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voulut par dévotion baiser les cicatrices des plaies qu'il avait reçues pour Jésus-Christ. Il lui permit de célébrer la messe, bien que les premières phalanges de ses doigts eussont été brûlées, jugeant que celui qui avait été mutilé pour la publication de l’évangile, ne devait pas être privé du bonheur d'offrir le saint sacrifice, Comme son modèle le P, Jogues, le P. Bressani repassa au Canada en 1645, pour y reprendre ses travaux apostoliqnes. De retour en France, en 1660, il alla mourir à Florence le 9 septembre
Quels sont les denx missionnaires que la colonie du Canada perdit au commencement de l’année 1646, et q'iels sont les principaux faits de leur carrière ?
La colonie du Canada perdit, au commencement de l’année 1646, deux de ses plus anciens missionnaires. Le P. Ennemond Masse mourut le 12 mai, à Saint-Joseph de Sillery, à l’âge de soixante-douze ans. Il avait été le compagnon du P. Biard, à Port-Royal et à Saint-Sauveur. Chassé de ses chères missions, une première fois par Argall, et une seconde fois par les frères Kertk, il s'empressa d'y revenir en même temps que de Champlain, en 1633, mais trop âgé et trop infirme pour se rendre au pays des Hurons, il travailla à Québec, puis à Sillery, où il consacra ses dernières années au salut des sauvages. Au mois de janvier précédent, le P. Anne
de Nouë avait été trouvé gelé sur le Saint- Laurent, à quatre lieues au-dessus du fort Richelieu, La tempête l'ayant surpris pendant qu'il se rendait à cet endroit, il dépassa le foit sans s’en apercevoir, et fut retrouvé agenouillé auprès d’un trou qu'il avait commencé à creuser dans la neige avec ses raquettes, Les deux mains croisées sur sa poitrine tér .oignaient qu'il priait lorsque la mort était venue mettre un terme aux souffrances causées par la faim, la fatigue et le froid. Fils d’un gentilhornme, seigneur de Villers, dont le château était à six lieues de Reims, le P. de Nouë avait commencé par être page de la cour, mais les dangers qu'il y rencontra le décidèrent, à l’âge de trente ans, à entrer dans la compagnie de Jésus,
Quelle mission délicate et dangereuse de Montmagny confia-t-il au P, Jogues revenu au Canada ?
De Montmagny confia au P. Jogues revenu au Canada, la délicate et dangereuse mission de se rendre au pays des Iroquois, pour leur offrir des présents et les engager à maintenir la paix. Le P. Jogues, à la pensée de revoir les lieux où il avait tant souffert, sentit la nature se révolter en lui, comme il l’avoua ingénüment à son supérieur, Mais ce premier mouvement réprimé, il se réjouit d’avoir été choisi, se mit en route le 16 mai 1646, avec le sieur Jean Bourdon, et revint heureusement sur la fin de l'été, rendre compte au gouverneur du résultat de son ambassade,
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Racontez les principales circonstances de la mort du P. Jogues ?
Le P. Jogues étant reparti dans l'automne de 1646 pour continuer ses travaux apostoliques chez les Iroquois, fut arrêté en chemin et battu cruellement. Conduit ensuite au lieu de sa première captivité, il fut invité un jour à se rendre dans une cabane pour y souper. Au moment où il entrait, un iroquois caché derrière” la porte, lui fendit la tête d’un coup de hache. Lors de sa mort, le P. Jogues n'avait que quarante-huit ans, et était encore plein de force et de vigueur, malgré les fatigues et les tourments qu'il avait endurés.
Quel était le caractère du P. Jogues et quelle réputation laissa-t-il après sa mort ?
Le P. Jogues était d’une simplicité et d’une douceur admirables dans le commerce ordinaire dela vie; mais, s'agissait-il de l’accomplissement d’un devoir, il se montrait ferme et inébranlable jusqu’à l’héroïsme, Il fut généralement regardé comme un martyr; et ses confrères se sentirent plutot portés à l'invoquer qu'à prier pour le repos de son âme.
Quelle démarche firent les Abénaquis en 1646, auprès des autorités de Québec ?
