyé » auprte d'eux, conformément 'à leur arrêté; nous reqiiérons égale- « ment que vous exécutiez Tordre qui vous a été donné par les ciw toyens représentants du peuple, de remettre en liberté ceux que » vous retenez si illégalement depuis hier, et ceux que vous retenez » depuis ce jour.

» Signé : Les commissaires des sections réunies dans la w ville de Lyon. »

Les sections réunies voulurent autre chose encore que les intimations de cette notification ; ils invitèrent les représentants du peuple et les administrations réunis, à ordonner la mise en arrestation du conseil général de la commune et des autres citoyens reconnus tous coupables d'avoir excité la guerre civile.

Tandis que les citoyens Rozier, administrateur du département

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