‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 97 sur 217 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

il devait spulever la classe entière des propriétaires et des riches. Toutefois, c'était la (k)nventioQ qui donnait le signal des mesures violentes en armant de toutes parts les patriotes, et en établissant un emprunt forcé sur les riches. Dans la position où se trouvait la France, ayant à soutenir la révolution contre l'aristocratie et Fétranger, il fallait faire face à d'impérieuses circonstances, provoquer le dévouement, punir rigoureusement l'égolsme, demander aux uns leurs bras, aux autres leurs fortunes, triompher à tout prix, par tous moyens, ou perdre à jamais la France, et avec elle les principes sacrés qu'elle défendait.

Le lendemain parut sur les murs de la cité, et sous le titre de : Les corps administratifs réunis à leurs concitoyens,., un arrêté complémentaire, composé de vingt-huit articles, qui, sous le délai de huit jours et sous peine de poursuite sévère en cas de contravention , chassait les étrangers, désarmait les citoyens inciviques et régularisait la perception de l'impôt.

Ce fut par là que les quatre commissaires de la Convention terminèrent leur proconsulat à Lyon.

Pendant que ces citoyens se retirent auprès de l'armée pour la disposer aux événements qu'ils ont préparés dans l'intérieur, les Montagnards de Lyon ne perdent pas un instant; ils déploient toute leur 'activité pour mettre à exécution le système que le nouvel arrêté autorisait. Le comité du salut public procède aussitôt à la répartition des six millions; il inonde la ville de mandats impératifs, payables dans un délai de vingt-quatre heures. Cette somme énorme ne lui suffit pas : comme le joueur qui gagne, il veut la doubler, la tripler; rien ne lui semble plus facile; car dans cette partie où pour enjeu d'un côté se trouvent la fortune et la peur des contre-révolutionnaires , de l'autre la nécessité et l'audace, toutes les chances sont pour lui. Or, sous le prétexte de percevoir les six millions exigés, il en compose trente-cinq. Quelques historiens porent même ce chiffre à quarante. J. Guerre assure qu'une des plus pauvres sections (celle de TÉgalité) fut taxée à un million trois cent raille francs. L'abbé Guillon raconte que de simple négociants, possédant une nombreuse famille, le furent à soixante mille livres.

Les Jacobins, chargés de cette perception , s'acquittèrent de leur mission avec si peu d'ordre, qu'ils fixèrent plusieurs fois un chiffre qui dépassait de moitié la fortune entière des citoyens imposés.

Voici un modèle de ces taxes :

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