‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 176 sur 217 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

» nous n^avons d'autre vœu que celui du maintien de l'Égalité , de y la Liberté et de la République une et indivisible.

9 Malgré la manifestation la plus éclatante de ces principes , des » hommes pervers calomnient notre conduite et nos sentiments.

» Scandaleusement revêtus d'un pouvoir sans borne, de moder- > nés dictateurs osent disposer arbitrairement des armées de la Ré- » publique. Avides de richesses et altérés du sang français , déjà , » faute d'un secours qui était ea leur pouvoir, ils ont laissé égorger » nos frères des Pyrénées, et réduire en cendres nos villes et nos » places fortes; déjà ils parlent d'évacuer encore le Hont-BIanc et de » livrer aussi les Alpes.

» Méprisant assez l'armée pour croire qu'ils transformeront de » braves soldats en féroces meurtriers, ils ont Taudace criminelle » de faire marcher contre la République ses propres soldats. Les for- » ces destinées à combattre des ennemis étrangers vous environ- » nent et vous menacent.

» Levez-vous tous, citoyens! ne souffrez pas qu'on vienne ravir » vos propriétés, et un bien infiniment plus précieux , votre liberté. » Préparez- vous à combattre et à vaincre; quittez à l'instant toute » affaire, plus de sollicitudes domestiques et commerciales. Aux » armes I volez sous les tentes , retranchez-vous I présentez ce front » redoutable de Thomme libre qu'on veut opprimer; que, désespé- » rant d'une victoire atroce , vos ennemis se tiennent à une distance » respectueuse.

» Hommes riches qui , saisis d'effroi , abandonniez hier une grande » partie de vos biens à la tyrannie de magistrats sanguinaires, hésite- » rez vous aujourd'hui à faire des sacrifices pour la conservation » de vos femmes, de vos enfants , le maintien de votre existence , la » défense de votre liberté, la défense de la liberté publique? Cernés » déjà de toutes parts, attendriez-vous tranquillement que vos enne- » mis viennent à bout de vous subjuguer, et de n'avoir qu'à choisir » entre l'esclavage ou la mort?

» Citoyens! l'ennemi est à vos portes, il n'est plus temps de déli- » bérer, il faut agir; et toi, jeunesse superbe et guerrière, entends » la patrie qui t'appelle à haute voix! Guerriers, courez aux armes; » qu'une tente soit votre domicile, que les évolutions militaires de- » viennent votre seul exercice ; habituez-vous à ooucher sur la terre,

» à manger du pain de soldat-; accoutumez -vous à la tempérance, » qui fait les succès et la gloire des héros.

» Citoyens-soldats ! rappelez-vous que les défenseurs de la Répu- » blique française n'ont, jusqu'ici, résisté à des armées innom- » brables, pendant la saison rigoureuse, qu'en passant les jours et >» les nuits au milieu des frimas, et reposant sur la neige leurs corps » fatigués.

» Rappelez-vous la terreur qu'une poignée de Spartiates imprimait » À des millions d'hommes!

» Et vous, braves canonniers, qui avez si glorieusement contribué » au triomphe de la liberté sur l'anarchie , conduisez nos phalanges » avec ce courage ferme, ces talents exercés qui vous ont toujours » distingués; ouvrez-leur le chemin de l'honneur et d« la gloire, le » département tout entier vous adopte pour ses enfants, et récom- » pensera dignement vos services.

» Citoyens! vous vaincrez; mais prenez les armes aujourd'hui, » dans une heure; n'ayez plus d'autre espoir que la victoire , d'autre » amour que la liberté, d'autre famille que la patrie. '

» Fait et arrêté le 19 juillet 1793, l'an II de la République française.

» Signé: RAMBAUD, Président;

» Gras, FLORENTiN-PErrr, Delolle, Prost, Meywis » et FiGUREY , secrétaire. »

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