Pendant que les Iroquois se montraient si hostiles aux messagers de la bonne nouvelle, les Abénaquis envoyaient au Canada en 1646,
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trente députés chargés de demander aux autorités de Québec qu'un chef de la prière les visitât, Le P. Druillettes fut choisi pour cette mission et partit immédiatement avec les délégués abé aquis,
Outre les établissements français de Québec, Trois-Rivières et Montréal, n’y en avait-il pas un quatrième ?
Outre les établissements français de Québec, Trois-Rivières et Montréal, il y en avait un quatrième commencé au pays des Hurons, et qui, favorisé par les circonstances, aurait pu devenir un poste important,
Quelle était en 1648 la population de cette colonie européenne fondée au centre du pays des Hurons ?
La population de cette petite colonie européenne était en 1648, de quarante-deux français : dix-huit appartenaient à la compagnie de Jésus, les autres étaient des hommes choisis, dont la plupart s'étaient consacrés à la propagation de l'évangile et ‘assistaient les missionnaires au moyen de leur travail et de leur industrie.
De quels malheurs la nation huronne étaitelle menacée à cette époque ?
La nation huronne était menacée à cette époque, d’une guerre d’extermination de la part des Iroquois qui allaient mettre à feu et à sang toutes ses bourgades, les unes après les autres,
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Racontez le massacre de la bourgade Saint- Joseph en 1648 ?
Le P. Daniel venait de finir la messe à laquelle les fidèles de la bourgade avaient assisté en grand nombre, lorsque soudain des cris de guerre se firent entendre, Les iroquois, dont on ne soupçonnait même pas la présence dans le voisinage, forçaient déjà la palissade et malheureusement presque tous les hommes en état de combattre étaient absents. Le P. Daniel
« s'avance alors vers le point le plus menacé et “ s'empresse de baptiser par aspersion les infidèles 4 déjà instruits.
qu'il trouve remplie de chrétiens et de catéchuà mènes.
Il accourt ensuite à la chapelle
Il baptise les uns, donne l’absolution
“ aux autres, et les console tous en leur disant :
““ Mes frères, nous serons aujourd'hui dans le “ ciel,”
À ce moment, les ennemis envahissent la
4 chapelle en poussant d’effroyables hurlements,
“et s'arrêtent un instant, étonnés de voir le P.
“Daniel s’'avancer seul à leur rencontre,
Mais
“bientôt revenus de leur surprise, ils l'entourent
“de toute part et le criblent de flèches.
lune balle le frappe en pleine poitrine, et il tombe “en prononçant le saint nom de Jésus, “bourreaux hachent son corps en pièces et le jettent au milieu des flammes qui dévorent la chapelle.
Enfin Ses
Près de sept cents personnes, dont la
Dlupart étaient des femmes et des enfants, furent assacrées ou traînées en captivité.
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Quels sont les faits principaux de la carrière du P, Daniel?
Le P, Daniel, né à Dieppe, vers 1595, était entré de bonne heure dans la compagnie de Jésus. Il travaillait depuis quatorze ans dans les missions huronnes, avec un courage et une patience qui faisaient l'admiration générale, Depuis neuf ans, il demeurait dans les places les plus exposées aux invasions de l'ennemi, et fut le premier jésuite qui reçut la couronne du martyre au pays des Hurons.
Racontez le massacre des bourgades Saint- Ignace et Saint-Louis en 1649 ?
Le 16 mars 1649, mille guerriers iroquois campaient auprès de la bourgade Saint-Ignace et reconnaissaient pendant la nuit l’unique point accessible de la palissade, A l'aube du jour, ils s'élancèrent à l'attaque avec tant de rapidité. qu'ils se rendirent maîtres de la place avant que personne n'eut le temps de se défendre. Presque tous les habitants, au nombre de quatre cents, furent massacrés. Immédiatement ces farouches guerriers, sans s'arrêter pour reprendre haleine, marchèrent si rapidement sur la bourgade Saint- Louis, qu'ils en faisaient le siége au fever du soleil, Les hurons repoussèrent bravement deux assauts successifs, mais les Iroquois ayant enfin réussi à pratiquer une brèche dans la palissade, firent un horrible massacre de tous ceux qui tombèrent entre leurs mains. Ils incendièrent
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ensuite les cabanes, et bientôt une colonne de | fumée s'élevant au-dessus de la bourgade Saint- | Louis, signala aux hurons de la bourgade Sainte- Marie le malheur qui venait de frapper leurs frères.
