CHAPITRE XII
someiit perdu dans la foule. Il était détenu à l'Abbaye, lorsque, dixhuit mois plus tard, le 9 thermidor lui rendit la liberté.
Chaîner demanda que l'on conservât la pétition signée au jardin des Augustins, comme la meilleure et la plus légitime liste de proscription qu'on pût trouver pour satisfaire sans injustice aux vengeances de la République. Bazire approuvait Tavis de Challier; mais Rovèrc, moins emporté que son collègue, ne trouvant pas que les termes de la pétition fussent coupables au point de mériter la mort, et craignant que cette adresse ne devînt fatale aux huit cents citoyens qui l'avaient signée, voulut la rendre à Boissonnat. Legendre s'y opposa, en disant à Rovèrç : « Garde leurs signatures, pour qu'ils répondent sur leurs têtes des troubles qui pourraient arriver. « Challier voulut en avoir une copie, Legendre la lui fit donner, écrite par la main d'une courtisane qu'il avait prise dans la rue de F Arbre-Sec^ et dont il avait fait sa maîtresse. Challier courut aussitôt au club central pour faire part de sa joie à ses amis. « Nous les tenons enfin, leur dit-il, j'ai leurs noms, tous leurs noms, ils ne nous échapperont plus, les scélérats! Legendre les a fait marquer lui-même par une majn qui lui est chère
Ils seront tous égorgés par le glaive des sans-culottes. « Dans son ardeur à désigner ces noms aux Jacobins, il fit le lendemain de grand matin placarder une affiche imprimée sous ce titre écrit en lettres énormes :