TEK BORCU. — MILITAIRE MONTRANT DE L-OR A UNE DAME
que les autres musées d'Europe. A Amsterdam, c'est le tableau légendairemenl dénommé cl sans valable raison la Remontrance paternelle, le meilleur il est vrai des collections publiques hollandaises, et le plus fin, mais en assez mauvais état de conservation, comparé à la réplique qui en existe à Berlin; puis deux portraits, dont un soi-disant du peintre; une copie de l'admirable Paix de Munster, ce tableau magnifiquement ordonné et magnifiquement peint de la National Galler} ; enfin une détestable et calomnieuse copie, que le musée devrait cacher ou détruire, d'une merveilleuse petite babiole de la Pinacothèque de Munich : Jeune garçon êpuçant un chien. Au musée de La Haye, un inh ■ressaut portrait de Ter Borch par lui-même et la Dépêche, un assez bon tableau militaire et galant, mais bien inférieur à notre splendide soudard du
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Louvre. Enfin à Deventer, un importani tableau officiel représentai le Magistrat de la ville, c'est-à-dire la réunion des autorités dans la salle du conseil. El c'est ton! pour les collections officielles. Il faul encore ajouter le beau TerBorchde la collection Steengrachl à La Haye : une bonne grosse petite mère en corsage
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vert qui peigne sa fillette, et le très beau de la collection Six : une des plus parfaites Parties de musique qu'on puisse voir, égale à relie que possède en réplique la National Gallerj .
.Mais cela ne suffil pas pour bien connaître Ter Boreh. Il faul avoir vu à Berlin le Rémouleur, les quatre superbes Portraits, el le lin Concert acquis en ces dernières années; à Dresde, la Dame qui se (ave les mains, la Dame dam sa
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chambre, divers autres petits tableaux; à Munich, le Trompette: à Londres, surtout, le chef-d'œuvre nommé la Paix de Munster ; au Louvre, outre ceux que nous avons cités, la belle Leçon de musique, si expressive, la forte petite esquisse d'un Concile, et la Lecture, fine babiole de la salle La Caze; deux délicieux tableaux à Cassel, une Musique de chambre et une Joueuse de luth; le très curieux tableau de la Fête des Parents, dans la galerie Lichtenstein, à Vienne, exemple du comme il faut el du décorum familial, enfin quantité d'autres d'importance variable, dans diverses galeries. Voici de quoi peut-être faire revenir sur une imperceptible défaveur.
Il n'y a pas grand'chose à dire de la vie de Ter Borch ; elle fut celle d'un lu mime de lu mues famille et éducation. Ter Borch, entre son père Gérard re vieux, sa sœur < lésina, son frère Moses, tous gens sachant peindre ou dessiner, eut toutes les facilités de précocité nécessaire. 11 naquit à Zwolle en Kit 7, et mourui à Deventer en 1681. Il avait beaucoup voyagé en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en France même. Mais son art ne sent point l'exotisme; il es! profondément hollandais. Son éducation, après les leçons paternelles, s'était terminée à Haarlem avec Pieter Molyn. On considère qu'il subit là l'influence de Frans liais. Il est possible que Ter Borch ait pris là le goût de larges el sobres harmonies, mais il rappelle Hais à la façon dont Gérard Dou rappelle Rembrandt. Ce serait toutefois faire un trop mauvais compliment à Ter Borch si l'on prenait celte comparaison dans un sens absolu.
Gérard Dou en effet (1613-1675) ne rappelle en aucune façon Rembrandt. On peut seulement, voir ce qu'il lui doit, el constater ce qu'il en a fait! Ce peintre aussi célèbre «pie sot, ne pouvant flatter que ce qu'il y a de vulgaire et de puéril dans le goût des foules, ce peintre né à Leyde, cette Leyde où il semble que Rembrandt et Jan Steen soient nés par erreur, et qui depuis ne produisit plus jamais qu'une lignée de succédanés de Gérard bon 'mis à part Metzu el Brekelenkam dont le cas est tout particulier), ce polisseur de miniatures qui n' est rien moins qu'un artiste, conservera encore longtemps sa réputation ; nous ne nous faisons pas d'illusion à cet égard.