Racontez le martyre des P.P, de Brebœuf et Gabriel Lalemant ?
4 Les P.P. de Brebœuf et Gabriel Lalemant qui se trouvaient dans la bourgade Saint-Louis, furent amenés avec les autres prisonniers à la bourgade Saint-Ignace, pour y subir le supplice “ dn martyre.
4 Salués à leur arrivée par une rude bastonnade, % ils furent ensuite attachés à un poteau et tourmentés avec le fer et le feu, On leur suspendit “ au cou un collier de haches ardentes; on leur { mit des ceintures d’écorce enduite de poix et de | résine enflammées ; et en dérision du saint bap- “ tême, on leur versa de l’eau bouillante sur la tête. 0 Au plus fort de ses tourments, le P. Gabriel Lalemant levait les yeux au ciel et implorait le “ secours d'en haut. Le P. de Brebœuf semblait … insensible au fer et au feu, ne laissant pas même “ échapper un soupir. De temps en temps, il éle- { vait la voix pour encourager les chrétiens qu’on
torturait autour de lui et exhorter ses bourreaux
à craindre la colère de Dieu. Irrités davantage, | ils lui coupèrent le nez, lui arrachèrent les lèvres, et lui enfoncèrent un fer rouge dans la bouche,
« Le héros chrétien conserva le plus grand calme,
et son regard était si impassible, qu'il semblait encore commander à ceux qui le torturaient,
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On amena alors près du P, de Brebœuf, son # jeune compagnon couvert d'écorces de sapin
auxquelles on mit le feu, après l'avoir attaché à M |
un poteau; et ses bourreaux restèrent auprès de !
lui pour savourer le plaisir de le voir brûler et
d'entendre les soupirs qu'il ne pouvait s'empê- A
cher de pousser. Rendus plus furieux par l'odeur
du sang, les raffinements de leur cruauté attei-!
gnirent presque la dernière limite du possible ; |
ils arrachèrent les yeux au P, Lalemant, et mirent à la place des charbons ardents ; ils taillèrent sur les cuisses et les bras des deux martyrs des lanières de chair qu'ils faisaient rotir et dévoraient sous leurs yeux, Le P. de Brebœuf rendit le dernier soupir le même jour, vers quatre
heures du soir, après trois heures de tourments. ! Les bourreaux s'acharnèrent alors sur le P. Ga- 4 briel Lalemant qui fut torturé sans relâche jus- # qu’au lendemain, et dut de voir la fin de ses! souffrances à un iroquois, qui, fatigué de le voir #
languir, depuis un jour et une nuit, l’acheva d’un
coup de hache,
Les corps des deux martyrs furent recueillis M avec respect après le départ des Iroquois, et M inhumés le 21 mars. Le crâne du P. de Brebœuf # fut apporté à Québec, et placé dans le socle d’un k buste en argent envoyé au Canada par la famille # de ce héros, et que les Dames de l’Hôtel-Dieu
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de Québec gardent comme une page glorieuse “de l’histoire de l’église du Canada. (1)
Quels sont les faits principaux de la vie du 1P. Gabriel Lalemant ?
Le P. Gabriel Lalemant, né à Paris en 1610, “entra dans la compagnie de Jésus en 1630, et “professa les sciences pendant plusieurs années. “Malgré la délicatesse de sa constitution, il dési- “rait comme ses oncles, les P.P, Charles et Jérôme “Lalemant, se dévouer au service des missions du anada, Ayant enfin obtenu cette faveur, il int au Canada en 1646. Après avoir passé “près de deux’ans à la Résidence de Sillery, il fut Ænvoyé au pays des Hurons, où six mois plus “tard il avait le bonheur de cueillir la palme du artyre, n'ayant encore que trente-neuf ans,
De quelle famille descendait le P. de Brebœuf, æt quelles qualités le distinguaient ?
