JOSHUA REYNOLDS. — JOHN HUNTKR
lice, son gros corps, sa grosse main, son habit ])run à boulons de métal,-; Ueynolds, grave et distingué, en manteau rouge et en petit chapeau nuir dans un despoi'lraits, et en simple habit brun dans l'aulrc ijui présente même plus de vie et d'intensité physionomiquc cpie le précédent.
U'autres pages comptent parnu les plus importantes et les plus travaillées de l'œuvre: Le Portrait équestre de Loi'd Ligonier, considérable morceau qui remonte à 1760; Les filles de sir Wi//iaiu Moiitgonuii/ soits lu ligure des Ordres, repré-
ÈCOLK .\N(.L.\ISli:.
sonlt'os ;ill(''goii(|iiciiioiil, drcoiant une slaliic de l'h\ iiicii, pciuliiro (runc très riche couleur, et où les Irois p('rs(>iinaj;c's, malgré le charme t\\\o Kcynohls savait donner à ses ligures de femme, ne sont pas dépourvus d'ad'ectation, (hins celte toile un peu grande et Aide, ('e n'est d'ailleurs pas dans ce genre allégorirjue, qui lui est assez ilier. (|ue l{(^ynolds se mouli'e le plus saisissant: il y
JOSHUA IIEY.NOLDS. — LE SERPENT SOUS L HERDE.
a bien de la grâce et de l'invention personnelle ilans ses fantaisies telles que la capricieuse petite Bobinetki, ou dans cette tîgure d'enfant intitulée VA(/e ifimwrcnce, ou cette autre surnommée VEnfant Samuel en prières, ou enlin dans les allégories telles que le Serpent dans l'herbe, enfin les célèbres Têtes d'amjes si souvent copiées. Mais dans toutes ces œuvres c'est là que règne cette couleur un peu factice, ce parti pris de tableau de vieux maître, qui malgré le talent et le
302 HISTOIRE POPULMItE DE LA PEINTURE.
savoir déployés sont moins altrayanls, moins véiilublcment ])eau\ que les grands portraits simples et forts où Reynolds savait donner la vie en même temps que le style à des types d'hommes et de femmes de sa race et de son temps. Dans les premiers, chargés et surchargés de couleur roussie à foi'ce de vouloir être chaude, il tentait de faire du Titien ou du Hembrandt; dans les autres il faisait seulement du Reynolds.
ha N(f/!oniil Gallcri/ possède encore d'autres beaux portraits du genre franchement anglais : par exemple, La Comtesse d' Albermarle , le portrait de Deux jeunes fjentilsliommes, ('(c.mais ces superbes morceaux présentent encore une certaine froideur auprès des parfaits portraits de femmes et d'enfants dans les grandes collections dont nous allons énumérer ({uelques exemples.
Ladfj Frances Marsliain en costume crème et violet saumoné, superbe harmonie, avec un très beau fond de paysage, collection de lord Burton, ainsi (|ue le portrait de Lady Sunderlhi, également sur fond de paysage ; elle tient dans la main droite le bout d'une écharpe degaze jetée par-dessus son épaule, écharpe enlevée avec une légèreté de pinceau admirable ; le costume est blanc, brodé d'or, avec une ceinture d'or, un collier de perles ; la chevelure est bouclée et poudrée. 3Jrs. Curnac, collection de lady Wallace, d'une harmonie analogue an précédent portrait, également fort belle. iVr.s\ Je/f Powi/s et sa /î:7/e, collection Wertheimer ; un véritable chef-d'œuvre, tout en blanc et rose saumon, avec deux seules notes qui relèvent encore cette harmonie, la ceinture dorée de la mère, et la ceinture bleu ciel de la fillette ; ces deux exquises figures, pleines de jeunesse, de grâce, sont enlacées avec un naturel et une tendresse inexprimables; elles sont assises dans un jardin aux lointains habilement fuyants, un fond superbement doré. 31rs. Kilh/ Fisrliei\ collection de lord Houghton, en rose blanc et bleu, avec une natlc de cheveux retombant sur la poitrine ; elle est assise sur un canapé vert et joue avec des tourterelles; c'est un portrait d'une grâce fine et voluptueuse. Bli's. Payiie Galliveu et snn fils, collection Pierpont Morgan, figure à mi-corps, arrangement plein de gaîté et d'espièglerie, le petit bonhomme aux boucles blondes à califourchon sur le dos de sa mère, portrait peint dans la manière grasse et dorée de Reynolds. Mrs. Crewe en sainte Geneviève, collection de lord Houghton ; un beau portrait pourtant quoique dans la manière allégorique ; mais il semble qu'une fatalité se soit acharnée après les portraits et tableaux de cette catégorie. Alors que les autres restent frais et clairs comme s'ils étaient peints de la veille, ceux-ci se noircissent, se plombent, se roussissent, en un mot se ressentent du labeur de l'artiste et de sa technique inutilement, pour ne pas dire dangereusement, compliquée.
Un des plus beaux portraits de Reynolds qu'il nous ait été donné de voir, et il nous semble difficile qu'il en existe de plus beau, tant il est éclatant, gracieux, parfait, c'est le Portrait de Ladij Delmé et de ses enfants, collection \\'ertheimer.
fiCOLE ANGLAISE.
Une joiiiie mère, assise au pied d'un arl.i-c, cl Icuaiil cou(i-e clic, le hras i>ass(; autour d'eux, un garçonnel et une lilletic; la uiric esl m l.lanc, avec un grand manteau de ce magnilhiue rouoe éteint particulier à Heynolds, couvrant à demi les genoux; sa coillure est très haute, mais d'un goni parfail; le fds est en rouge vif, la fille en blanc avec une large ceinture bleue; à leurs pieds est couché un
JOSUUA REY.^OLDS.