LA FLAGELLATION
Passion, extrêmement mouvementées, énergiquement grimaçantes et d'une couleur que le temps a fort altérée. .Mais les <leu\ polyptyques du musée du Vatican, le Crucifiement et le Couronnement de la Vierge, le ravissant tableau à deux faces du musée de Bologne, représentant d'un côtéY Annonciation, de l'antre une Vierge entre des saints, enfin une Madone du musée Brera, entouré • d'anges fins et délicats, voilà ce qui permet le mieux de comprendre l'action réelle exercée par Nicolo «la Foligno sur ses contemporains et de le rattacher directement au mouvement qui allait trouver dans le Pérugin son incarnation la plus caractéristique, mais aussi la plus assagie.
D'autres maîtres sont encore à citer avant Pérugin qui a joué un rôle si important et que l'on a aujourd'hui quelques tendances à rabaisser. D'abord un prédécesseur d'Alunno lui-même, Giovanni Boccati da Camerino, dont on •conserve au musée de Pérouse un séduisant tableau. Puis deux maîtres du temps et des tendances de Gentile da Fabriano, Ambrogio et Lorenzo da San Severino, qui vers le commencement du xvc siècle peignaient dans l'oratoire de la confrérie de San Giovanni à Urbin, de charmantes fresques de la Vie de ■saint Jean Baptiste tout à fait dans le goût de costumerie, de paysage, et du grâce physionomique de Gentile da Fabriano lui-même, avec encore un accent d'ingénuité giottesque. Enfin, dans les temps qui nous ramènent à celui du Pérugin, des artistes tout à fait savants, accomplis el débarrassés de toute hésitation , tels que Benedetto Bonfîgli , Fiorenzo di Lorenzo , el Melozzo da Foi li.
Bonfîgli (mort en 1496) se rapproche de l'école de Piero délia Francesca. Un de ses plus remarquables tableaux, une Madone entourée de saint-, à la Pinacothèque de Pérouse, mérite, par sa belle tenue, une attention toute particulière. Fiorenzo di Lorenzo (mort en 1 521) d'un tempérament plus rude, semble se rattacher non seulement à l'école de Piero délia Francesca. mais encore à celle du maître de Mantegna, Squarcione, que nous étudierons plus loin. Nous citerons de lui, entre autres, à la Pinacothèque de Pérouse un bien beau tableau d'autel, en parfait état de conservation avec sa niche pour le tabernacle : de chaque côté saint Pierre et saint Paul, et au-dessus la Vierge et l'Enfant dans une radieuse couronne de chérubins, entre deux anges en adoration. Ces deux maîtres délicieux mériteraient une élude particulière.
Pour Melozzo da Forli (1438-1494) il appartient aussi à cette école non moins sûre d'elle-même, auprès de laquelle Baphaël devait trouver ce langage tout fait, déjà presque trop lixé. auquel il ne pourrait plus ajouter que la séduction de ses dons personnels. Nous aurions pu également classer plus loin ce beau peintre, dans l'école de Padoue à laquelle il se rattache par Squarcione son maître, auquel d'ailleurs il ressemble assez peu. C'est au musée du Vatican que se trouve l'œuvre la plus accomplie que le temps nous ait laissée de Melozzo, une fresque subsistant de la décoration de la bibliothèque Vaticaneet représentant Sixte IV qui reçoit l'hommage de son bibliothécaire Platina. La nette et grave tenue des personnages fait penser à Ghirlandajo, une science accomplie de l'architecture et de la perspective se constate, et la couleur est tendre et vive à la fois. On montre aussi, dans la sacristie de Saint-Pierre, des fragments de fresques.de gracieux anges musiciens, d'un style un peu efféminé, qui malheureusement ne peuvent donner une idée de l'ensemble important dont ils furent détachés, les fresques plafonnantes de l'église Santi Apostoli. Enfin, à la National Gallery et à Berlin sont Av> figures allégoriques des Arts libéraux qui
ÉCOLE ITALIENNE
montrent aussi l'élégance châtiée de Melozzo, mais qu'on souhaiterait d'un accenfplus mâle, el d'un style plus vraiment personnel.
A Melozzo da Forli se rattache .Marco Palmezzano (1456-1537) donl le temps a respecté, à Forli, dans l'église de San Girolamo el Biaggio, de très belles el nettes fresques, la Vie de saint Jacques; puis un autre notable peintre, lies intime ami de Melozzo, Giovanni Santi, rien moins «pie le père de Raphaël mort