CHAPITRE XIII
SOMMAIRE : Conduite des commissaires de la Convention. — Arrestation de Laussel. — Lettre de Challier contre le 2« bataillon des Marseillais. — Tumulte qu'ils excitent. — Proclamation des commissaires. — Seconde lettre de Challier. — Menaces anonymes faites à Legendre. — Le vieillard de Fontenoy, — Le sapeur Rocher. — Scène du 14 mars au Grand- Théâtre. — Polémique entre le sapeur Rocher et le journaliste Fain. — Rapport à la Convention. — Réorganisation du club des Jacobins à Lyon. — Instructions qu'il reçoit de Paris. — Formation d'un tribunal révolutionnaire. — Placard des trois cents Romains. — Pétitiçn du club de la Grande-Côte. — Rovère demande des troupes à Kellermann. — Louis- Philippe à Lyon. — Complots orléanistes. — Les commissaires conventionnels sont dénoncés aux Jacobins. — Correspondance de Challier avec Marat. — Le café Gerbert. — Pouvoirs illimités remis à Pérussel. — Arrestation et interrogatoire de quatre-vingt-treize contre-révolutionnaires.
Challier, enhardi par la nomination de son associé, redoubla d'activité pour circonvenir les commissaires conventionnels ; mais ceux-ci semblaient disposés à ménager les deux partis. Bazire répondit à des citoyens qui lui demandaient justice des mesures dont ils étaient victimes depuis le 6 février: « Ceux qui disent de couper les têtes, ne sont pas ceux qui les coupent; il ne faut point de loi en ce moment; il faut seulement que la machine tourne, et que les sans-culottes aient le dessus. » En môme temps, Legendre accueillait favorablement la dénonciation d'un nommé Sablon du Corail, qui accusait Etienne Boyer , officier municipal , de lui avoir vendu la liberté au prix de vingt mille livres. On reprochait à Laussel des faits identiques , ainsi que des arrestations arbitraires ; les conventionnels l'en blâmèrent en plein conseil; le procureur de la commune s'excusa sur la chaleur de son civisme , sur la fatigue et la multiplicité des