Le P. de Brebœuf descendait d’une ancienne “ct noble famille normande des environs de “Bayeux, que l’on dit avoir été la souche de la “famille Arundel, en Angleterre. Il est justement “regardé comme l’apôtre des Hurons qui compaient à sa mort environ sept mille fidèles, et «qu'il évangélisa un des premiers.
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4 (1) L'un des bourreaux du P. de Brebœuf, connu par les Français sous le nom de Cendre-Chaude, se convertit plus tard Met devint un des plus zélés catéchistes.
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Le P. de Brebœuf se distinguait par un jugement supérieur, une prudence consommée, une douceur inaltérable et un courage que rien ne pouvait ébranler, Mais sa profonde humilité lui cachait ses éminentes qualités et lui faisait dire avec une touchante bonhomie : ‘“ Pour moi, je ne suis qu’un bœuf, bon seulement à tracer un sillon, et je ne possède aucun talent.” Quelques lignes trouvées, après sa mort, parmi ses résolutions écrites, attestent que depuis longtemps il s'était offert à Dieu pour le martyre, “Je vous promets, Ô mon Dieu,” disait-il, ‘“ que si jamais vous m'offrez la grâce du martyre, je tâcherai de ne m'en pas rendre indigne ; de sorte qu'à l'avenir je ne me regarderai point comme libre d'éviter l’occasion de mourir quand elle se présentera, jamais je ne dirai: c’est assez, quand il s'agira de travailler ou de souffrir pour Dieu.”
‘ Dans toute l’histoire du Canada,” dit l’historien Ferland, ‘“ on ne rencontre pas de plus grande figure que celle du P. de Brebœuf.” L'église du Canada peut donc, sans témérité, espérer qu'elle aura un jour la joie de voir le nom de ce héros chrétien inscrit au catalogue des saints.
Racontez le massacre de la bourgade Saint- Jean et la mort du P. Garnier, en 1649 ?
L'importante bourgade Saint-Jean, comptant environ cinq cents familles, allait bientôt avoir le sort des autres. Au mois de novembre 1649,
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ses habitants apprirent que trois cents iroquois rodaient dans les environs, épiant l’occasion de les surprendre, À cette nouvelle, tous ceux qui étaient en état de porter les armes, ne consultant que leur courage, s’avancèrent à leur rencontre. L'ennemi instruit de cette imprudente démarche, passa par des chemins détournés, et arriva inattendu à la bourgade qui fut mise à feu et à sang.
Le P. Charles Garnier, issu d’une riche famille de Paris, était dans le moment le seul missionnaire résidant dans la bourgade. Pendant qu'il baptise, absout et prépare à mourir ceux qui ne peuvent fuir, il est atteint de deux balles et renversé baignant dans son sang. Revenu bientôt à lui-même, il se relève un peu pour prier, et apercevant à quelques pas un pauvre huron agonisant, il se traîne pour aller l’assister. Quelques iroquois ayant alors remarqué qu’il conservait un reste de vie, achevèrent leur œuvre en lui assénant deux coups de hache sur les tempes.
Ce nouveau martyr n'avait encore que quarantequatre ans.
Deux pères jésuites de la maison voisine, visitant le lendemain les ruines fumantes de la bourgade Saint-Jean, trouvèrent le corps du P, Garnier couvert d’une épaisse couche de cendres et de sang. Se dépouillant d’une partie de leurs habits pour couvrir ses restes précieux, ils les inhumèrent sur l'emplacement même de l’église,
Que devint la nation huronne à la suite de ce dernier désastre ?
À la suite de ce dernier désastre, la nation huronne cessa de former une peuplade indépendante et se démembra complètement. Parmi les hurons échappés aux coups des Iroquois, les uns se réfugièrent chez les tribus de l'Ouest ou se donnèrent à leurs vainqueurs, les autres descendirent à Québec, et furent placés au printemps de 1651, à la pointe de l’île d'Orléans, dans l'endroit appelé aujourd’hui l’anse du fort.
Après la ruine de la nation huronne, quel parti prirent la plupart des missionnaires employés dans les missions de cette tribu ?
Après la ruine dela nation huronne, la plupart des missionnairés employés dans les missions de cette tribu, repassèrent en France, à l'exception d'une trentaine qui restèrent au pays pour la desserte des Français et des sauvages chrétiens.
