‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 85 sur 217 · RÉPONSE DU JOURNALISTE FAIN · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU JOURNALISTE FAIN

« Il fallait , sapeur effroyable , qu'une nourriture bien abondante M eût égaré le peu de pudeur qui te reste, pour que tu oses souiL » 1er les murs de la ville de ta dégoûtante déjection ; l'expérience t'a » bien appris qu'un j... f..... n'a rien à craindre d'un brave homme. » Il faut que tu saches bien que ton mépris m'honore; les mauvais » citoyens tels que moi ne craignent pas les moustaches. Oui, sa- » peur honnête , ton large sabre , ta ceinture dorée , tes pistolets » d'arçon et tes moustaches môme, n'en imposeront qu'à des enfants. « Si les députés commissaires n'avaient que toi pour leur défense I » Notre respect les environne. Lreur présence ne m'a jamais donné la » fièvre; je ne tremble pas plus devant un sapeur. J'espérais à leur » arrivée ; j'ai gémi quand je les ai vus se faire accompagner d'un » licteur très-inutile.

» Tu as fait tes preuves, m'a-t-on dit, dans la journée du 2 septem- » bre : un assassin ne fut jamais un brave homme. Ne me démens donc « pas, tu ne soutiendrais pas ce que tu avances.

» Tu t'es présenté jeudi, en grand costume, dans la loge de la » municipalité ; tu as imposé silence au nom de la loi ; tu as requis » toi-même la force armée d'entrer dans le parterre; tu y es entré le » bonnet sur la tête, tu as toisé impunément deux cents personnes

« et tu es retourné siéger à ta loge. Jamais estafier d'intendant

^ Je t'en dirai plusjquand tu aura du bon sens et des principes ; va te « coucher.

» J.-L. Fain. »

A la suite de ces misérables discussions , la municipalité fit arrêter le journaliste, et les conventionnels dénoncèrent le Journal de

Lyon à la Convention nationale , dans leur rapport lu à la séance du 20 mars. Ils débutaient par annoncer « que Tordre paraissait régner à Lyon, qu'ils avaient tout tenté pour détruire Tégoîsme, et exciter dans Tàme des citoyens le dévouement héroïque que doit inspirer le sentiment de la liberté. » Ils ajoutaient : « Nous ne nous flattons pas du succès , tant est grande Tapathie des citoyens. Nous n'en accusons pas l'esprit de commerce, il n'est pas incompatible avec la liberté... Nous n'en connaissons d'autre cause que la multitude des journaux inciviques et des écrits mensongers, où l'on s'occupe plutôt des hommes que des choses, où l'on alarme les propriétaires , où l'on aigrit les riches contre les citoyens pauvres, où l'on taxe d'ignorance et où l'on calomnie le peuple, dont le bon sens a, jusqu'à présent, soutenu la révolution, où l'on jette des semences de constitution bourgeoise et aristocratique... Une des causes les plus actives de la mauvaise disposition des esprits dans cette ville, est la distribution d'un journal connu sous le nom de Journal de la Ville de Lyon. Ce journal est rédigé par Carrier, personnage dangereux , auquel le conseil exécutif vient de faire passer une somme considérable , comme nous l'a attesté la municipalité . La cause du mal est encore dans les bataillons érigés sous le nom de Bataillons des Fils de Famille , qui prennent le beau nom de Fédérés; en même temps qu'ils se proolament les soutiens d'une secte orgueilleuse , ils perdent l'esprit public. »

Le reste du rapport contenait le récit sommaire du renvoi des Marseillais, de l'émeute du 9 mars et de l'arrestation de Laussel, Les commissaires complétèrent leurs mesures en réorganisant un club central, coinposé de cinquante membres désignés par Achard et Gaillard , et qui reçut immédiatement des instructions de Paris. Un de ses correspondants lui mandait, le 27 mars : « Que Lyon prenne » les armes sur le coup, sans attendre que Paris le lui dise. L'armée » révolutionnaire qu'on va former se portera sur les départements »» qui n'iront pas leur droit chemin.

-» Avant de nous inviter à nous lever et à prendre les armes , >> comme les bons représentants nous l'ont ordonné, je vous dirai « qu'on nous a invités à être en permanence dans toute la France, » jusqu'à ce que nous ayons exterminé nos ennemis du dedans.

» Marat et Robespierre ont brillé dans leurs doctes et lumineux » discours. On ne lira que Marat pour ce qu'on doit faire. Ne redou- » tez aucune loi, en suivant ce qu'il vous prescrira, car le décret

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