‹ Histoire populaire de l'Eglise du Canada [microforme]Chapitre 13 sur 29 · DUQUESNE · texte numérisé non relu

DUQUESNE

De VAUDREUIL-CAVAGNAL (1755-1760).

Administrateur :

De la GALISSONNIERE (1747-49)

Quel fut le successeur de Mgr de l’Auberivière ?

Le successeur de Mgr de l’Auberivière fut Mgr de Pontbriand, qui était grand vicaire et chanoine de Saint-Malo, lorsqu'il fut choisi pour le siége de Québec.

Quels sont le lieu et la date de la naissance de Mgr de Pontbriand ?

Mgr de Pontbriand est né à Vannes, en 1704.

En quelle année et par qui Mgr de Pontbriand fut-il sacré évêque de Québec ?

Mgr de Pontbriand ayant été agréé par Benoit XIV, ses bulles lui furent expédiées le 6 mars 1741, et le g avril de la même année, il fut sacré à Paris, par Mgr de Vintimille, archevêque de cette ville,

Quand Mgr de Pontbriand prit-il possession de son siége ?

Comme il était informé des besoins pressants de son diocèse, Mgr de Pontbriand partit aussitôt pour Québec, et prit possession de son siége le 30 août 1741,

Quelle fut la première question qui attira l'attention de Mgr de Pontbriand ?

La première question qui attira l'attention de Mgr de Pocntbriand, fut la traite de l’eau-de-vie, Dans sés premières lettres au ministre des colonies, il s'empressa d'exposer les raisons qui militaient en faveur des restrictions apportées à la vente des boissons enivrantes. Il fit voir aussi, avec fermeté, combien avaient été sages les mesures prises par ses prédécesseurs pour régler ce trafic.

En quelle année, et pour quelle raison Mgr de Pontbriand supprima-t-il un certain nombre de fêtes d'obligation ?

Comme il y avait un nombre considérable de fêtes d'obligation, qui empêchaient les habitants de la campagne de profiter du temps favorable

pour les semailles et les récoltes, Mgr de Pontbriand, sur la suggestion du ministre des colo- |nies, supprima, en 174$, quelques-unes de ces fêtes. Plus tard, il fit confirmer ces changements | par le saint Siége qui, seul, avait le droit de les décréter,

En quelle année et par qui fut fondé l'Hopital-Général de Montréal ?

L'Hôpital-Général de Montréai fut fondé en 1747, par Madame d’Youville,

Racontez l’histoire de la fondation de l'H6pital-Général de Montréal ?

Comme l'établissement des Frères Hospitaliers de Saint-Joseph de la Croix était criblé de dettes, et n'avait pour tout personnel que deux frères dont l’un était frappé d’interdit, on en confia provisoirement la direction, en 1747, à Madame d'Youville, Cette pieuse dame restée veuve avec deux enfants qui embrassèrent le sacerdoce, consacrait son temps, avec plusieurs saintes filles, au soin des malades qu’elle visitait à domicile et accueillait même dans sa maison. Ce fut ce qui engagea les Sulpiciens à lui confier la direction de l’'hospice des Frères de Saint-Joseph. Mais ce choix ne fut pas plutôt fait, qu'une ligue formidable, à la tête de laquelle étaient le gouverneur et plusieurs notables, se forma pour expulser Madame d’Youville de l'Hôpital, Cette femme énergique, soutenue par cet esprit qui

anime tous ceux sur qui Dieu a des desseins particuliers, resta au poste où l'avaient placée ses supérieurs, et réussit à obtenir, en 1753, des lettres patentes qui la substituaient, elle et ses compagnes, aux anciens Frères Hospitaliers. Une providence spéciale a toujours semblé veiller sur cette maison, Cinq ans après l'incendie de 1765, qui laissa la communauté sans ressources, les bâtiments étaient reconstruits, et lors de la conquête, les recettes annuelles étaient déjà de 60,000 livres. Aujourd’hui encore, quoique les recettes fixes de cet établissement ne soient que de 50,000 francs, et les dépenses au moins de 150,000 francs par an, on finit toujours par trouver le moyen d’'équilibrer les recettes et les dépenses, Madame d’Youville est morte en 1771, laissant une œuvre dont le succès était désormais assuré, et une mémoire aussi vénérée que celle de la vénérable Sœur Bourgeoys ou de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation. (1)

Quelles améliorations Mgr de Pontbriand fitil subir à la cathédrale de Québec, en 1748 ?

Mgr de Pontbriand fit subir à la cathédrale de Québec en 1748, d'importantes améliorations. Une partie des longs pans furent abattus, et on ajouta des bas-côtés et des tribunes.

(1) La S. C. des Rites vient d’ordonner tout récemment, de lui transmettre tout écrit rédigé, dicté ou orglonné par cette servante de Dieu, ou la concernant.

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Quel malheur frappa les religieuses de l’Hôtel- Dieu de Québec en 1755 ?

Le 7 juin 1755, l'Hôtel-Dieu de Québec fut dévoré par un incendie, dans lequel périt une des religieuses, La communauté alla d’abord résider chez les Ursulines, et ensuite chez les Jésuites où elle resta jusqu'au premier août 1757. (1)

Quel admirable exemple de dévouement donna Mgr de Pontbriand, pendant l'épidémie qui décima les troupes en 1757 ?

