I. — INDISCRÉTIONS
Des notes que j'ai eues en ma possession m'ont révélé qu'un officier des bureaux de l'État-Major avait communiquée une puissance étrangère des documents dont il avait eu connaissance en vertu de ses fonctions.
.Jr l'ai lait immédiatement arrêter.
Mon devoir n'était-il pas de le garder sous la main, tant pour éviter toute révélation ultérieure que pour
procéder à une enquête rendue nécessaire par ses dénégations ?
Cette incarcération provisoire et cette enquête préliminaire ont été tenues rigoureusement secrètes et nul n'en a eu le soupçon pendant deux semaines.
Mon devoir n'était-il pas aussi de ne pas déshonorer un officier en l'accusant publiquement d'un crime dont il affirmait être innocent?
Une indiscrétion a été commise.
Par qui? je l'ignore.
Mais j'affirme qu'elle n'émane certainement pas de l'un des officiers, qui ont été mêlés, en vertu de leurs attributions, aux débuts de l'affaire.
La preuve en est que leurs camarades de bureau n'en savaient absolument rien et qu'ils en ont eu connaissance par les journaux.
Et, vraiment, leur appartenait-il de révéler l'accusation portée contre un homme revêtu de leur uniforme?