‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 205 sur 217 · CHANT DES CAVALIERS LYONNAIS · texte numérisé non relu

CHANT DES CAVALIERS LYONNAIS

Lyonnais, remplissons nos verres;

BuvoaSy amis, à verres pleins,

A la santé de tous nos frères»

Et à la mort des Crancéens.

Quels sont, grand Dieu ! ces cris d'alarmes ?

Braves soldats, aux armes ! aux armes !

Malheur aux s Jacobins, / , .

Vuilà, VOICI les Muscadm». )

Beaux cavaliers en campagne, Le sabre au poing, la bride aux dents.

Élançons-nous sur la Montagne, Point de quartier pour les brigands; Brisons sous nos talons de bottes, Écrasons tous les sans-culottes.

Tremblez donc, s Jacobins,

Voilà, etc.

En avant sur les baïonnettes,

Précy nous mène au champ d'honneur.

Tambours, battez ; sonnez, trompettes.

Déjà le lion est vainqueur.

Ivre de sang et de carnage.

Le tigre au loin rugit de rage.

Tremblez donc, s Jacobins,

Voilà, etc.

Pour vos «Miidals du pacolilles Nos murailles seront d'airains,

CMAIMTUE XXX. 381

Et les (jucnouilles de nos Glles Seront trop lourdes dans vos mains.

Car, sachez que les Muscadines, Ont pour amants des carabines.

Tremblez donc, s Jacobins,

Voilà, etc.

Sous nos habits de cotonnade, battent des cœurs de vrai lion; Et si nous sentons la pommade, Nous sentons la poudre à canon.

Mais vous, c... lions de Sans-Culottes, Vous sentez le sang et la crotte.

Tremblez donc, s Jacobins,

Voilà, etc.

Oui, tremblez tous, coupeurs de tétc, Bourreaux de roi, buveurs de sang, Contre vous le lion s'apprête, II veut combattre un contre cent.

La mort n*est rien pour qui la brave, La honte seule est pour Tesclavc.

Honte à vous, s Jacobins,

Voilà, etc.

Crancé, viens donc, s canaille,

Prendre nos murs avec tes dents;

Nous te f de la mitraille.

Et toi tu nous f.. .... le camp.

Nous nous ferons de ta moustache, Un t.... c ; viens donc, grand lâche !

Tremblez, tous s Jacobins,

Voilà, etc.

Le canon gronde et nous rappelle

De la Déserte à Montcssuy;

Cavaliers, allons, en selle.

Vive Lyon, vive Prccy !

Un, deux, trois, bon ! partez muscade.

En avant quatre la grenade.

Tremblez, tous s Jacobins,

Voilà, voici les Muscadins.

La liaine contre-révolutionnaire qui avait inspiré le rimeur trouva un écho fidèle dans le cœur de ses frères d'armes. Frédéric composa lui-même l'air de ce chant premier, et par une bizarrerie que l'exaltation peut seule expliquer, il le trouva de sentiment sans savoir une seule note de musique ; ce fut le trompette du détachement qui le nota.

Les canonniers voulurent aussi avoir leur chanson : ce fut un royaliste qui la composa ; mais elle se chanta rarement , à huis clos pour ainsi dire; et comme elle finit par provoquer des querelles, le général se vit obligé de l'interdire par un ordre du jour ; la voici telle que M. Peremon nous l'a conservée dans son poème historico-didactique du siège de Lyon.

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