Témoignage de la dame Choinet
Attendu que, sur le point suivant, la déposition de Christian Esterhazy est évidemment sincère ; qu'il raconte que Walsin-Esterhazy, appelé chez le général de Pellieux, avait été invité par cet officier général à lui montrer les deux lettres de la dame voilée ; que de retour chez la femme Pays, Walsin-Esterhazy s'empressa de demander à son cousin de vite lui fabriquer deux lettres de rendez-vous, lui permettant de satisfaire au désir du général enquêteur; que Christian Esterhazy se mit à l'œuvre, mais qu'au dernier moment, voulant fixer un rendez-vous auprès de la vieille église Saint-Pierre à Montmartre, on eut besoin de savoir le nom de la rue qui aboutit à cette église :
Qu'alors la femme Pays envoya sa concierge, la dame Choinet, pour s'en enquérir ; que la dame Choinet par nous demandée comme témoin a reconnu qu'en effet, à une époque qui se place au moment où Walsin-Esterhazy allait place Vendôme, elle a été envoyée d'urgence par la femme Pays savoir le nom de la rue dont on avait besoin ;
Que cette déposition de la dame Choinet confirme étonnamment la déclaration de Christian Esterhazy, sur ce point de détail, l'éclairant d'un jour tout particulier de vérité ;
14. Lettres anonymes écrites par Christian Esterhazy à madame de Boulancy et à M* Lagasse.
Attendu que* la véracité de la déposition ^de Christian Esterhazy s'appuie encore sur des bases non moins sérieuses ; qu'il dit avoir eu des relations avec un tiers qu'il nomme ; que Walsin-Esterhazy ne le contredit pas sur ce point ; que bien mieux, Christian Esterhazy verse au dossier une carte qui établit d'une façon formelle (cote 37, scellé A) que Christian Esterhazy s'accuse d'avoir écrit d'ordre de son cousin des lettres anonymes à la dame de Boulancy; que, sur ce point encore, Walsin-Esterhazy ne le contredit pas d'une façon sérieuse; que Christian Esterhazy reconnaît avoir écrit à M6 Lagasse une lettre anonyme dont Walsin-Esterhazy lui a envoyé le texte ;
15. Lettres écrites par Esterhazy à Christian, cité comme témoin à charge.
Que ce dernier, pris par ses propres pièges, est obligé de reconnaître le fait (scellé A, cote 44); qu'il existe aux scellés d'autres pièces encore démontrant jusqu'à l'évidence que Christian Esterhazy était le confident le plus intime et le plus dévoué de Walsin-Esterhazy ; que ce qui prouve surabondamment la véracité des déclarations de Christian Esterhazy, ce sont les dernières lettres versées au dossier, à lui écrites par Walsin-Esterhazy, au moment où ce dernier venait d'apprendre que son cousin allait être cité comme témoin à charge ;
Que si, dans certaines de ses lettres, Walsin-Esterhazy s'insurge contre les déclarations possibles de son cousin, qu'il trouve par avance mensongères, il laisse pourtant échapper un aveu, puisqu'il dit : a On m'affirme que tu as été au mois d'avril me livrer, me trahir, me vendre!... » ;