VAN UTRECHT. — POISSONS
en \WM il partira définitivement pour Londres sur l'invitation expresse de Charles Ier en qui sa distinction, son talent, trouveront un admirateur et un protecteur. Il ne reverra Anvers qu'une luis, en 1634. Son éducation première, sa plus haute et sa plus forte phase de production le font peintre flamand de race, d'inspiration el de métier et évitenl toute contestation que pourrai! faire naître une vie aussi errante. Toutefois il faudra considérer \an Dyek comme le véritable fondateur de l'école anglaise ; nous expliquerons à souhail ce phénomène dans un prochain volume.
La \\c de l'artiste devient, dans celle cour brillante et prodigue, tout à l'ait luxueuse el en même temps tout à l'ail grisante el épuisante : il n \ perdra poinl son talent, mais il \ usera sa santé. Il esl magnifiquement traité par Charles 1er ; il a résidence d'hiver à Blackfriars, résidence d'été à t'.llliam; il
est chevalier, peintre de Sa Majesté, pourvu (l'une pension de deux cent livres; tout ce qui occupe un rang se fait peindre par lui; il peut mener un grand et princier train de Nie Les dernières années sont plus sombres. Van Dyck ne peut avilir un important travail de décoration de White hall, qu'il désirait a ivement. Sa Majesté n'est plus maîtresse chez elle; ses dépenses sont' surveillées ; des orages grondenl : les protecteurs les plus zélés de son peintre sont eux-mêmes menacés. Van Dyck épouse Mary Ruthven, fille du comte de Gowrie, et il ne trouve point dans celle union la sérénité et la pleine satisfaction du cœur. Enfin en 1641, il éprouve une assez vive déception, n'ayant pu obtenir à si m voyage en France, la commande des décorations de la Grande Galerie au Louvre, qui venaient d'être confiées à Poussin. Nous avons \ u naguère que Poussin lui-même dut abandonner ce travail par suite des humiliations qu'il lui valut; il était dit que la cmir de France nie saurait s'assurer, pour nue œuvre qui aurait été si glorieuse, la main d'un grand artiste. 11 ne faut pas croire cependant connue on l'a dit, que cette déconvenue put être pour Van Dyck une cause active de sa mort qui eut lieu dans la même année ; lorsqu'il mourut sa fortune était encore considérable pour l'époque, se montant à 20 000 livres sterling ; il n'était donc point aux abois, et il faut mettre au rang des plus ridicules légende-, celle qui le représente cherchant à faire argent grâce à des expédients et or grâce aux pratiques d'une douteuse alchimie. 11 laissait à quarante-deux ans une œuA re considérable, que l'on catalogue par plus de quinze cents peintures.
Que ciler dans ce grand ensemble, même en éliminant déjà tout ce que Van Dyck n'a l'ait que revoir et retoucher sur le travail de ses élevés? Nous avons essayé de résumer ce qui en caractérise le sentiment et le métier, et les exemples exquis ne manqueraient point. Au Louvre, nous avons cette admirable Vierge aux Donateurs d'un sentiment si pur. si gracieux et si austère, d'une harmonie si grave, el dans laquelle les portraits eonservenl presque toute la netteté et la précision des grands primitifs flamands avec un accent d'humanité moderne : puis plus d'un tableau de sainteté et de genre, dont la plupart, sauf la Vierge et l'Enfant adorés par des Saints et la belle petite esquisse du Christ pleuré par la Vierge, doivent être découverts avec peine sur les hauteurs où on les a relégués. Qui peul se rendre compte de la beauté des deux Martyres de saint Sébastien, de Vénus demandant des armes à Vulcain, de Renaud et Armide? Qui peul même apprécier, bien que les portraits soient un peu mieux traités dans notre musée, celle grande effigie équestre de François de Moncade, qu'il faut considérer comme un des plus beaux Van Dyck t\\\ monde, et que l'on a placé 1res haut dans la -rande galerie et du côté le moins éclairé? Van Dyck esl un des maîtres qui souffrent le plus du désordre qui règne dans nos salles, el des placements abandonnés au pur hasard ou basés si ingénieusement sur le formai des toiles, et des pendants auxquels elles peuvent se prêter ! .Nous disons qu'il en souffre infi-
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niment, parce que les vingt-quatre ou vingt-cinq œuvres que nous avons de lui