Quel malheur frappa les religieuses Ursulines, en 1650 ?
Dans la nuit du 30 décembre 1650, les religieuses Ursulines eurent la douleur de voir leur monastère entièrement consumé par les flammes. Eprouvées mais non découragées, elles commencèrent immédiatement la reconstruction de leur maison, et dix-huit mois après l'incendie, elles prenaient possession de leur nouvelle demeure.
Quelle œuvre fondaient les Pères Jésuites de Québec, pendant que les religieuses Ursulines s’occupaient de la reconstruction de leur couvent ?
Pendant que les religieuses Ursulines s’occupaient de la reconstruction de leur couvent, les Pères Jésnites de Québec fondaient un pensionnat d'instruction primaire pour les garçons, qu'ils placèrent sous la direction d'un laïque choi: i. “ Sans cela,” dit le P. Ragueneau, ‘“ nos Français deviendraient sauvages, et auraient moins d'instruction que les sauvages euxmêmes.”
Racontez la mort du P. Buteux ?
Au mois de mai 1652, le P. Buteux remontant le Saint-Laurent pour se rendre chez les Attikamègues, accompagné seulement d’un jeune français et d’un huron, fut assailli par quatorze iroquois et tué avec son compagnon français.
Le P. Buteux était le septième jésuite qui tombait sous les coups des ennemis de la foi. Arrivé au Canada en 1634, il avait travaillé surtout chez les Algonquins et les Montagnais.
Les Attikamègues, en particulier, étaient l’objet de sa sollicitude ; aussi la tribu entière avait déjà embrassé le christianisme lorsqu'il mourut,
Racontez la captivité et la délivrence du P Poncet, en 1653 ?
Le 20 août 1633, quelques iroquois surprirent au Cap-Rouge, et firent prisonnier le P. Poncet
qui allait aider à sauver la récolte d’une pauvre veuve, Il fut soumis à tous les raffinements de la barbarie iroquoise, Après lui avoir fait subir la bastonnade, et lui avoir coupé un doigt dont la plaie fut cautérisée avec des cendres chaudes, on le donna à une bonne vieille qui l’adopta comme son père, Mais le conseil des Onnontagués ayant, dans le même temps, décidé de faire la paix avec les Français, le P. Poncet fut remis en liberté et partit pour Québec en compagnie des ambassadeurs,
Racontez les commencements et la fin de la mission sédentaire que les P.P, Chaumonot et Dablon fondèrent chez les Onnontagués, en 1655 ?
L'arrivée d’une forte recrue pour Montréal, et le traité de paix conclu avec les Iroquois en 1653, à la suite du voyage du P. LeMoyne chez les Onnontagués, en permettant à la colonie de respirer, semblaient vouloir favoriser les travaux des missionnaires. Aussi les P.P, Chaumonot et Dablon quittèrent Québec dans l’automne de 1655, pour aller faire une mission préparatoire chez les Onnontagués. Le printemps suivant, cinquante-cinq personnes, y compris les missionnaires, partirent sous les ordres de Dupuy, commandant du fort de Québec, pour aller fonder sur les bords du lac Gannentaha, situé au centre du pays des Iroquois, un petit établissement, qui malheureusement n’eut pas le succès qu'on en
attendait. À peine deux ans après, les missionnaires étaient informés que les cinq cantons avaient formé le complot de massacrer tous les français, Ceux-ci firent alors leurs préparatifs de voyage dans le plus grand secret, et réussirent à s'échapper pendant la nuit, à la suite d’un grand festin donné aux sauvages pour détourner leur attention. Les efforts des missionnaires pour convertir les Iroquois, restaient encore une fois infructueux.
Quels nouveaux ouvriers évangéliques de Maisonneuve amena-t-il au Canada, en 1657 ?
Craignant que les jésuites qui avaient jusque là desservi la petite colonie de Montréal et leurs nombreuses missions, ne pussent suffire à un ministère aussi laborieux ; se rappelant aussi l'intention qu'avait eue l’abbé Olier de placer à Montréal quelques prêtres de sa congrégation, de Maisonneuve obtint de ce dernier en 1657, les abbés de Queylus, Souart, Galinier, prêtres, et Dallet, ecclésiastique. L'abbé de Queylus arriva au Canada investi par l'archevêque de Rouen des pouvoirs de grand vicaire. Le P.
