‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 45 sur 126 · S E G H E US. — ANNONCIATION · texte numérisé non relu

S E G H E US. — ANNONCIATION

mè , et celles qui au contraire tirent leur prix de ce qu'elles offrent de recherché cl de mondain comme le Duc de Richmond, de relevé, de galant cl île juvénilemenl chevaleresque, comme le double portrait îles ducs Charles- Louis de Bavière et Robert de Cumberland, de royal enfin, de mélancolique el île brillanl comme ce parfail Charles I ' qui lui-même n'occupe poinl la place de grand honneur qu'un pourrai! lui créer. Tout cela est dispersé', jeté à des places secondaires ou affaibli par des voisinages médiocres. Hélas! ce n'est pas nous qui verrons encore mettre en pratique chez nous cet art si utile et si respectueux d'enchâsser comme ils le méritent, les inappréciables joyaux du passé. Il faut renoncer à donner une idée des richesses que possède Munich, el que sa Pinacothèque a su grouper avec tanl de goûl el de grandeur; il \ a là quarante et une œuvres admirables, dont quelques tableaux el le plus grand nombre

de portraits, parmi lesquels cette exquise peinture en blanc el brun don!

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nous avons parlé, limage même de Marie lUithvcn, la femme de San Dyck. Munich peut ainsi rivaliser pour la qualité des œuvres, avec l'Angleterre elle-

même et ses Irois cent cinquante tableaux répartis entre la National Gallery, les Palais de Buckingham et de Windsor ei les collections particulières; on ne connaîl à fond Van Dycl< etRubens, qu'après les avoir vus à Munich.

A Dresde presque autant de chefs-d'œuvre bien que moitié moins d'oeuvres : par exemple une Ivresse de Silène, pleine d'espril cl de mtyc. différente de ce qu'ont pu luire de ce thème Rubens ou Jordaens : un Silène avec une tête couronnée de feuilles, une bacchante drapée de bleu vraiment délicieuse : un superbe portrait d'Henriette de France, reine d'Angleterre : et dher- autres encore, de premier ordre.

A Berlin, surtout le Couronnement d'épines, et plus belle encore aneJPieta d'une harmonie si rare que nul ternie de comparaison ne saurait être évoqué; ce n'est ni Rubens, ni Titien ni Véronèse; c'esl Van Dyck plein de jeunesse, de richesse dans les yeux, Van Dyck retour d'Italie et triomphant à Anvers.

On voit combien dans tous les grands pays civilisés ce prestigieux peintres'esl répandu et s'impose. Parmi toutes les belles œuvres 411e possède aussi le musée de .Madrid, on prend au hasard des souvenirs, et on se rappelle le J 'ail rai/ du peintre Ryckaert, accoutré à l'orientale dans son riche manteau de salin rouge bordé de fourrures, les portraits de la Comtesse d'Oxford, de la Marquise de Leganès, du Comte de lier;/, d'un Musicien, le Baiser de Judas, une des plus importantes pages d'histoire de l'œuvre.

En Angleterre, ce n'est pas la matière d'une longue notice, mais d'un li\ re tout entier que fournirait la description succincte d'une telle réserve de richesses : Charles / • cl sa famille. Charles /"' et le sire de Suint- Anthony, les Fils da duc de Buckingham, les Poètes Carew et Filligrew, la Duchesse de Richmond, etc.. à Windsor : Marguerite Lemon à Hampton Court : entre autres à la National Gallery, le grand Charles I ' à cheval, magnifique harmonie en gris bleu et brun clair, avec quelques notes blanches; on ne peu! pas tout citer, ni même seulement les 1res belles choses. El devrai! encore noter des œuvres de grand prix à l'Ermitage, à Vienne, à Bruxelles.

Du moins il faudra, en terminant, revenir à Amers où nous demeurerons sur la poignante impression de deux œuvres parfaites, deux de ces œuvres trempées au plu- pur sentiment : le Christ sur les genoux de la Vierge, cl le Christ déposé de la Craie. ( )n ;i ilil de ce dernier laldeau à cause de certains détails de style ou de facture, tels que la robe jaune de Madeleine, qu'il étail visiblement reflété de Rubens. \h ! comme c'est autre chose, cl comme une âme au moins aussi éloquente, mais d'une éloquence bien différente, à la l'ois plus simple cl plus profondément troublée, s'épanche en ce geste de la pénitente désolée, ce geste si tendre, si respectueusement passionné et -1 Mu ;

Lorsque Van Dyck mourut presque au même moment que son maître Rubens, et tous deux laissant, au dire des chroniqueurs qui aiment le classement.

ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE

Jacob Jordaens en possession du titre de « premier peintre », l'école se trouva sans doute en grand deuil. Toutefois s'il ne restait guère qu'un très grand artiste (Téniers n'étant pas encore à son apogée, Brueghel de Velours cl Brouwer

étant morts), ce n'étaient pas encore les peintres qui manquaient; nous entendons les plus méritoires el les plus dignes d'attention. Etait-il un -en] d'entre eux qui fût de taille à renouveler l'école, el à la sauver d'une définitive décadence qui ne pouvait plus manquer d'arriver, même si les destinées du pays

HISTOIRE IMU'U.AIIŒ DE LA PEINTURE.

n'eussent pas été de connaître bientôt les heures fatales? C'est ce qu'il nous reste à \<>ir. procédant désormais plus rapidement, et pour cause.

Gaspard de ('.rayer (1582 à 1669) est, des contemporains de Rubens, de Van Dyck et de Jordaens, celui qui a laissé le plus grand nom dans les Flandres <l l'œuvre la plus considérable. Pourtant, comment se fait-il que pas une de ces grandes toiles, qui décèlent un beau tempérament de peintre, un dessin ferme el non dépourvu d'allure, une couleur assez brillante, plutôt un peu rose, comme sérail du Jordaens décoloré, ne laisse pas de profonds souvenirs ni ne cause de grandes émotions? C'est que sans être ni l'élève, ni le condisciple de Rubens, Crayer paraît avoir été M'aiment hanté par le désir de rivaliser avec son grand contemporain mais sur le même terrain que lui. et sans avoir la finesse parti-

l'YT. — CHIEN OAHDANT I. !•: GIBIER.

culière, la sensibilité el l'éloquence innées de Van Dyck, ni la magistrale et générale sensualité de Jordaens.

\ oyez au Loin iv 1rs deux tableaux que nous possédons, si vous ne pouvez étudier Crayer dans les Flandres où on le rencontre abondamment, et à chaque pas. Ni l'un ni l'autre ne paraît indispensable au musée, sinon historiquement. Peut-être même avez-vous passé cenl fois à côté, sans les voir. \JExtase de saint François esl une belle toile, bien ordonnée el de belle couleur. Comparez-la aux Vendeurs chassés du Temple de Jordaens ou kl' Adoration des Mages de Rubens. Le Portrait équestre de Ferdinand d 'Autriche esl une grande page de bonne allure et d une tenue à l'aire' honneur à une école : rapprochez-le i\u portrait de François deMoncade, donl elle est voisine el donl elle a leformat.

Cependant ('.rayer étail doué de façon à occuper une place magnifique même auprès de l'impérieux el absorbant Pierre-Paul. Sa a ie et quelques morceaux de

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son œuvre le démontrent. La vaillance avec laquelle il peignait à quatre-vingtcinq ans le Martyre de saint Biaise (musée de Gand) prouve un tempérament aussi extraordinaire que celui de ses rivaux.

D'autre part, il tenait encore plus directemenl que liubensaux traditions du

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