‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 109 sur 119 · MICHEL-ANGE U E CARAYAGE. — LA MORT DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

MICHEL-ANGE U E CARAYAGE. — LA MORT DE LA VIERGE

Bologne où il se li\;i définitivement. La biographie le représenté comme passionnément ami du plaisir, et pour satisfaire ses goûts vendant les productions de son pinceau à tant l'heure. Nous sommes loin de nos vieux maîtres. Une des œuvres les plus célèbres de (iuido Reni est l'Aurore du palais Rospigliosi à Morne, de sa période raphaëlesque, si l'on peut l'appeler ainsi, et qui offre de la vivacité de couleur.

Nous passerons sans regret sur des peintres tels que Tiarini (1557-1668) et même Francesco Albani 1578-1660), l'Albane, qui fut si célèbre, celle sorte de Van der Werff italien avant la lettre, à moins que l'on ne préfère considérer Van der Werff comme un Àlbani hollandais. Il n'y a là qu'affectation, lécherie et pure fadeur. Qu'importe le reste?

En revanche Domenico Zampieri (1581-1641 non seulement ne doit pas être sacrifié à la légère, mais encore nous apparaît comme un véritable type de beauté et de grandeur. 11 montre, avec les inévitables défauts de son temps, quelques-unes des vertus des autres âges. Mais quelle inquiétude dans ses désirs, quels scrupules dans ses affirmations en apparence les plus vigoureuses! Domenico Zampieri, ou par diminutif à cause de sa mine souffreteuse, Domenecchino, dont nous avons fait le ridicule surnom de Dominiouin, fut un peu un souffre-douleurs de l'école; sa fatalité le poursuivit partout, et des peintres qui ne le valaient point, le persécutèrent. 11 fut lui aussi, élève de Calvaert puis des Carracci; collaborateur d'Annibale au palais Farnèse, il commença à gagner sa réputation à Home en peignant la Libération de saint Pierre à San Pietro in Vincoli, des scènes de la Vie de saint Jérôme, en l'église Sant' Onofrio et la Flagellation de saint André, à San Gregorio. Il alla en progressant avec ses fresques de la Vie de sninl Mil à (imita Ferrala près de Frascati, peintes avec l'âme d'un quattrocentiste, mais le style d'un académique. Enfin à ses premières années de Rome appartient son œuvre la plus célèbre, la Communion de saint Jérôme, du musée du Vatican, une œuvre de la plus savante exécution, riche de couleur, mouvementée, avec un mélange de réalisme et de conventions théâtrales. Après un nouveau séjour à Bologne, et à Fano, où il exécuta d'importantes fresques dans la cathédrale, il revint à Rome, où il exécuta les fresques de Sauf Andréa délia Valle, qui comptent parmi ses plus vastes, mais qui sont bien emphatiques et bien molles. D'autres églises encore ont de ses œuvres, et tout en peignant ces grandes murailles, il exécutait des tableaux de chevalet, Diane et ses nymphes (galerie Borghèse) ou noire douce Sainte Cécile du Louvre, qui a été un peu comme son auteur. \ ictime d'injustes moqueries. N'est-ce pas l'expression candide que peut donner une époque dépourvue de candeur? Enfin c'esl en 1630 que Domenecchino entreprit le fatal voyage de Naples. 11 avait été appelé pour décorer la chapelle du Trésor, dans la cathédrale, niais tout le temps que les travaux durèrent.

LE GUERCHI.N. — SAINTE PÉTHOSILLE,

I1ISTOIHE POPULAIRE DE LA PEINTUHE.

et il les laissa inachevés, — Domenecchino fui en proie aux persécutions de

Imites sortes de la cabale. Cela sort dû domaine de la peinture pour entrer dans celui du roman, mais on ne manque pas de détails sur les étranges mœurs des peintres d'alors, sorte de bran, au service des trois artistes tout puissants Corenzio, Ribera, Lanfranco. C'est une série de coups de poignard, de luttes, d'intrigues, de calomnies, de crimes, qui peuvent être plus curieux à conter dans une histoire des peintres que dans une histoire de la peinture. Domenecchino mourut à Naples en 1641, empoisonné, à ce qu'on croit.

Nous venons de nommer un de ses ennemis, également de l'école des Carracci,

DOME N ICO FETI.

LA VIE CUAMPÈTUE.

Lanfranco (1580-1647) qui certes n'a pas sa valeur et sa grandeur, quoique doué d'excellentes qualités. Ce fut un hardi et fécond décorateur, et parmi ses tableaux de chevalet, inégaux pourtant, il en est qui par le coloris, l'exécution réaliste, la recherche de la crevasse expressive, rappellent Ribera, avec qui Lanfranco fut en relations ; exemple le Saint Pierre qui est au Louvre, il certaines ligures du rude et maniéré tableau du menu» musée, le Couronnement de la Viert/p.

Par certains côtés, Lanfranco appartient à l'école dile réaliste dont le foyer lui à Home avec le Caravaggio et à Naples avec Ribera. Iléalistes, maniéristes, éclectiques, ont pour nous à peu près le même esprit, et ne diffèrent guère que par le plus ou moins de violence dans les contrastes du clair-obscur.

MichelangeloAmerighi, de Caravaggio, dit en France le Caravage( 1509- 1609).

ÉCOLE ITALIENNE

fut à la fois le promoteur et le plus puissariï représentant de ce mouvement, qui prit pour la plus grande expression de forée les rudes oppositions de lumièn et d'ombre, la recherche des types ravagés ou rudemenl accentués.

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