Leyde, nous l'avons vu, était prédestinée: elle était comme aménagée pour devenir bien plus une ville de lettres, de sciences, de philosophie, qu'une ville d'art. Son université glorieuse aurait sans doute, si elle avait eu à se préoccuper de cela, suscité un art orienté vers le classicisme plus que vers la vie. lie toute façon, en se promenant dans celte \ ille charmante et paisible, savante, un peu pompeuse, un tantinet coquette de pédantisme, où les loueurs île chambres meublées à l'usage des étudiants se gardent bien d'afficher : Kamer le huvr, mais bien : Cuèicula locanda, Ion comprend encore maintenant que les philosophes n'aient pu \ faire que de beaux raisonnements indiscutables et les peintres, sauf le vieux Lucas Jacobsz et le robuste Van Schooten, que de j>< t i 1 s tableaux
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léchés cl émaillés. S'il esl parfois difficile de définir en peu de mots ce qui caractérise les écoles de Haarlem, d'Amsterdam ou de Delft, du moins les deux
TER llùriCH. — LA JOUEUSE DE L U ï U .
termes que nous venons d'employer suffisenl pour faire reconnaître l'école de Leyde à ne plus jamais s\ tromper.
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Ce que dul Gérard Don à Rembrandt? L'art de modeler en partant d'un système d'éclairage donné : plus de la moitié de l'œuvre de Gérard Hou est bâtie sur le système d'éclairage latéral qui règne dans le Ménage du menuisier. Dou, à l'atelier de Rembrandt, apprit évidemment à jouer avec la lumière, et il se plut à l'aire de ce savoir le plus puéril usage possible, comme dans la célèbre Ecole du soir du musée d'Amsterdam. Mais cette adresse devient une chose bien secondaire quand il y a aussi peu de cerveau. Gérard Hou, qui étonne toujours les passants par la minutie extraordinaire avec laquelle il pousse les chairs jusqu'à l'ivoire, les objets jusqu'au marbre poli, la peinture jusqu'au trompe l'œil, es! quant au reste l'antipode de l'artiste. Il est sentimental à faux, pleurard ou gracieusant. Ses tableaux les plus célèbres, VEcole du soir, la Femme hydropique du Louvre, la Jeune mère du musée de La Haye, etc., demeureront toujours des choses froides, convenues et mesquines, parfois même niaises, car il est uni' habileté qui est juste le contraire de l'esprit.
Deux hommes passèrent par l'atelier de Gérard Dou, qui viennent fort à propos nous permettre de montrer sans prévention que l'esprit peut se concilier suit avec le grand soin, cela n'est presque pas une opposition, soit même avec l'extrême minutie. L'un est Brekclenkam, l'autre Metzu.
Brekelenkam (vers 1625-1668) a un dessin peut-être moins serré que celui de son maître, niais bien plus robuste et plus intelligent, une couleur moins variée, mais infiniment plus belle et plus chaude, et, dans l'observation de la vie, un sentiment modeste et bienveillant qui lui assigne une place touchante, et M'aiment c'est lui plutôt que Dou qui se montre l'élève de Rembrandt. 11 vivait dans le même temps, et on peut penser qu'il l'admirait plus qu'il n'admirait Gérard. Brekelenkam, dans ses intimités, souvent tirées de la vie des \ieilles femmes, montre les mêmes qualités que Nicolas Maes, sauf peut-être la vigueur de la touche et la richesse de la pâte, mais un sentiment infiniment plus vrai et comme plus tendre. Macs considère ses vieilles comme des sujets de romance bons pour vendre, BreklenUam leur porte un sincère intérêt.
La Consultation de la salle La Gaze est un très bon échantillon de sa manière, mais il faut, pour la bien apprécier, l'étudier au musée d'Amsterdam, qui contienl six beaux tableaux de lui, au musée de La Haye qui en a un bien excellent aussi, les Ventouses, enfin dans la collection Six qui possède peutêtre le plus touchant, le plus pénétrant : une vieille femme assise dans un fauteuil et soutenue par un oreiller blanc, une femme plus jeune, assise, casaque et tablier vert, jupe rouge, un enfant avec (die, et un autre enfant, un gamin blond vêtu de gris, mangeant assis près de l'àlre. un de ces tableaux de \ ie morne, h simples et si justes qu'ils serrent le cœur peut-être >ans raison après tout, puisque telle est la vie...
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Metzu esl beaucoup moins mélancolique. Il fréquente le beau monde comme Ter Borch, mais, ne vous semble-t-il pas ? il le prend un peu moins au sérieux, et d'ailleurs il ne crainl pas de s'encanailler parmi les marchands de poulets