AVIS AUX SANS- CULOTTES
Copie sincère et véridiqve de la pétition contre-révolutionnaire, faite le 9 mars , par un rassemblement de divers particuliers dans la cour des Augustin^, Ensemble toutes leurs signatures.
« Citoyens,
» Les citoyens soussignés, pénétrés des vrais principes de la 11- »' berté, craignant de la voir, à son aurore, éclipsée par les ténèbres » de l'affreuse discorde et la dégoûtante calomnie, qui semblent s'é- « lancer de leurs abîmes impurs pour Tétoufier dans son berceau , » justement alarmés du triomphe apparent de ces monstres infernaux, » dont les bouches empoisonnées ont déjà vomi le poison mortel du »' mensonge dans toute la République, et souillé le temple auguste de » nos législateurs, pour arracher de leurs mains sacrées le terrible
m HISTOIRE DE LYON. — i793.
>y décret d'incivisme et de réprobation contre une ville entière dont » les citoyens, plus laborieux qu'agitateurs pervers, ne sont coupa- » blés peut-être que de leur peu d'énergie ! qui furent toujours soumis w aveuglément sous le joug même de la tyrannie, et qui sont encore » opprimés !.,.. lorsque la France entière est devenue la terre de la » liberté.
» Considérant que des malintentionnés ont pu, par des dénoncia> » tions perfides, surprendre la religion de nos magistrats ; que le rap- » port qui a été fait à la Cionvention sur ce qui s'est passé le 18 et le » 19 février, est entièrement dénaturé; attendu que les coupables dés- » ordres commis au club central, ne sont que les suites funestes de » l'indignation de quelques citoyens égarés contre d'autres citoyens " exaltés de cette même société, dont les séances clandestines et ré- V voltantes avaient provoqué la fureur, et non l'effet d'une conspira- » tion liberticide ; considérant, enfin, que la réquisition de la force » armée des environs de Lyon, tandis que cette ville contient plus de « vingt mille citoyens composant la garde nationale, semble annon- » cer à toute la République que cette cité est en pleine insurrection, « qu'elle déshonore à jamais les citoyens aux yeux des Français, et » attire sur eux l'inimitié de leurs frères ; en conséquence, les soussi- « gnés vous demandent et requièrent de vous , citoyens législateurs, » vu l'urgence et notre patriotisme outragé, que vous convoquiez ce » soir les sections, pour qu'elles aient à s'assembler pour aviser aux »> moyens de rétablir l'ordre, et rendre un compte exact des faits qui » se sont passés depuis le 4 février, époque de la naissance des trou- » blés qui nous afQigent. C'est là que la liberté, sans craindre le poi- » gnard du mensonge qui la poursuit, pourra se faire entendre.
» La Convention, en vous chargeant de lui rendre compte des trou- .» blés de notre ville, voulant être instruite, avant de prononcer, que ^> la municipalité avait bien mérité, a présumé sans doute, dans sa » sagesse, que nos magisti*ats avaient été induits en erreur. Elle vous » a donné tous les pouvoirs pour rechercher la vérité qui, à ses yeux » mêmes, a paru ténébreuse dans les procès-verbaux qui lui ont été » envoyés : vous ne pouvez donc reconnaître cette vérité qu'en con- » voquant les assemblées des sections, parce que c'est là qu'un peuple « libre émet son vœu.
» Vous en avez l'autorité : hâtez-vous, législateurs, d'user des •) moyens qui sont en votre pouvoir, et rendez l'honneur à des ci-