‹ Histoire populaire de la peinture (volume 2)Chapitre 41 sur 90 · FRANCISCO DE RIDALTA. — LE C II R I S 1 MORT SOUTENU PAU DEUX ANGES · texte numérisé non relu

FRANCISCO DE RIDALTA. — LE C II R I S 1 MORT SOUTENU PAU DEUX ANGES

arJent de l'art italien sans avoir été en Ilalic aulremciit que dans ses entretiens

avec son maiiro, l'acheco aurait à jamais stérilisé l'école si cela avait été en son pouvoir, et si les destinées d'un art n'avaient pas d'heureuses fatalités sur lesquelles il n'est pas de théories qui puissent prévaloir. Le fond des théories de Pacheco est une sorte d'orthodoxie créée de toutes pièces, et fondée sur les Écritures, interprétées d'ailleurs d'une façon parfaitement arbitraire et conventionnelle. La peinture ne doit être pour lui qu'un moyen de seconder et d'exciter la piété; aucune fantaisie, aucun caprice personnel ne sont permis au peintre ; Pacheco met tout en dogmes. Aussi se passe-t-il ce fait vraiment caractéristique et unique : le peintre est investi de fonctions officielles dans cet ordre d'idées même ; en 1G88 il est chargé par l'Inquisition de la mission de veiller à ce que les peintres observent dans leurs œuvres la morale et l'orthodoxie. Cela présente un côté grave qui est voisin du comique, et ce qui achève de rendre la situation du sérieux et digne Pacheco fort pi(iuante, c'est que vers la lin de sa carrière, il fait lui-même des concessions aux tendances qu'il a combattues; il cherche à faire vivant et vrai, sous l'influence de son élève et gendre Velazquez! Ses épisodes de la V?e de mini Pierre Noiasqite, au musée de Séville, sont le plus important témoignage des gages donnés par lui à la peinture qu'il aurait condamnée dans la première partie de sa carrière.

L'école d'Andalousie présente du moins vers le même temps un très beau peintre qui fait un contraste complet avec les précédents; c'est le licencié Juan de LasRoëlas, qui comme Cespedes avait (juitté Séville dans sa jeunesse pour aller étudier la peinture en Italie, mais avait été attiré par Venise, décidément meilleure conseillère qucUome pour les éniigrants espagnols. Il esta supposer que ce fut Tintoret qu'il choisit pour modèle, et on pourrait étudier Las Roëlas avec quelque détail, si de l'atelier même du mailre vénitien n'était sorti un extraordinaire artisie de (pii l'œuvre aura une portée bien autrement grande que celle du licencié, malgré son beau talent et son généreux tempérament.

Une des plus belles œuvres de la peinture espagnole avant la grande période, et la plus belle de Las Roëlas, est la Mort de saint Isidore, dans l'église paroissiale de San Isidro, à Séville. C'est une composition vraiment imposante,, et quL^peul être prise comme type des grands tableaux religieux de l'école : une gloire dans la partie supérieure, ouverture sur le Paradis, et, dans la partie inférieure la scène proprement dite, traitée dans un esprit nalnralisle, ou pour mieux dire avec une attentive observation, dramatisée, de la vie réelle. Le Christ et la Vierge, assis parmi les nuées et entourés de groupes d'anges porteurs de palmes et joueurs de symphonies, tiennent des couronnes ; d'autres anges jettent des roses qui viennent tomber dans l'église où se lient l'archevêque mourant- Cette vision céleste est évidemment celle qui se présente aux yeux du saint qui vont se fermer, car les assistants sont exclusivement occupés de sa mort édifiante, plongés dans leur douleur, attentifs à son dernier souflle, enfoncés dans-

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la pi-irro. Tous oui ces plnsioiioniies ravagées ou extasiées, celle gravilc

d'hommes mûrs, ou celle tranquille piélé d'enfanls que les grands peinlres espagnols ont données à des portraits aucunement idéalisés quant aux traits matériels.

(le sont ces trails de nalure prise sur le vif qui excitaient la démangeaison de controverse de J^acheco ; et,'celui-ci relevait avec le plus grand luxe d'argumentation tel détail familier, tel accessoire vrai que Roélas aimait à introduire dans ses tableaux : des fruits placés à la portée de la main d'une Sain/e Anne enseignant la lecture à la Sainte Vierge devenaient, entre autres, matière à tout un procès en règle.

La cathédrale et le musée de Séville contiennent des peintures importantes de Las Roëlas, et le musée du Prado possède un Frappement du rocher avec

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