Mgr de Pontbriand ayant décidé que tous les prêtres de Québec rempliraient, à tour de role, les fonctions d’aumonier à l'hopital, voulut commencer le premier, et fit seul, pendant deux jours, le service des malades.

En quel état se trouvaient Québec et jies campagnes environnantes, après la campagne de

De Montréal où il s'était retiré après la campagne de 1759, Mgr de Pontbriand écrivait au ministre des colonies : “ Québec a été bombardé

(1) Deux ans après, les religieuses de l’Hôtel-Dieu durent se retirer à l’ Hôpital-Général, et laisser le soin de leur maison à cinq d’entre elles, pendant le siége de Québec.

(2) Pendant le siége de Québec, Mgr de Pontbriand se retira à Charlesbourg, Les classes du séminaire de Québec furent fermées en 1759, et réouvertes seulement en 1765.

et canonné pendant l’espace de deux mois. La cathédrale a été entièrement consumée, et dans le séminaire, il ne reste de logeable que la cuisine, où se retire le curé de Québec avec son vicaire, L'église de la basse-ville est entièrement détruite ; celles des Récollets, des Jésuites et du séminaire sont hors d'état de servir, sans de très grosses réparations. Il n’y a que celle des Ursulines où l’on peut faire l'office avec quelque décence, quoique les Anglais s’en servent pour quelques cérémonies extraordinaires. Le palais épiscopal est presque détruit, et il ne reste pas un seul appartement logeable, Les maisons des Récollets et des Jésuites sont à peu près dans le même état. Les prêtres du séminaire, les chanoines et les jésuites sont dispersés dans le peu de pays qui n’est pas encore sous la domination anglaise, Les campagnes ne fournissent point de ressources, et sont peut-être aussi à plaindre que la ville même... J'atteste, ajoute-t-il, que dans cette description de nos malheurs il n’y a rien d’exagéré, et je supplie nos seigneurs les évêques et les persornes charitables, de faire quelques efforts en notre faveur.”

En quelle année inourut Mgr de Pontbriand ?

Mgr de Pontbriand ne survécut pas longtemps aux malheurs de sa patrie d'adoption. Miné par un travail ardu et par le chagrin de voir sa ville épiscopale aux mains de l'ennemi, et le pays tout entier à la veille de passer sous une domi-

nation étrangère, il mourut le 8 juin 1760, à Montréal, à l’âge de cinquante-un ans ; et fut inhumé dans l’église paroissiale de cette ville, le dix du même mois, (1)

Quels furent les principaux évènements civils et politiques sous l’épiscopat de Mgr de Pontbriand ?

Les principaux évènements civils et politiques sous l’épiscopat de Mgr de Pontbriand, furent: 1° la découverte des Montagnes Rocheuses par de la Vérendrye, en 1743; 29° la prise de Louisbourg par le commodore Warren, en 1745; 3° la perte de la flotte du duc d’Anville, en 1746; 4° la défaite des Anglais à Grand Pré, par de Villiers et de la Corne, la capture par les Anglais du marquis de la Jonquière retenu deux ans en Angieterre, et la nomination du comte de la Galissonnière comme administrateur, en 1747; 5© la paix d’Aix-la- Chapelle, par laquelle Louisbourg et le Cap- Breton sont rendus à la France, la nomination de l’intendant Bigot, l'agrandissement des forts Gaspareaux et Beauséjour, en Acadie, en même temps que ceux de la Présentation et de Rouillé, en 1748; 6© la fondation de Halifax, en

(1) De 1759 à 1800, il est mort ou retourné en France, environ 210 prêtres. De 1758 à 1766, il n’y a pas eu d’ordinations au Canada ; de 1766 à 1775, il y en a eu 36 ; et de 1775 à 1800, il y en a eu 102.

1749; 7° la mort de l’ex-gouverneur de la Jonquière, en 1752; 8° l'assassinat de Jumonville par les anglais, la défaite de Washington par de Villiers, près du fort Nécessité, et la construction du fort Duquesne, en 1754 ; 99° la prise de deux vaisseaux de l’escadre de Dieskau par l'amiral Boscawen, la prise des forts Gaspareaux et Beauséjour par Moncton, la dispersion des Acadiens, la victoire de la Monongahela gagnée par de Beaujeu sur Braddock, et la capture de Dieskau par Johnson au fort Edouard, en 1755; 10© lap.ise d'Oswego par Montcalm, en 1756; 11° Ja prise du fort William Henry par Montcalm, en 1757; 12© la capitulation de Louisbourg, et la bataille de Carillon gagnée par Montcalm avec 3,600 soldats contre Abercromby qui en avait 16,000, en 1758; 13° les batailles de Montmorency et des Plaines d’Abraham, la mort de Wolfe et de Montcalm, et la capitulation de Québec, en 1759; 149 la bataille de Sainte-Foye, et la capitulation de Montréal, en 1760.

Quelle était la population de la colonie à la mort de Mgr de Pontbriand ?

La population de la colonie à la mort de Mgr de Pontbriand, était de 70,000 âmes,

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