‹ Histoire populaire de la peinture (volume 2)Chapitre 27 sur 90 · CRANACH, — LA VIERGE A L ENFANT · texte numérisé non relu

CRANACH, — LA VIERGE A L ENFANT

arrondi par en haut, effilé par en bas, de leur gentil visage. Et pourtant elles diffèrent; en les faisant semblables sans pouvoir s'enempècher, Cranach faittous ses efforts pour leur donner des expressions très correspondantes au rôle qu'elles jouent, et l'on voit fort bien ce qu'il a voulu dire. Aussi, pour peu que l'on sache se mettre à l'unisson de son sentiment peu compliqué, mais très sincère, des personnages et des drames, pour peu qu'on épouse avec un peu de son ingénuité

la gailé ou 1 emolion que comporte une scène, qu'on aime comme lui à s'entretenir doucement, sans vues profondes, avec d'aimables petites bonnes femmes, jeunes et fraîches dans leurs beaux attifements de velours rouge, gris ou noir, brodés d'or, rehaussés de joyaux, enguirlandés de colliers, on y prend un plaisir extrême. Il ne faut pas faire le dédaigneux avec un homme aussi nature; ce serait peine perdue d'exercer des critiques et l'on passerait à côté de lui sans le comprendre, par conséquent en perdant un très bon amusement. Il n'est pas malaisé de voir ses défauts, ou plutôt les défauts qu'il aurait si on le comparait à Uaphaël. C'est pourtant l'erreur que tous les critiques ont commise, et ils

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