Poncet qui exerçait alors les fonctions de curé à Québec, remit les clefs de l’église paroissiale à l’abbé de Queylus, qui, après être allé installer ses confrères à Montréal, revint se fixer au cheflieu de la colonie.
Quel fut un des premiers actes de l’abbé de Queylus après son retour à Québec ?
Un des premiers actes de l'abbé de Queylus après son retour à Québec, fut d'aller visiter l’humble sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré, que la bonne sainte Anne avait déjà choisi pour le théâtre de ses merveilles. Comme il fallait nécessairement remplacer l’ancienne chapelle devenue trop petite, et endommagée tous les ans, surtout à l'époyue des hautes marées, l'abbé de Queylus désigna, dans cette visite, l'endroit où devait être bâtie la nouvelle église.
Quelle cérémonie religieuse présida l'abbé de Queylus, le 2 novembre 1657 ?
Le 2 novembre 1657, l'abbé de Queylus reçut les vœux d’une jeune huronne élevée par les religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec, et lui donna l’habit religieux. Elle fut la première fille sauvage admise comme religieuse, car on avait jusqu'alors redouté l’inconstance naturelle des enfants des bois, accoutumés dès l'enfance à jouir d’une liberté absolue,
Quels changements ecclésiastiques eurent lieu à l’arrivée du gouverneur d’Argenson ?
Le gouverneur d’Argenson ayant apporté des lettres de l'archevêque de Rouen, par lesquelles le supérieur des Jésuites était nommé grand vicaire pour Québec et l'abbé de Queyius grand vicaire pour Montréal, ce dernier partit immédiatement pour son nouveau poste, après avoir remis aux Jésuites l'administration de la paroisse de Québec.
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À quelle juridiction ecclésiastique avait été soumis le Canada jusqu’à l’année 1658 ?
Jusqu'à l’année 1658, le Canada avait été soumis à la juridiction de l'archevêque de Rouen, qui la regardait comme établie par l'usage. En effet, un grand nombre de ses diocésains s'étaient fixés au Canada, et, comme il n’y avait pas d'évêque sur les lieux, ils avaient dû quelquefois recourir à son autorité. Mais, depuis plusieurs années, on comprenait partout la nécessité de donner un chef à l’église qui commençait à se former; et le Saint Siège qui avait toléré l’exercice de cette juridiction lorsqu'elle était utile, avait bien le droit de changer cet état de choses lorsqu'il le jugerait opportun, en nommant un
vicaire apostolique chargé seul de la direction de la nouvelle chrétienté.
Enumérez les principaux évènements civils et politiques, depuis la reddition de Québec jusqu’à l'érection du Canada en vicariat apostolique (1632-1658)?
Les principaux évènements civils et politiques; depuis la reddition de Québec jusqu’à l'érection du Canada en vicariat apostolique, sont: 1° la fondation des Trois-Rivières par de la Violette, en 1634; 2° la découverte du lac Erié par les P.P., Chaumonot et de Brebœuf, en 1640; 3° l’érection du fort Richelieu par de Montmagny, en 1642; 4° l'attaque de Ville-Marie par les Iroquois, en 1644 ; 5° le traité de paix conclu
aux Trois-Rivières entre les sauvages et les français, et la substitution de mpagnie des Habitants à celle des Cent ciés, en 1645; 69 la découverte des riviè haudière et Kénébec par le P. Druillettes,en 46; 7° la destruction du fort Richelieu par les Iroquois, en 1647; 8° la création du Conseil de Québec, en 1648 ; 9° le massacre de Duplessis-Pochard aux Trois- Rivières, l'attaque infructueuse des Iroquois contre les Français résidant à la Pointe Saint- Charles et contre l'Hôpital de Ville-Marie, en 1651; 10© le traité de paix avec les Agniers, l’arrivée d’une recrue de cent colons, et le massacre de vingt Français dans l’île de Montréal, par les Iroquois, en 1653.