‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 88 sur 126 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Les grands peintres de mœurs. -- Lecole de Haarlem. — Adriaan Van Ostade. — Analyse de •■ Lu Famille de Van Ostade ". — Les spécialistes ri les peintres d'animaux, eh'. — Adriaan Van de Velde.

Il riait impossible de ne pas nommer déjà, dans les pages qui précèdent, quelques-uns des plus grands peintres de mœurs. Tout les annonçail ri tout nous préparait à eux. .Nous voyions surgir devant nous les portraits de leurs contemporains. Nous connaissions louis maîtres. Nous nous promenions dans les campagnes qu'ils avaient cent fois traversées, dans les villes où ils avaient M'en, et même don) leur pinceau camarade avait plus d'une fois étoffé I les représentations peintes par les grands paysagistes. Que dire encore? Nous rencontrions aussi tout à l'heure quelques-uns de leurs prédécesseurs, et aussi de leurs parents, et des les origines mêmes quelques-uns de leurs directs ancêtres. Puis, dans l'école hollandaise tout se lient, tout se correspond h étroitement el harmonieusement, que loi paysagiste ou tel portraitiste, évoquail aussitôl l'idée de tel peintre de scènes de la Aie. Comment, dans ces conditions, ne connaîtrions-nous pas déjà toul au moins les noms de Van der Meer de Delft, de Pieter (le lloocli. de .lan Sleen. d'Adriaan Min Ostade'? Si nous avons réussi à vous inspirer tant soil peu d'intérèl pour quelques-uns de leurs maîtres ou camarades, vous êtes déjà disposés à les comprendre euxmêmes.

Nous ne disons pas : à les connaître, car on ne les connaît jamais complètement. Ils réserveront toujours quelque surprise soil dans leur œuvre, soil

il) Cette expression désigne une assez curieuse pratique, très fréquente au \\ n ' siècle, el qui consistait à faire peindre des personnages, des animaux, etc., dans un paysage, dans un tableau d'architecture, etc., par un autre peintre que l'auteur de ce tableau, adriaan Van de Velde étoffa souvent lc~ tableaux de Ruysdael, de Wynanls, etc.

dans leur personne. Chacun a sa manière de vous séduire et de vous frapper si vivement qu'une fois un seul de ses tableaux vu, vous pouvez la plupart du temps vous passer de toute signature et de quelque indice que ce soit pour reconnaître tout le reste de son œuvre. .Mais reconnaître un homme quand on le rencontre, ce n'est pas le connaître. Presque tout nous échappe relativement à certains des plus grands peintres du xvnc siècle hollandais. Nous ne savons ni comment ils se sont formés, ni comment ils ont vécu, ni qui ils étaient au juste, ni commentils travaillaient. C'est pour cela qu'il nous est si loisible de dire tant de jolies choses à leur endroit : nous avons le champ large, toutes les suppositions nous sont ouvertes. Puis, ce sont des charmeurs : ils vous mettent en joie

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et l'on se croit assez facilement éloquent soi-même quand c'est eux qui parlent.

Tant de si belles et élégantes pages ont été écrites sur eux depuis le peu d'années qu'on les aime, qu'on ne saurait que tomber dans d'involontaires redites. Ce qu'il faudrait essayer de faire, et ce qui restera toujours à faire, c'est de les expliquer d'une façon liés sobre et liés juste, en évitante la fois de s'en tenir à la seule sécheresse îles documents, d'ailleurs rares, et de se laisser trop aller à subir le pouvoir que ces grands silencieux ont de vous délier la langue.

Ce que nous saxons d'eux est déjà 1res simple el très important : c'est qu'en général, et comme vertu de race, ils voienl sobre, juste, rendent avec précision el largeur en même temps, qu'ils ont hérité un très beau métier, qu'ils ont encore perfectionné cet héritage el qu'ainsi ils ont poussé l'emploi de la matière à un degré de richesse el de finesse supérieur à toutes les autres écoles.

Quelles nuances diverses revêtent suivant les tempéraments ces belles qualités communes, c'est ce qu'il reste à essayer d'indiquer.

Dès le début de la période on trouve le grand nom et la grande influence de Frans Hais, et quelque impatience que nous puissions avoir d'arriver à l'autre

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