‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 147 sur 217 · CHAPITRE XXil. 26t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXil. 26t

» Citoyens, la liberté ne peut périr que par ranarchie ; c'est ce « dernier ennemi que vous êtes appelés à combattre. Une faible mi- » norité de la représentation nationale, à l'aide de quelques brigands, » voulait nous asservir. Votre déclaration réveillera dans tous les » cœurs républicains le sentiment de leurs droits et de leurs devoirs...

» Nous ne dirons plus qu'un mot : ne craignez pas de

» prendre des mesures vigoureuses contre les scélérats ; arrachez 9 d'une main hardie le masque dont ils se couvrent; tonnez contre » eux avec force^ et à votre premier signal nos bras seconderont » fortement vos mesures. Nous déposons sur le bureau le procès- » verbal d'adhésion de «notre conunune. »

Le président, chargeant l'un des secrétaires, député du canton de l'ArbresIe, de témoigner à la députation les sentiments de l'assemblée, répondit lui-même en ces termes :

« Citoyens, vous l'avez dit : c'est l'anarchie, c'est ce monstre qu'il » faut combattre, qu'il faut terrasser. Les partisans ont renversé la

• représentation nationale; ils veulent, dans l'interrègne de l'anar- » chie, s'emparer de tous les ressorts, de toutes les facultés du gou- «vemement; ils veulent régner par le crime; ils veulent teindre la » France du sang des Français ; ils veulent nous livrer aux despotes et » aux tyrans coalisés^; ils veulent aussi , sous d'autres noms que «ceux d'autrefois, des distinctions parmi les hommes; ils veulent "des dhnes et des droits féodaux; mais, rassurez-vous, citoyens, la » liberté et l'égalité sortiront victorieuses. Reposez-vous sur cette » assemblée du soin des mesures de sûreté générale; nous saurons

* mourir & notre poste ou sauver notre patrie. L'assemblée vous invite »aux honneurs de la séance, venez recevoir le baiser fraternel. »

Un membre du comité de sûreté générale termina la séance par un rapport contre le citoyen Pillot, directeur des postes, qui détermina l'arrêté suivant :

« La commission, considérant que les circonstances actuelles exi- » gent- impérieusement de grandes mesures de sûreté générale et » particulière; considérant qu'il est de toute nécessité que les fonc- » tionnaires publics soient investis de la conGance;

» Considérant que diverses plaintes graves, énoncées fortement » dans le nombre de pétitions des sections de cette ville, contre le

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« citoyen Pillot, directeur de la poste aux lettres, nous ont con- » vaincu qu'il n'a point cette confiance sans laquelle il ne peut occu- » per cette place importante, d'où dépend peut-être le salut de ce « département;

» Considérant que le citoyen Pillot a été porté à cette place par » la faction désorganisa trice;

» Arrête que le citoyen Pillot sera suspendu provisoirement de » ses fonctions; charge les corps administratifs de faire rendre compte » audit citoyen Pillot de son administration jusqu'à ce jour, et de ^ pourvoir à l'exercice des mêmes fonctions ; arrête en outre que » toutes les plaintes et dénonciations, faites conti*e le citoyen Pll- » lot, seront renvoyées par-devant l'accusateur public et les tribu- » naux qui en doivent connaître, pour, ensuite, être statué ce qu'il » appartiendra, et ledit Pillot être destitué s'il y a lieu. »

La séance levée à midi et demi fut renvoyée à huit heures du soir, heure à laquelle elle fut ouverte par une députation du département de l'Aude, envoyée par les citoyens de ce département pour fraterniser avec ceux de Rhône-et-Loire. On reprit à huit heures et demie la discussion sur la force armée et les généraux qu'il convenait de nommer. D'après tous ses précédents arrêtés sur la force départementale, et les moyens de résistance qu'elle voulait opposer à l'oppression, la commission arrêta qu'il serait nommé un général en chef chargé de la formation de son état-major et de la nomination'' de tous ses autres officiers généraux. La commission proclama séance tenante, à l'unanimité, pour général en chef de la force départementale, un vieil officier, réputé par sa bravoure et son courage autant que par ses talents militaires, le citoyen Perrin-Précy.

Elle chargea ensuite son comité de sûreté générale de donner, sans délai aucun, connaissance de cet arrêté au citoyen qu'elle venait de choisir pour commandant en chef.

Les Lyonnais continuaient à seconder de tous leurs efforts le patriotisme et le dévouement de leurs chefs, il y avait entre «ux et la commission populaire communauté d'intérêts, de pensée et d'action. Ce même soir, une députation de la section de Guillaume Tell fut introduite dans la salle des délibérations ; el^e venait déclarer qu'elle adhérait à toutes les mesures de sûreté générale que les

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