‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 33 sur 119 · SIELOZZO DA FORLI. -- FIGURE D A N <. K SACRISTIE M SAINT-PI ERRI · texte numérisé non relu

SIELOZZO DA FORLI. -- FIGURE D A N <. K SACRISTIE M SAINT-PI ERRI

en I Pli . Giovanni Santi n'aurait peut-être pas, sans cela, el malgré ses qualités

personnelles, conquis de titres à une 1res prof le attention dans l'histoire

•le I ('((île ombrienne. II ne manque pas de savoir, mais de caractère; il résume, avec un certain air de gaucherie et comme d'ingénuité endimanchée, le côté doux et résigné de l'école. A l'Instituto délie Belle Aili, à Urbino, une Madone avec des saints, et. dans le haut du tableau le Père Éternel entouré d aimes et tenant la boule du monde, est un tableau évidemment bien intentionné, un peu lourd,

rappelant toutes les formules du temps, formules de grâce, comme de dignité ; mais il y a là, en somme, peu de distance à franchir pour arriver à Raphaël. On peut, il est vrai, trouver que ce pas à franchir est le plus considérable. Une autre Madone, au palais communal de Gradara, est un tableau d'une tenue supérieure; entourée de quatre saints, la Vierge est simple, fine et noble,

MELU/./.u DA loHLI. — E H A G M E.\' T U E LA CllLATlON DES A.NGES.

et, là encore, on n'aurait pas de peine à discerner l'héritage que San t i a pu transmettre à son fils.

Mais c'est avec deu\ peintres des plus importants en eux-mêmes, le Pérugin et le Pinturicchio, que nous voyons le mieux, et la genèse de Raphaël et l'aboutissement de toute l'école ombrienne, mis à part bien entendu la place et le rôle exceptionnels de Signorelli.

Le Pérugin est un grand et un 1res grand peintre.; voilà ce que l'on a besoin

ÉCOLE ITALIENNE

d'affirmer tout d'abord aux artistes qui finissent par se lasser de son abondance et des défauts qui s'y montrent, aux amateurs d'art qui subissent la

UELOZZO DA FORLI. — LE PAPE SIXTE IV NOMMANT PLATINA PRÉFET DE LA BIBLIOTHÈQUE VATICANE.

même impression, et qui peuvent avoir été plus \ iolemmenl conquis par d'autres rencontres, enfin ce qu'on a pour ainsi dire besoin de s'affirmer à soi-même

pour retrouver la vraie raison des premières sensations qu'il nous a produites, et qui riaient toutes île vivacité, de force et de fraîcheur. Le Pérugin est même non seulement un grand peintre, il est aussi un grand artiste, puisqu'il a su d'une manière saisissante se créer un langage, des types, une expression, une manière, une exécution qui sont entièrement à lui et qui sont reconnaissaldes en tout

et partout.

A ceux qui sont tentés de parler légèrement du Pérugin et de le condamner à un mépris sans appel, — je ne fais qu'enregistrer une opinion assez courante parmi de-- artistes même importants de ce temps-ci, — il faut dire avant toute concession que l'artiste qui n'aurait produit que la Descente de croix de l'Académie des Beaux-Arts de Florence, la grande fresque de Santa Maddalena de' Pazzi celle de la Chapelle Sixtine, et enfin le Tobie et le triptyque bleu de la National Gallery, sans compter pour le moment un bon nombre d'autres morceaux exquis, tels qu'on en voit à Pérouse, à Home, et dans plus d'un musée d'Europe, a droit à une grande admiration, car ce sont là des œuvres précieuses. décisives, el qui revendiquent une très haute place dans l'école.

D'autre pari, on peut accorder à ces mêmes critiques que par la surproduction, par la tendance à lâcher l'exécution, à maniérer le dessin et l'expression pour le goût du vulgaire, à fabriquer enfin et à faire fabriquer des quantités considérables d'articles de boutique, le Pérugin ne peut pas d'une manière absolue mériter le même respect, inspirer les mêmes pures passions que les sxands maîtres impeccables devant leur art et devant leur conscience. Mais c'est là que doivenl se borner les restrictions, car faire un procès de tendance à cet artiste, chercher dans les inégalités morales que lui attribue une biographie trop bien ou peut-être trop mal connue, les motifs de son inégalité artistique, est une tâche puérile et qui s'évanouit de- les premières constatations d'une grande perfection technique et d'importants apports dans le patrimoine.

Un des points les plus intéressants à étudier tout d'abord avanl même d'examiner la personnalité curieuse du Pérugin, c'est la façon dont cette personnalité s'est formée. On voit très clairement après cela en lui les éléments qu'il a su fondre dans son œuvre non sans force et harmonie.

Pietro Vanucci (1446-1523) naît à Cilla délia Pieve, d'une famille de pauvres; on remarque, mais ceci ne devrait être noté que plus loin, que la peur ,1,. connaître de nouveau les affreuses privations de ses jeunes années, l'ont rendu plus lard extrêmement sensible au gain pour ne pas dire âpre. Quoi qu'il en -oit. c'est à Pérouse qu'il se rend, ('tant encore enfant d'où son surnom de Perugino), et là il est à même de former son talent naissant aux sources mêmes de la peinture ombrienne. Il est élè\e de lionligli, qui lui communique sans doute sa netteté et sa grâce, de Piero délia Prancesca surtout qui, au point de vue scientifique et technique, est un maître incomparable et qui le rompra

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;i toutes les difficultés de perspective, d'anatomie et de couleur. Enfin lorsque

GIOVAN.NI SANTI. — VIKIIGE El SAINTS.

jeune homme il se rend à Florence, son séjour à l'atelier de Verrocchio-

achève de l'initier à tout ce qu'il y a de plus rigoureux en fait de modelé et de plus précieux en fait de beauté de matière.

Voilà donc une éducation que les circonstances ont faite véritablement exceptionnelle, et il parait déjà impossible qu'un peintre d'ailleurs bien doué, original et actif, qui aura été à même de recueillir de tels enseignements, tombe jamais

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