TIERS ÉTAT DU PLAT-PAYS
Girerd, médecin à Tarare.
Bergasse, avocat.
Durand, négociant.
Trouillet, négociant, propriétaire à Charlieu.
La nomination du banquier Couderc fut la plus contestée. Andrieux Boulet , négociant, la combattit dans une brochure où il rappelait que redit de 1787, en accordant aux protestants l'état civil, les excluait des fonctions publiques, et qu'on ne pouvait les appeler aux états sans illégalité. L'avocat Lemontey prit la défense des protestants , et fut réfuté par Vernet , l'un de ses collègues. Cette guerre de plume rehaussa le triomphe des non-catholiques; le peuple la crut engagée sous la direction du clergé , et principalement de l'abbé Bonnaud qui, en 1787, avait écrit et distribué un Discours à lire au conseil en présence du roi, par un ministre patriote, sur le projet d'accorder l'état civil aux protestants. U acheva d'exaspérer le parti populaire par un imprudent mandement contre l'esprit de révolte et d'impiété. Cette pièce parut au milieu des saturnales du carnaval, le dimanche de la Quinquagésime, 22 février 1789. Le mardi suivant, une troupe d'hommes en costume ecclésiastique, conduits par un chef revêtu d'une chappe, se rendit processionuellement sur une terrasse, par laquelle on entrait au séminaire de Saint-Irénée, où demeurait l'abbé Bonnaud. Là , après une indécente parodie des cérémonies liturgiques, l'homme à lachappe lut une espèce de sentence; puis il livra le mandement aux flammes. L'autorité n'osa point intervenir pour réprimer ce scandale.
L'impunité enhardit les fauteurs du désordre; toutefois, ils attendirent en silence les événements de Paris. Jusqu'à cette époque, les choses avaient marché conformément aux anciennes coutumes; ce fut en obtenant la vérification des pouvoirs en commun , que les députés du tiers étal transformèrent les états généraux en assem-