CHAPITRE m
SOMMAIRE : Vues des royalistes sur Lyon. — Conspiration pour ramener les princes. — Rapport de Voidel. — Élection d'une nouvelle municipalité. — Détails sur Chàlier, Laussel, Bottin, etc.
La fin de Tannée 1790 justifia les prévisions dont madame Roland se faisait Técho. Les royalistes de l'intérieur et de l'extérieur avaient les yeux fixés sur Lyon. On songeait à en faire le centre de la résistance, à profiter de la situation géographique de la ville, et des dispositions du peuple. Le projet de M. de Maillebois, dénoncé par son secrétaire au comité des recherches, indiquait Lyon comme rendezvous des troupes sardes qui devaient entrer dans le Dauphiné par Embrun , dans le Lyonnais par la Savoie, dans la Provence par Nice, pendant que Louis XVI s'échapperait de sa capitale rebelle.
Trois hommes d'un courage éprouvé et d'une énergie peu commune reconstruisirent ce plan avorté, c'étaient MM. de Jorjoyes, le marquis de Ghaponnay et le chevalier de Pommelles, faisant partie tous les trois d'une société royaliste organisée à Paris sous le titre de : le Salon français. Après en avoir tracé le plan de concert avec ses deux amis, le chevalier de Pommelles le remit au mois de juillet à monseigneur deSabran, évéque de Luçon; ce digne prélat l'examina, et s'empressa de le communiquer non point à madame Elisabeth, ainsi que l'assure l'abbé Guillon , mais à la reine elle-même, qui l'approuva sur tous les points, et en ordonna la prompte exécution. Marie-Antoinette prévoyait déjà la rapidité des événements qui menaçaient la monarchie, elle en avait calculé toutes les conséquences ; combien de fois, dans les' douceurs et les épanchements de la vie privée, ne s'était-elle pas