‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 7 sur 217 · CHAPITRE 1. il · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. il

par ia troupe , el blessent plusieurs personnes. La nuit mit fin au tumulte, et les miliciens eurent gain de cause. Ainsi attaquée par tous les partis, Tadministration lyonnaise se hâta de faire promulguer la loi Martiale , adoptée par l'Assemblée nationale le 21 octobre , sanctionnée immédiatement par Louis XVI, et proclamée à Paris le 22. Dès qu'elle fut parvenue à Lyon, Thuissier de la ville monta à cheval, escorté de détachements de chaque corps militaire , des diverses compagnies de volontaires et de la milice bourgeoise. Le cortège parcourut successivement tous les quartiers ; dans les carrefours les plus populeux, le son des tambours réunissait les citoyens^ et Thuis* sier leur lisait à haute voix le texte de la loi répressive.

Lyon fut paisible le reste de l'année. La municipalité , après avoir dompté les rebelles , s'occupa du sort des ouvriers réduits au dénù* ment par la perturbation du commerce. Ils furent secourus à Tenvi par la société philanthropique, la loge martiniste, et l'institut de bienfaisance maternelle. Sur un mémoire particulier du prévôt des marchands, M. Tolozan de Montfort, le roi accorda un don de vingt-cinq raille livres aux ouvriers des manufactures de Lyon. Des mesures furent prises contre la disette rendue imminente par l'inexécution des décrets sur la circulation des grains. M. Regny , trésorier, prêta généreusement un million quatre cent mille livres pour l'achat des subsistances, et la ville de Dijon invita par une circulaire toutes les municipalités de Bourgogne à nommer des députés pour aviser entre elles aux moyens d'approvisionner le Lyonnais. Maintenus dans l'inaction par une surveillance assidue, les révolutionnaires lyonnais se signalèrent par des libelles et des discours. Plusieurs d'entre eux, Allier, professeur de mathématiques; Carret, ancien chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu; Sébastien Carret, Crat, Belissart, Mariotte aîné, négociant, rédigèrent, au mois de novembre, une adresse d'adhésion aux décrets de l'Assemblée nationale. On peut considérer cet écrit comme un complet manitesie des citoyens patriotes de Lyon; il résume parfaitement les idées qui les dominaient , les vœux qu'ils formaient, les sympathies et les haines dont ils étaient animés.

« Les citoyens de la ville de Lyon, considérant que le salut de l'État » repose uniquement aujourd'hui sur l'Assemblée nationale ,. et tient- " immédiatement à la continuation de ses travaux;

9 Considérant que c'est un devoir sacré pour eux de manifester hau-

» tement les sentiments de la plus entière et de la plus inébranla- » ble adhésion aux décrets de cette auguste Assemblée;

» Considérant que chacun de ses décrets est un nouveau bienfait V pour les Français', pour ce peuple qui souffre depuis dix siècles » toutes les vexations, toutes les oppressions du despotisme aristo- » cratique et ministériel;

» Considérant que, si la nation a obéi pendant tant de siècles aux » lois absurdes et barbares du gouvernement arbitraire, elle doit à » plus juste titre obéir aux lois émanées de la nation même, à ces » lois qui, inspirées par la raison universelle, dictées par Tintérét » général, sont les seules lois vraiment obligatoires, les seules lois » vraiment sacrées;

» Considérant que la raison, Tamour de la patrie, l'intérêt de tous, » rintérèt même particulier, commandent impérieusement aux vrais ci- » toyens d'adhérer invinciblement aux décrets de leurs représentants;

» Déclarent qu'ils s'unissent irrévocablement aux honorables défeu- » seurs des droits sacrés du peuple, aux vrais appuis du trône, » aux vrais régénérateurs de l'empire;

» Déclarent qu'ils n'oublieront rien pour découvrir les ennemis de la » nation et du monarque; qu'ils regarderont comme un devoir impé- » rieux et pressant de les dénoncer, et d'appeler sur leurs tètes cou- » pables l'éclatante vengeance des lois ;

» Déclarent que toute manœuvre, tout complot tendant à affaiblir » la confiance due à tant de titres aux protecteurs du peuple, est un » attentat contre la nation, et par conséquent un attentat digne de la » vindicte publique ;

» Déclarent qu'ils sont pénétrés de la plus vive reconnaissance pour » leurs députés qui sont restés fidèles à la cause publique, et qui lut- » tant contre tous les obstacles, qui bravant tous les dangers, n'ont » pas voulu se séparer des généreux et intrépides sauveurs de la patrie ;

» Arrêtent en outre que la présente adhésion sera envoyée à l'Assemblée nationale et aux principales municipalités du royaume. »

L'enflure et l'exagération caractéristique de ce document se retrouvent, plus sensibles encore, dans la lettre que ses rédacteurs adressèrent au journaliste Prudhomme, fondateur des Révolutions de Paris. « La constance, disaient-ils, avec laquelle vous poursuivez le monstre » aux prétentions absurdes et oppressives, le monstre aux complots

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