I.NTEHI ECU M L' N E CL'ISIN E
grande influence, celle de Rembrandl s'incarnant el revivant dans des artistes admirables comme Pieter de Hoogh el Vermeer, il nous faul passer par toute une série d'élèves ou de tributaires du souple et entraînanl peintre de llaarlem. Il esl vrai qu'on a de quoi se consoler de ne pas aller aussi vite qu'on Munirait. lorsqu'on rencontre sur sa route; Dirk liais, Pieter Codde,Jan Miense Molenaer,
Sorgh, Adriaan Van Ostade, Jan Steen et Ter Borch. Nous venons de définir du même coup et à très grands (rails l'espèce de « ligne de partage des eaux a de la peinture hollandaise : Haarlem et Frans Hais, Amsterdam et Rembrandt.
L'influence de Frans Hais s'est exercée sur quantité de peintres indirectement, et par de multiples répercussions, difficiles à déterminer, plus difficiles encore à prouver, si certaines qu'elles soient. Mais sur les artistes que nous venons de nommer, du moins, celte influence est, ou tout à fait directe, ou très aisée à déduire. Hais peut être lui-même considéré comme le premier en date et le plus brillant des grands peintres de mœurs du \\iic siècle. Les tableaux de Régents et de Corporations que nous avons étudiés ne sont pas seulement des formalités picturales, ce sont, nous l'avons dit, de vraies pages de l'histoire des mœurs. De plus, elles ont donné l'essor à quantité de pages similaires, et ont été un appel à la verve ; enfin certains morceaux tels que la Nourrice du musée de Berlin, les diverses études, si vivantes, si crânes de la vieille Bohémienne Hille Bobbe, dans différents musées, les petits Chanteurs, les Nègres, les Buveurs joyeux, dont les musées de Berlin, de Cassel, etc., présentent de 1res beaux spécimens, sont certainement des éludes de mœurs en même temps que des morceaux de savoureuse et joyeuse peinture.
Parmi les élèves de la première heure, nous citerons à l'atelier de Hais, d'abord son frère Dirck Hais (1589-1656), HendrickGerritzPot(vers 1 585-1657), Esaias Van de Velde (vers 1590-1630) etPieterCodde (1600-1678). Dirck Hais, dans de petits tableaux pleins d'entrain, qui sont comme des Frans Hais en miniature, quoique d'une facture plus maniérée, plus léchée, mais bâtis sur les mêmes harmonies, présente des réunions de dames, de seigneurs menant assez joyeuse vie. Ces tableaux qui sont rares, sont d'une assez jolie bijouterie, comme en peut témoigner celui que nous avons au Louvre.
Hendrick Gerritz Pot, dont on voit surtout dans certains musées à Berlin entre autres) des portraits analogues à la petite image de Charles Ier, très finement exécutée, que possède également le Louvre, était né à Haarlem en 1589. Il avait eu pour premier maître celui même de Frans Hais, Càrel Van Mander, mais il ne larda pas à subir très sensiblement l'influence de Frans; il avait à l'occasion beaucoup de bonne grâce et de souplesse ; un des trop rares tableaux qu'on ait de lui, le [trouve ; une certaine Société galante, du musée delà Haye. très joli pelit tableau de genre, vif de couleur et aisé de touche. On connaît un excellent élève de Pot, c'esl Willem Kalff (1621-1693 excellent peintre de natures mortes et d'intérieurs. Le Louvre a de lui trois tableaux, dont un Intérieur de chaumière, que l'on semble dédaigner aujourd'hui, puisqu'on l'expose dans les plus mauvaises conditions possibles, mais que des peintres français comme Millet el Bonvin admiraient vivement el ne manquaient jamais de venir étudier quand ils allaient au musée, ce qui est une garantie plus valable que le
ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAIS!
dédain des conservateurs actuels. Willem Kalff, toutefois, fixé à Amsterdam, a visiblement subi l'influence de Rembrandt, plus aisée à retrouver dans ces petits tableaux que celle de Frans Hais.
Remarquons en passant, à ce propos, que ces expressions à' influence et d'éducation ne doivent toujours être prises que dan- un sens relatif et toujours très variablement limitées par le degré même d'originalité qu'apporte avec lui chaque peintre et qu'il ajoute à ce que lui a donné son maître proprement
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dit, ou le maître pour qui il a éprouvé la plus vive attraction. De telle sorte que dans certains cas, si l'on n'était pas matériellement sûr de ces rapports d'élève à maître, ou de contemporain à contemporain, des assimilations certaines aboutissent à de si profondes transformations qu'il serait presque impossible de retrouver trace d'opérations si subtiles et si complexes. Aussi rien n'est-il plus passionnant et aussi plus facilement déroutant que l'étude des peintres.
N'est-ce pas une curieuse filiation que la suivante, et quel rapport s'aviserait-